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ZNIEFF 210020036
VALLEE DE LA BLAISE ENTRE ECLARON ET ECOLLEMONT

(n° régional : 05000005)

Commentaires généraux

La ZNIEFF I de la vallée de la Blaise située entre les communes d'Ecollemont à l'ouest (département de la Marne) et d'Eclaron à l'est (département de la Haute-Marne) fait partie de la grande ZNIEFF de type II des environs du Der. Elle comprend surtout des prairies fauchées ou pâturées, des cultures et des boisements alluviaux (souvent plantés en peupliers). Le réseau hydrographique est constitué par la rivière de la Blaise, ainsi que par divers ruisseaux et fossés plus ou moins temporaires (La Neuve Livière, la Grande Noue, Vieille Rivière de Blaise, Fossé de la Rivière Neuve, Petite Rivière de Blaise).

Installées sur des grèves alluviales calcaires plus ou moins profondes, les prairies de la vallée se répartissent en quatre catégories différentes selon leur mode de traitement et le degré d'hydromorphie : la prairie mésophile de fauche (Arrhenatherion elatioris), la prairie pâturée (Cynosurion cristati), la prairie mésohygrophile relevant du Bromion racemosi et localement la prairie hygrophile de l'Oenanthion fistulosae.

L'arrhénathéraie alluviale, fauchée ou pâturée suivant les années, occupe le lit majeur de la Blaise et elle est rarement inondée. Les graminées dominent largement la flore (avoine élevée et houlque laineuse en abondance, fétuque des prés, pâturin trivial, orge faux-seigle, dactyle aggloméré, fétuque rouge, plus rarement fléole des prés, trisète dorée et pâturin des prés). Elles sont accompagnées par la petite oseille, le crépis bisannuel, la centaurée jacée, la renoncule rampante, la renoncule âcre, le plantain lancéolé, la gesse des prés, le lychnis fleur de coucou, le colchique des prés, la berce sphondyle, etc. Ponctuellement à Landricourt, au niveau du Moulin des Petites Côtes, se différencie une variante à brome dressé et brize intermédiaire où l'on peut aussi observer la laîche glauque, la danthonie décombante, le genêt des teinturiers, la succise des prés, le lin purgatif, la primevère officinale, la petite pimprenelle, le lotier corniculé, la luzerne lupuline, la brunelle vulgaire, le gaillet vrai, l'ail des vignes, la laîche tomenteuse, le silaüs des prés et le trèfle jaunâtre, inscrit sur la liste rouge des végétaux de Champagne-Ardenne.

La prairie pâturée, plus ou moins amendée, est le type le plus répandu dans la vallée. La flore est dominée par la houlque laineuse, l'ivraie vivace, la crételle, l'orge faux-seigle et le pâturin trivial pour les graminées, ainsi que par la renoncule rampante, la centaurée jacée, le pissenlit, le cirse des champs, le trèfle rampant, le trèfle des prés, etc.

Les prairies semi-hygrophiles à brome rameux occupent le niveau moyen de la vallée et sont plus longuement inondées. Elles sont surtout fauchées. Les espèces dominantes sont l'agrostis blanc, le pâturin trivial et la renoncule rampante. Sont également bien représentés le vulpin des prés, le chiendent rampant, le brome à grappes, la potentille rampante, la grande consoude et le séneçon aquatique. L'œnanthe à feuilles de silaüs (protégé en Champagne-Ardenne) et l'orchis incarnat, tous les deux inscrits sur la liste rouge régionale peuvent s'y observer ("les Fourchons" à Sainte-Livière et "les Ajots" à Landricourt).

Localement, en zone longuement inondable, apparaît la prairie hygrophile à œnanthe fistuleuse, dominée par l'agrostis blanc et la renoncule rampante. Les graminées sont plus rares alors que des espèces hygrophiles comme l'œnanthe fistuleuse, la laîche des renards, la laîche hérissée, la laîche aiguë, la lysimaque nummulaire, le gaillet des marais, la patience crépue, le séneçon aquatique et le scirpe des marais prennent de l'importance.

Les boisements sont de type frênaie-chênaie alluviale, avec en abondance du frêne élevé et du chêne pédonculé, accompagnés par l'érable sycomore, l'orme lisse (inscrit sur la liste rouge régionale), l'aulne glutineux, le tilleul à grande feuilles, le tilleul à petites feuilles, le charme et dans le taillis, l'érable champêtre, le noisetier, l'orme champêtre. La strate arbustive comprend les aubépines épineuse et monogyne, le cornouiller sanguin, le groseillier rouge, le troène, la viorne obier, la ronce bleue. Le tapis herbacé est largement dominée par le lierre, qu'accompagnent la laîche des bois, la laîche pendante, la circée de Paris, le millet diffus, le brachypode des bois... Malheureusement, cette frênaie-chênaie est de plus en plus remplacée par des plantations de peupliers.

La ripisylve de la Blaise est une saulaie blanche à aulne : la strate arborescente est uniformément dominée par le saule blanc, associé au saule fragile, à l'aulne glutineux, à l'orme lisse et au frêne. On les retrouve dans la strate arbustive ainsi que d'autres espèces de saules (saule des vanniers, saule à trois étamines, saule pourpre, saule cendré et de nombreux hybrides), l'épine noire, le fusain d'Europe. La strate herbacée, très nitratophile, est dominée par l'ortie, escortée par le chiendent, la fétuque géante, le lierre terrestre, le gaillet gratteron, la scrofulaire aquatique, le brachypode des bois, la benoîte commune, etc.

La faune avienne est bien représentée, attirée par les milieux variés qu'offre la vallée. Sur les 72 espèces d'oiseaux rencontrés, sept appartiennent à la liste rouge des oiseaux menacés de Champagne-Ardenne dont, pour les nicheurs sur le site, le pipit farlouse, encore bien représenté sur l'ensemble de la ZNIEFF, le tarier des prés (entre les Petites Côtes et Ecollemont), la pie-grièche écorcheur et occasionnellement la pie-grièche grise. C'est un site de gagnage pour les grues cendrées (Sainte-Marie-du-Lac), une zone de stationnement et d'alimentation importante pour les oies (Ecollemont, les Grandes Côtes, les Petites Côtes) et divers limicoles (bécassines, combattants, barges, courlis). Le caractère bocager de certains secteurs (notamment entre les Petites Côtes et Ecollemont) convient bien à l'alimentation ou à la nidification du tarier pâtre, du râle des genêts, du pipit des arbres, de la bergeronnette printanière, de la bergeronnette grise, de la grive litorne, de l'hypolaïs polyglotte, de l'alouette des champs, du bouvreuil pivoine, du bruant jaune, du bruant des roseaux, du bruant proyer, etc. Les milieux forestiers accueillent divers pics, dont le pic noir (forêt au sud-est de la ZNIEFF), des rapaces variés (bondrée apivore, milan noir, épervier d'Europe), la tourterelle des bois, la fauvette à tête noire, le roitelet triple bandeau, le bouvreuil pivoine, le grosbec casse-noyaux, le loriot, la sittelle torchepot...

Le site est fréquenté par les grands mammifères (chevreuil, sanglier), certains carnivores (martre, fouine, renard), ainsi que par le lièvre et de nombreux petits rongeurs (campagnols et mulots).

La ZNIEFF est dans un bon état général, avec de nombreux secteurs de grand intérêt floristique et/ou faunistique. Elle fait partie de la ZICO CA 05 (lac du Der-Chantecoq et étangs latéraux) et du réseau international des zones humides de la convention de Ramsar (Etangs de la Champagne humide) depuis 1991.

Commentaires sur la délimitation

La ZNIEFFcorrespond au lit majeur de la Blaise entre Eclaron et Ecollemont.