Logo SINP - Système d'information sur la nature et les paysages

ZNIEFF 210020066
VALLON DU RUISSEAU DE MONTROT A VITRY-EN-MONTAGNE

(n° régional : 03440008)

Commentaires généraux

La ZNIEFF du Vallon de Montrot à Vitry-en-Montagne est située dans la région naturelle du plateau de Langres, à quelques kilomètres au nord-est d'Auberive, dans le département de la Haute-Marne. D'une superficie de plus de 210 hectares, elle regroupe des milieux naturels de grande valeur dont certains font partie de la directive Habitats et de la liste rouge régionale : boisements variés, marais alcalins et milieux associés, pelouses et lisières thermophiles, ruisseau et sources incrustantes. Des pâturages, des plantations résineuses et quelques cultures complètent la végétation du site.

Les pentes, raides et boisées présentent ici de belles oppositions de versants avec des types forestiers montagnards et variés suivant leur exposition :

- la hêtraie sèche (Cephalanthero-Fagion) sur les pentes les mieux exposées, avec une strate arborescente très largement dominée par le hêtre, qu'accompagnent quelques alisiers blancs, érables champêtres, tilleuls à grandes feuilles et chênes pubescents. La strate arbustive souvent bien développée comprend le cornouiller mâle, le cornouiller sanguin, la viorne mancienne, le troène, la lauréole, etc. Le tapis herbacé est caractérisé par la présence de nombreuses laîches (laîche blanche, laîche digitée, laîche des montagnes, laîche glauque, laîche de Haller), des orchidées (avec le céphanthère rouge et le céphalanthère à feuilles en épée, protégés en Champagne-Ardenne, le céphalanthère à grandes fleurs et l'épipactis à feuilles larges), la seslérie bleue, le millepertuis des montagnes, le sceau de Salomon odorant.

- la hêtraie froide (Cardamino heptaphyllae-Fagion) sur les versants les moins bien exposés, avec le hêtre, l'orme de montagne, l'érable sycomore, l'érable plane surmontant une strate herbacée dans laquelle se remarquent la dentaire pennée, l'actée en épis, l'asaret d'Europe, le lamier jaune, la mélique uniflore, etc.

- la chênaie-charmaie calcicole (Carpinion betuli) sur pente faible, avec une strate arborecente constituée par de nombreuses essences (chêne sessile, charme, merisier, frêne, hêtre), une strate arbustive bien développée (noisetier, érable champêtre, pommier sauvage, troène, chèvrefeuille à balais, viorne lantane), une strate herbacée dominée par le lierre qu'accompagnent la violette des bois, le sceau de Salomon multiflore, la fétuque hétérophylle, la renoncule des bois, la mercuriale vivace, le lamier jaune, l'aspérule odorante, l'asaret d'Europe, la laîche des bois...

- l'aulnaie-frênaie (Alno-Padion) de fond de vallon avec comme essences principales l'aulne glutineux, le frêne, le bouleau verruqueux, le chêne pédonculé, l'érable sycomore. Le taillis compend notamment le pommier sauvage, le groseillier rouge, l'orme champêtre, la viorne obier, la bourdaine. La strate herbacée est constituée par la laîche faux-panic, la valériane dioïque, l'angélique sylvestre, l'épiaire des bois, etc.

Les lisières sont de deux types et relèvent du Trifolion medii (très localisé) et surtout du Géranion sanguinei (au contact des forêts thermophiles et des pinèdes). Ce dernier recèle deux espèces rares protégées au niveau régional, l'aster amelle et la grande gentiane. On y rencontre également la phalangère rameuse, la mélitte à feuilles de mélisse, le dompte-venin officinal, le laser à feuilles larges, la digitale jaune, l'origan, la violette hérissée, la coronille bigarrée, le petit pigamon, etc.

Les pelouses à brome et à seslérie se rencontrent au niveau des clairières forestières, le long de certains talus routiers ou de chemins d'exploitation. Elles sont bien caractéristiques des pelouses de la région : leur flore est dominée par les graminées (brome dressé, fétuque de Leman, seslérie bleue, brachypode penné), accompagnées par la globulaire, le polygala du calcaire, le séséli des montagnes, le cytise pédonculé, l'anémone pulsatille, la laîche de Haller, les gentianes ciliée et germanique, la petite coronille, l'hélianthème jaune, les germandrées des montagnes et petit-chêne, le petit boucage, le lin purgatif, etc. Plusieurs espèces rares s'y remarquent : certaines d'entre elles bénéficient d'une protection régionale comme par exemple la laîche pied d'oiseau, l'hélianthème blanchâtre, la violette rupestre et l'orobanche de la germandrée. Les trois dernières sont aussi inscrites sur la liste rouge des végétaux de Champagne-Ardenne, de même que l'orobanche du thym. On peut également y observer de nombreuses orchidées, notamment l'orchis mâle, l'orchis militaire, l'orchis pourpre, l'orchis pyramidal, l'orchis moucheron, l'acéras homme-pendu et l'épipactis brun rouge.

Les marais alcalins sont localisés dans certaines combes, comme le marais de la Commelle (marais privé pâturé et peu tufeux) et les marais de la Combe Creuse et Baignoir (marais de pente typiques). Ils sont caractérisés par un complexe de végétation qui va de la schoenaie-cariçaie dans les zones les plus mouillées à la moliniaie dans les secteurs les moins humides. Deux espèces protégées en Champagne-Ardenne s'y observent : l'aconit napel et la linaigrette à larges feuilles. Cette dernière est également inscrite sur la liste rouge végétale, de même que la swertie vivace (marais de la Commelle est) et la parnassie des marais. La laîche de Davall domine largement la flore des bas-marais, elle est accompagnée par la laîche écailleuse, la laîche blonde, le choin noirâtre, l'épipactis des marais, la menthe aquatique, la potentille tormentille, le gaillet des fanges, le jonc articulé, le jonc glauque, etc. Dans la moliniaie se remarquent notamment, outre la molinie bleue qui domine, la gentiane pulmonaire, la succise des prés, le gaillet boréal, le jonc subnoduleux, le silaüs des prés, la sanguisorbe officinale, le lotier à gousses carrées. Cà et là dans les marais se rencontrent l'eupatoriaie à aconit napel (avec également le phragmite, la lysimaque vulgaire, la molinie bleue, le cirse des marais, le jonc subnoduleux) et la saulaie à saule pourpre et saule cendré.

La faune est bien représentée, notamment par les reptiles, les oiseaux et les mammifères.

La couleuvre verte et jaune et la coronelle lisse (protégées sur tout le territoire français et inscrites à l'annexe II de la convention de Berne) ont déjà été aperçues sur le site.

De nombreux oiseaux fréquentent la ZNIEFF, dont un inscrit sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de Champagne-Ardenne, l'alouette lullu. Le pipit des arbres niche au niveau des sources de la Combe Baignoire. La forêt abrite des populations de pics bien diversifiées (pic noir, pic épeiche, pic vert) ; elle attire aussi le grosbec casse-noyaux, le pigeon ramier, le geai des chênes, la sitelle torchepot, le pinson, ainsi que divers pouillots, roitelets et mésanges.. L'alouette des champs, le tarier pâtre fréquentent les milieux plus ouverts. Deux autres oiseaux de la liste rouge ont également été contactés à la limite de la ZNIEFF, il s'agit de la chouette de Tengmalm (au niveau d'un parc à sanglier) et de la cigogne noire.

Pour les mammifères la musaraigne aquatique (totalement protégée en France et inscrite sur la liste rouge) y a été contactée cette année. On peut également y croiser les grands mammifères forestiers (chevreuil, cerf, sanglier), des carnivores (martre, fouine, belette, renard, chat sauvage), l'écureuil, le lièvre, ainsi que de nombreux petits mammifères (musaraignes, mulots, campagnols et autres rongeurs).

La ZNIEFF est encore en bon état, elle est néanmoins très menacée dans son ensemble, par le drainage des zones humides, le captage des sources et l'intensification de la gestion prairiale (une partie du marais de la Commelle a été drainée, certaines souces tufeuses se retrouvent isolées au sein de pâtures de plus en plus intensifiées, les marais de la Combe Creuse et de la Combe Baignoire sont drainés latéralement par des fossés périphériques...) et la reprise de l'enrésinement. La ZNIEFF fait partie de la grande ZNIEFF de type II du massif forestier et de ses abords au sud d'Auberive

Commentaires sur la délimitation

Les limites correspondent aux parties naturelles d'un grand vallon élargi (versants et fond).