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ZNIEFF 210020225
PRAIRIES DE LA VALLÉE DU MOUZON À SOULAUCOURT-SUR-MOUZON

(n° régional : 05160006)

Commentaires généraux

La ZNIEFF des prairies de la vallée du Mouzon à Soulaucort-sur-Mouzon occupe un territoire de 260 hectares, en Haute-Marne, dans la région naturelle du Bassigny. Elle représente surtout un vaste ensemble de milieux prairiaux (près de 90% de la superficie totale), Quelques boisements (ripisylve, chênaie pédonculée-charmaie mésotrophe) et ponctuellement des groupements à grandes laîches et des roselières. La rivière du Mouzon, affluent de la Meuse, traverse la zone du sud au nord ; elle présente localement des groupements aquatiques assez bien développés.

La végétation prairiale de la vallée est restée typique. La gamme des groupements est très étendue en fonction de la nature du sol, de l'inondation ou du traitement (fauche, pâture ou traitement mixte) : dans les zones peu ou pas inondées, les prairies de fauche relèvent de l'Arrhenatherion elatioris, les prairies pacagées du Cynosurion cristati. Les prairies appartenant au Bromion racemosi (fauché ou pâturé) et à l'Oenanthion fistulosae occupent les secteurs humides.

Les prairies sont riches en graminées (avoine élevée, fétuque rouge, vulpin des prés, houlque laineuse, flouve odorante) et en légumineuses (trèfle rampant, trèfle des prés, gesse des prés, lotier corniculé, ray-grass anglais, agrostis vulgaire). Elles sont accompagnées par la cardamine des prés, le plantain lancéolé, le crépis bisannuel, la renoncule âcre, la renoncule rampante, la centaurée jacée, le trèfle blanc, l'oseille sauvage, l'orchis bouffon... Dans les zones plus humides, les prairies sont souvent alternativement fauchées et pâturées : la flore s'enrichit en espèces hygrophiles telles que l'œnanthe fistuleuse, le séneçon aquatique, le léontodon d'automne, le lychnis fleur de coucou, l'achillée sternutatoire, le myosotis cespiteux, le colchique des prés, la laîche aiguë, la succise des prés, l'orchis à larges feuilles...

Deux espèces inscrites sur la liste rouge des végétaux de Champagne-Ardenne s'y observent : le vulpin utriculé et l'œnanthe à feuilles de peucédan (espèce d'origine subatlantique, en limite d'aire de répartition en Champagne).

Localement se rencontre dans les secteurs les plus inondés de la vallée un groupement très hygrophile, avec une prédominance des laîches (notamment la laîche des renards, la laîche des rives, la laîche bleuâtre, la laîche aiguë...) accompagnées par l'œnanthe fistuleuse, la véronique scutellaire, le gaillet des marais, la lysimaque nummulaire, la canche cespiteuse, le populage des marais, le jonc aggloméré.

Ponctuellement, au niveau de certaines noues se sont installées des végétations de roselières (à phragmite, glycérie aquatique, massette à larges feuilles, jonc fleuri, scirpe des marais) et de magnocariçaies (à laîche aiguë, laîche distique, laîche des rives, laîche en ampoule).

Le Bois le Chênoi, situé au nord de la zone, sur la commune de Baudrecourt, est une chênaie-charmaie mésotrophe. La strate arborescente est constituée par le chêne pédonculé (très abondant), le charme, le hêtre, le merisier, le tremble, le pommier sauvage. La strate arbustive comprend le noisetier, le chèvrefeuille des bois et la viorne obier. Le tapis herbacé est constitué par la canche cespiteuse (très abondante), le millet diffus et la luzule poilue (bien représentés), accompagnés par l'anémone des bois, la ficaire fausse renoncule, la primevère élevée, la véronique officinale, la parisette, la laîche espacée, la laîche des bois, la véronique des montagnes, l'oxalide petite oseille, la fougère femelle.

La ripisylve comprend l'aulne glutineux, le frêne élevé, le chêne pédonculé et de nombreux saules (saule marsault, saule des vanniers, saule à trois étamines, saule fragile, saule pourpre).

La rivière possède une végétation aquatique ou de bord des eaux constituée par le nénuphar jaune, le potamot à feuilles crépues, la glycérie flottante, la renoncule à feuilles capillaires, le rubanier rameux, le jonc fleuri, l'œnanthe aquatique, la petite berle la prêle des eaux, la véronique mouron d'eau, le cresson de fontaine, etc. Elle apparaît poissonneuse avec la truite, le chevaine (abondant), la vandoise…

Cette partie de la vallée du Mouzon est d'un grand intérêt avifaunistique avec, sur la trentaine d'espèces inventoriée, quatre espèces nicheuses inscrites sur la liste rouge régionale : le courlis cendré, la huppe fasciée (la Champagne-Ardenne constituant la limite septentrionale de distribution de l'espèce), la pie grièche écorcheur et la pie grièche à tête rousse (en très forte régression).

Les herbages constituent des zones de chasse privilégiées pour de nombreux rapaces dont notamment les deux espèces de milans (noir et royal), le faucon crécerelle et la buse variable.

D'autres espèces plus communes fréquentent assidûment les prairies, comme par exemple le pipit farlouse, l'alouette des champs, le bruant proyer, le bruant jaune…

De nombreux mammifères fréquentent la zone, notamment le putois (inscrit sur la liste rouge régionale), le blaireau, le sanglier, le chevreuil, le renard, l'hermine et le chat sauvage.

Cette ZNIEFF est incluse dans la Z.I.C.O. n°10 (portant sur le Bassigny) de la directive Oiseaux et dans la ZNIEFF de type II du Bassigny. Un projet de ZPS est en cours d'élaboration. Elle est dans un bon état général.

Commentaires sur la délimitation

Les limites de la ZNIEFF suivent les contours de la vallée du Mouzon en amont et en aval de Soulaucourt-sur-Mouzon : elles prennent en compte les milieux les plus riches du point de vue floristique et avifaunistique.