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ZNIEFF 430010452
ETANG DE CHAUDOZ

(n° régional : 35000024)

Commentaires généraux

Dans la majorité des cas, les étangs sont des créations humaines à vocation piscicole, dont l'origine remonte au Moyen-Age (entre le XIIème et le XVème siècle). Un étang se définit comme un plan d'eau de faible profondeur, sans gradient thermique, autorisant le développement de la végétation sur toute la hauteur d'eau. L'alimentation est assurée par des eaux de surface.

 

Dans le secteur de la dépression sous-vosgienne, région de terres basses drainées par des cours d'eau lents, s'insère l'étang de Chaudoz, dans des paysages ouverts au relief doux, partagés entre cultures et prairies. Sur le plan géologique, des alluvions quaternaires et des dépôts éoliens recouvrent des sédiments triasiques (marnes et argiles) imperméables.

 

En général, la végétation de ces plans d'eau présente une zonation caractéristique, de la pleine eau vers les berges : plantes aquatiques (immergées ou flottantes), puis amphibies, se répartissant en ceintures concentriques selon leurs exigences écologiques (gradient d'humidité). Le vaste étang de Chaudoz présente une grande surface d'eau libre. Une partie de sa rive ouest est boisée (aulnaie-frênaie), de même que la queue d'étang au nord, en cours d'atterrissement, où la végétation est abondamment développée. Les ceintures végétales se composent de roseau phragmite, de laîches et de divers hélophytes, puis de buissons de saules à l'extérieur. Lorsqu'il est vidé, le fond de l'étang présente une végétation typique de petites cypéracées (scirpe à inflorescences ovoïdes, laîche souchet). L'exondation régulière des rives en période d'étiage lui confère son intérêt floristique majeur : des espèces particulières devenues rares peuvent alors se développer. C'est le cas de la marsilée à quatre feuilles qui présente ici une importante population. Cette petite fougère aquatique, protégée au plan national et prioritaire à l'échelon européen, forme des tapis au bord de l'eau et sur la frange exondée des berges. Elle est remarquable par la morphologie de ses frondes mimant le trèfle à quatre feuilles. Cette espèce héliophile est caractéristique des berges plus ou moins sableuses des étangs oligotrophes (peu riches en sels nutritifs) à niveau d'eau variable.

 

Les étangs présentent le plus souvent une très forte productivité biologique, favorable à la pisciculture ou à la pêche de loisirs et à la chasse. La végétation hétérogène est le support d'une vie animale foisonnante : poissons (empoissonnement à but piscicole), amphibiens, invertébrés (notamment libellules et demoiselles) et oiseaux (anatidés, limicoles et espèces paludicoles) nicheurs comme la phragmite des joncs, migrateurs ou hivernants. Sur le site de Chaudoz, les prairies voisines de l'étang accueillent le vanneau huppé et le tarier des prés pour leur nidification.

 

STATUT DE PROTECTION

Aucune protection réglementaire de l'espace n'a été mise en place. En revanche, la présence d'espèces protégées confère indirectement un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêtés des 29/09/09 et 20/01/82).

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Outre leur fonction d'habitat quasi-exclusif d'un certain nombre d'espèces rares et menacées, les étangs jouent un rôle important dans l'atténuation des pics de crue à l'aval (stockage des eaux de pluie) et de régulation des nutriments (absorption de grandes quantités par la végétation en été).

 

Cet étang aménagé pour la pêche semble régulièrement entretenu (mise à sec régulière).

Il constitue l'unique station haut-saônoise de marsilée à quatre feuilles. Le recul notable de cette espèce est dû à la régression massive des zones humides et à la modification des pratiques de gestion des étangs. La pérennité de cette localité est étroitement liée au maintien de la pisciculture extensive (l'enrichissement en éléments nutritifs ou eutrophisation est défavorable) et à un assec périodique après la pêche de l'étang. Cette pratique permet la minéralisation de la matière organique et le contrôle de l'extension de la végétation herbacée.

 

Commentaires sur la délimitation
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