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ZNIEFF 110001461
FRICHE DES TOULIFAUX ET SES ABORDS

(n° régional : 78125002)

Commentaires généraux

La friche des Toulifaux résulte de l'abandon d'une ancienne prairie de fauche. Son état d'enfrichement avancé limite aujourd'hui fortement son intérêt botanique.

Le site présente en revanche un grand intérêt pour la faune. La friche sèche arbustive constitue un milieu très propice aux insectes et à leurs principaux prédateurs que sont les oiseaux insectivores. Des espèces peu fréquentes dans notre région y sont régulièrement observées durant les passages migratoires comme la Pie-grièche grise (PN) (Lanius excubitor) et le Torcol fourmilier (PN) (Jynx torquilla). D'autres, comme la Pie-grièche écorcheur (PN) (Lanius collurio), s'y reproduisait assez régulièrement jusque dans les années 1990 mais n'y a pas été observée ces dernières années. Ce bel oiseau adepte des friches arbustives, des prairies et des prés-vergers, est devenu rare en Ile-de-France . Cette espèce, qui présente un régime alimentaire principalement insectivore en période d'élevage des jeunes, profite ici de l'abondance des orthoptères et des nombreux arbustes qu'elle utilise comme perchoir d'affût.

Parmi les insectes intéressants de la friche, il faut signaler la présence de la Mante religieuse (PR/AR) (Mantis religiosa) et du Grillon d'Italie (PR) (Oecanthus pellucens), espèces protégées en Ile-de-France. Encore abondante jusque dans les années 60, la Mante religieuse a fortement décliné depuis cette époque et ne se maintient plus aujourd'hui dans notre région que par de petites populations relictuelles, souvent très pauvres en individus, dans les friches thermophiles et quelques terrains vagues. Elle partage cet habitat avec le Grillon d'Italie qui présente les mêmes exigences écologiques mais qui est, en revanche, en très nette extension dans notre région depuis les années 1990. Cette friche sablonneuse héberge par ailleurs d'autres insectes intéressants comme l'Harpale attenué (Harpalus attenuatus), le Charançon revêtu (Tanymecus palliatus) et surtout le Lixus de la Bardanne (Lixus bardanae), espèces qui se sont fortement raréfiées dans notre région.

Très fréquentée par les grands mammifères (cerf, chevreuil et sanglier), cette friche abrite par ailleurs un cortège diversifié d'Onthophages (Onthophagus coenobita, Onthophagus vacca, Onthophagus fracticornis), coléoptères coprophages qui tendent à se raréfier depuis l'intensification des élevages et l'utilisation croissante de vermifuges à forte toxicité et à grande rémanence.

Au niveau de la friche humide, d'autres espèces peu fréquentes comme l'Alophe à trois gouttes (Alophus triguttatus), le Carabe à chapelets (Carabus monilis) et la Decticelle bariolée (Metrioptera roeselii) se rencontrent encore assez abondamment aux côtés du rare Lézard vivipare (PN) (Zootoca vivipara).

Le boisement de versant présente également une grande valeur entomologique puisqu'il héberge le Lucane cerf-volant (DH) (Lucanus cervus), coléoptère lié aux vieilles futaies de chêne dont la larve se développe dans les souches et les troncs en décomposition. Cette espèce menacée à l'échelon européen figure à l'annexe II de la directive " Habitats ". Dans le fond du vallon, ce boisement laisse progressivement place à un petit boisement marécageux. Aux abords d'une petite mare forestière, s'y maintient une population du Carabe convexe (Carabus convexus). Ce petit carabe aptère recherche les grands massifs forestiers sablonneux dans lesquels il est toujours peu fréquent et surtout extrêmement localisé (rare sur le massif rambolitain).

Commentaires sur la délimitation

La délimitation proposée tient compte de la répartition des espèces animales et végétales remarquables et des habitats qui leur sont associés. L'état d'enfrichement avancé de certains secteurs du site n'a pas été retenu comme un élément défavorable en considérant les travaux de réhabilitation prévus par l'ONF. Au niveau cartographique, la délimitation s'appuie majoritairement sur des éléments physiques facilement identifiables (chemin d'exploitation et sente pédestre, lisière friche/forêt) ainsi que sur quelques éléments topographiques (courbes de niveau) pour ce qui concerne sa limite Est. Lorsque cette limite longe un chemin forestier, ce dernier est systématiquement exclu du zonage.