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ZNIEFF 430002234
GRAND LAC ET PETIT LAC D'ETIVAL

(n° régional : 41000006)

Commentaires généraux

COMMENTAIRE GENERAL

Situés au sud du département du Jura, sur le territoire communal d’Étival, le Grand Lac (au sud) et le Petit Lac (au nord) occupent une position en fond de combe peu profonde et allongée selon un axe d’orientation presque nord-sud, sur une longueur d’environ deux kilomètres et demi, à une altitude moyenne d’environ 800 mètres. Les deux lacs occupent une dépression en pied de versant très escarpé. Le fond de la dépression est occupé par des alluvions récentes, dont les matériaux proviennent de l’érosion des formations calcaires et calcaro-marneuses arrachées aux versants. La nature de ces formations imperméables et les apports réguliers en eau sont à l’origine non seulement de la formation des lacs, mais aussi de l’installation de sols tourbeux qui accueillent des milieux très originaux, les tourbières, et d’autres groupements humides qui leur sont souvent liés. Un petit ruisseau permet la circulation de l’eau entre les deux lacs.

 

Le site des deux lacs d’Étival présente une belle mosaïque végétale, faisant alterner des communautés lacustres et terrestres. Si l’eau libre des lacs accueille de belles populations de végétaux aquatiques (potamots, nénuphars…), parmi lesquelles on compte deux espèces remarquables, le nénuphar du Jura et le potamot à feuilles étroites, leurs berges sont le siège d’une ceinture végétale s’établissant en fonction de plusieurs facteurs : nature des matériaux, profondeur de l’eau, distance par rapport au plan d’eau. Ainsi, là où l’eau est peu profonde, à l’extrémité du petit lac, s’établit un bas marais alcalin. Dans les mêmes conditions, mais ceinturant les lacs de façon concentrique, on note la présence d’un groupement à base de scirpes. En léger retrait par rapport à ce groupement, sur des sols plus irrégulièrement alimentés en eau, se développent de vastes roselières, mêlées de formations à grandes laîches. Enfin, sur les zones plus éloignées encore, c’est la prairie humide à molinie, plus ou moins entrecoupée de fourrés de saules, qui prend le relais. A l’est des lacs, les versants qui bordent la dépression sont occupés par des forêts. De l’autre côté, les terrains sont recouverts de prairies plus ou moins mésophiles, interrompues parfois par des fourrés arbustifs.

 

La faune n’est pas en reste puisque trois taxons prioritaires, chez les odonates, ont été contactés sur le site : la cordulie à taches jaunes et les agrions hasté et gracieux. Chez les papillons de jour, l’intérêt patrimonial est également marqué par la présence du fadet de la mélique, du cuivré écarlate, tous deux potentiellement menacés, et, dans une moindre mesure, du moiré franconien. Toujours chez les invertébrés, le criquet palustre et la decticelle des bruyères sont également des hôtes des lacs d’Etival.

 

STATUT DE PROTECTION

Aucune mesure de protection réglementaire n’est mise en place sur le site. Mais la présence d’espèces protégées d’intérêt régional implique indirectement un statut de protection au milieu ; la législation interdit en, effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les accueillent (arrêtés ministériels du 22.06.92).

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Les milieux humides restent très fragiles et sensibles aux activités anthropiques. Dans le cas présent, les menaces proviennent essentiellement des activités touristiques et de loisirs, menaces pouvant être réduites par quelques mesures appropriées.

L’aménagement de sentiers balisés et la réalisation de pontons de pêche permettraient la canalisation du public, afin d’éviter toute perturbation et dégradation des milieux naturels. La réalisation d’une bande tampon enherbée assurerait le contact avec les prairies environnantes.

Afin de conserver une qualité de l’eau satisfaisante, tout dépôt ou épandage de matière organique ou de fertilisants dans les tourbières et les secteurs environnants est à proscrire, de même que l’amorçage pour la pêche.

Les opérations de drainage sont à proscrire comme les boisements artificiels. Dans les milieux ouverts, la gestion passe par l’entretien raisonné de l’évolution de la végétation ligneuse afin d’éviter la fermeture des milieux qui réduirait rapidement la biodiversité.

Commentaires sur la délimitation

Grand lac et Petit lac environné des prairies humides.