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FR5310057 - Archipel de Glénan

Site de la directive "Oiseaux"

Base de référence : octobre 2018.

Identification du site

Type : A (ZPS)

Code du site : FR5310057

Compilation : 31/01/1990

Mise à jour : 30/06/2008

Appelation du site : Archipel de Glénan

Dates de désignation / classement :

  • ZPS : Premier arrêté : 31/01/1990
  • ZPS : Dernier arrêté : 26/10/2004
Localisation du site
Coordonnées du centre (WGS 84) :
  • Longitude : -3,96667 (W 3°58'00'')
  • Latitude : 47,71667 (N 47°43'00'')
Superficie : 58 790 ha.
Pourcentage de superficie marine : 100 %
Altitude :
  • Min : -80 m.
  • Max : 10 m.
  • Moyenne : 1 m.
Régions biogéographiques :
Atlantique : 100%

REGION : BRETAGNE
DEPARTEMENT : Finistère
COMMUNES : Fouesnant.

Carte de localisation

Description du site

Caractère général du site

Classes d'habitats Couverture
Mer, Bras de Mer 100%

Autres caractéristiques du site

Composé de huit îles principales et d'une dizaine d'îlots avec de multiples écueils qui le bordent laissant apparaître une véritable petite mer intérieure, l'archipel des Glénan est situé à 10 milles au Sud de Fouesnant dont il est rattaché administrativement.

Cet archipel constitue un système écologique très riche, tant au niveau terrestre qu'au niveau marin, avec des équilibres très fins entre les îles, les lochs, les ilots couvrant et découvrant, les écueils en bordure extérieure, l'hydrodynamisme associé, la diversité des modes d'exposition, la végétation et la distance au continent.

Qualité et importance

L'intérêt ornithologique majeur de la ZPS "archipel des Glénan" repose essentiellement sur son rôle pour la reproduction de plusieurs espèces d'oiseaux marins et concerne environ 140 espèces d'oiseaux de façon régulière.
L'avifaune des Glénan comprend un total de 33 espèces nicheuses, parmi lesquelles 32 sont également présentes en hiver ou fréquentent la zone en période de migration, tandis que 105 autres espèces sont uniquement migratrices ou hivernantes. Ceci porte à 137 le nombre d'espèces pour lesquelles l'archipel des Glénan accueille des populations en période inter-nuptiale. Le faible nombre d'espèces reproductrices est caractéristique des systèmes insulaires. Ce phénomène est compensé par la présence de plusieurs espèces à forte valeur patrimoniale.
Il s'agit d'une zone de reproduction importante pour les sternes :
·	100 couples de Sternes pierregarin (en 2007), qui, espèce piscivore (petits lançons et sprats) peut également se nourrir d'invertébrés marins et prospecter dans un rayon de 25 km autour de la colonie pour se nourrir.
·	900 à 1100 couples de Sternes caugek (1100 en 2003, 1080 en 2006), soit 10 à 15% de l'effectif national nicheur présent sur l'île aux Moutons : cette espèce se nourrit essentiellement de lancons (Ammodytes sp.), de petits clupéidés (sardines, sprats, anchois), et d'athérines qu'elle capture près de la surface de l'eau. Les principales zones de pêche des oiseaux des Moutons sont situées dans la chambre aux Glénan et sur le littoral depuis le Steir à Lesconil jusqu'à l'Aven, y compris l'estuaire de la rivière de Pont l'Abbé et de l'Odet.
·	Entre la fin des années 1960 et le début des années 1980, la ZPS de l'archipel des Glénan a abrité sur l'île aux Moutons une importante colonie de Sterne de Dougall (Sterna dougallii). En 1969, la colonie rassemblait en effet 6% des couples français et 20% en 1981. Bien que cette colonie ait aujourd'hui disparu, le site garde potentiellement un intérêt majeur pour cette espèce actuellement très menacée au niveau européen. Presque chaque année, l'espèce est observée sur l'île aux Moutons durant la période de nidification. En 2002, un couple était présent à la mi-juin. Les possibilités de réinstallation sont réelles et l'archipel des Glénan reste un secteur favorable pour la reproduction de la Sterne de Dougall.

L'extension du site en partie marine (mais aussi à l'ensemble des îlots de l'archipel) a permis la prise en compte d'effectifs d'espèces plus importants : 
·	2% de l'effectif nicheur national de Cormoran huppé, espèce exclusivement marine et se reproduisant le plus souvent sur des îlots rocheux. Le Cormoran huppé s'alimente dans les eaux profondes.
·	4% de l'effectif nicheur national d'Huîtrier-pie, espèce qui, en Bretagne, niche en milieu insulaire. Aux Glénan, l'Huîtrier-pie se nourrit surtout de coquillages (patelles, moules, bigorneaux…).
·	1% de la population nicheuse française de Gravelot à collier interrompu qui fréquente les estrans et les lochs à le recherche de petits invertébrés.
·	17,5% de l'effectif nicheur français de Goéland brun (soit 1,5% de la population mondiale).
·	7,5% de l'effectif nicheur français de Goéland argenté.
·	7 % de l'effectif nicheur français de Goeland marin : la seule île de Guéotec abritait 239 couples en 1998, soit 6% de l'effectif national.

A noter la présence significative des plongeons en hiver et notamment du Plongeon arctique.

De nombreuses espèces pélagiques ou migratrices fréquentent désormais le territoire concerné par la ZPS. Il s'agit du Puffin des Anglais, du Puffin des Baléares, du Pétrel tempête, de la Mouette pygmée et le Fou de Bassan qui sont des espèces dont la zone marine reste l'habitat de prédilection.

Vulnérabilité

La nature et l'intensité des menaces varient d'une part en fonction des catégories de milieux, d'autre part en fonction des espèces. Des mesures de conservation différenciées, adaptées à ces diverses problématiques devront donc être élaborées. 

La situation des oiseaux totalement inféodés aux eaux marines peut être considérée comme préoccupante du fait de l'augmentation de la pression halieutique qui se traduit par une diminution des ressources alimentaires, de la persistance de la pollution chronique ou accidentelle par les hydrocarbures et la multiplication des engins de pêche utilisés par les professionnels et les plaisanciers. La conservation des oiseaux coloniaux nichant sur les îles et îlots est confrontée à trois problèmes majeurs : le dérangement humain, la dynamique de la végétation (développement des fourrés et formations arborescentes), les relations interspécifiques (compétition et prédation : goélands et sternes, goéland marin et autres goélands). 
On retrouve également une forte composante "dérangement humain" pour les limicoles côtiers, mais en relation avec des activités de loisir (plaisance, activités balnéaires) plutôt que professionnelles. Elle fait également intervenir des problèmes de relations entre espèces, de par une prédation accrue sur les œufs et les poussins en cas de dérangement intempestif