ZNIEFF 430007829
FALAISES DE LA CITADELLE

(n° régional : 36087004)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

La haute vallée de la Loue traverse un relief tabulaire soumis à plusieurs plissements jurassiens. En fin de parcours, le gradin inférieur est constitué de la surface de Montrond, formée à la base de calcaires compacts du Bajocien et du Bathonien. En rive droite de la rivière, le site de la Citadelle surplombe de plusieurs dizaines de mètres le barrage des anciennes Forges de Chenecey-Buillon sous la forme d'une bordure de plateau aux pentes abruptes. Essentiellement forestier, ce versant est juste surligné par des falaises calcaires constituant un très bel ensemble paysager, caractéristique de la partie jurassienne de la Franche-Comté.

 

D'une manière générale, les parois présentent un fort intérêt patrimonial en raison de leur nature primaire et de leur fonction de refuge pour de nombreuses espèces très spécialisées. L'ampleur des contrastes hydriques et thermiques sélectionnent en effet les espèces les mieux adaptées à la rudesse des conditions écologiques de ces milieux, dont de nombreuses plantes méditerranéo-montagnardes. Ces végétaux investissent les anfractuosités, généralement de petite taille, où est parvenue à s'accumuler de la terre fine constituée d'éléments provenant de l'altération de la roche et de matières organiques issus des espèces pionnières (mousses et lichens). L'intérêt de ce type de groupement des parois bien ensoleillées réside dans sa rareté aussi bien au niveau national qu'au niveau régional, mais aussi dans la petite surface qu'il occupe quand il existe. En outre, sa flore originale est susceptible de contenir des espèces rares comme Tortella nitida, une mousse des rochers thermophiles, protégée en Franche-Comté et connue de quelques stations seulement dans la vallée de la Loue.

 

Plus globalement, la forêt est la formation la plus recouvrante sur les versants du site de la Citadelle. En situation de pente, cette formation se décline en plusieurs types selon le substrat et l'exposition. Sur les sols superficiels de la bordure du plateau et les sols caillouteux des pieds des parois, l'excellent ensoleillement bénéficie à une chênaie xérothermophile. Il s'agit d'un peuplement clair et rabougri de chênes sessile et pubescent, auxquels se mêlent alisier blanc, érable à feuilles d'obier et cytise. Bien que le buis forme un sous-bois très envahissant, de petites trouées permettent à des lambeaux de pelouses et à des ourlets thermophiles de se maintenir. Cette mosaïque de milieux constitue un refuge pour de nombreuses espèces patrimoniales aux affinités méridionales, comme le pouillot de Bonelli pour les oiseaux et la potentille à petites fleurs, assez rare et cantonnée en Franche-Comté à la moyenne vallée du Doubs. Cette forêt, souvent de faible extension, présente une forte valeur patrimoniale dans la région.

 

En contrebas, les versants plus ou moins garnis d'éboulis sont le domaine des hêtraies-chênaies thermocalcicoles et des hêtraies-chênaies neutrophiles xéroclines, tandis que quelques stations aux blocs instables abritent la tillaie à érable à feuilles d'obier. Outre la fonction de protection assurée par ces habitats en fixant le sol, leur rôle écologique de zone refuge mérite d'être signalé. L'inaccessibilité à la sylviculture des pentes les plus fortes favorise en effet la conservation d'arbres morts pour les invertébrés, chiroptères et oiseaux cavernicoles et offre des zones de quiétude aux mammifères forestiers.

 

STATUT DE PROTECTION

La falaise est protégée par un arrêté de protection de biotope qui assure la tranquilité du faucon pélerin en période de nidification. Par ailleurs, la présence d'une plante protégée régionalement par l'arrêté du 22.06.92 assure indirectement la protection de cette zone puisque est interdit tout acte de destruction à l'encontre de cette espèce et de son milieu.

 

OBJECTIFS DE PRÉSERVATION

Les faibles potentialités forestières des versants en matière d'exploitation économique plaident en faveur d'une gestion jardinatoire par bouquets ou pied à pied, voire même d'un abandon de l'exploitation.

 

 

Commentaires sur la délimitation
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