ZNIEFF 430013634
ETANG DE LA DAME

(n° régional : 14037015)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

La plaine de la Bresse s'étend entre la bordure externe de l'arc jurassien et le Massif Central. Au cours de l'ère tertiaire, cette partie nord du bassin d'effondrement du Rhône et de la Saône était occupée par un lac au fond duquel des alluvions se sont déposées sur de grandes épaisseurs. Le retrait progressif du lac bressan a laissé place à de vastes marécages.

La Bresse comtoise forme une entité paysagère et culturelle homogène, constituée d'un complexe interactif et cohérent d'étangs, de prairies et de boisements humides sur des sols peu perméables, dans un relief à peine vallonné. L'origine des étangs de Bresse semble remonter au XIIIe siècle. Ces plans d'eau, à vocation piscicole le plus souvent, ont été créés par l'homme. Leur faible profondeur et l'absence de gradient thermique autorisent le développement de la végétation sur toute la hauteur d'eau. Les plantes aquatiques et amphibies se répartissent en ceintures concentriques, de la pleine eau vers les berges, selon leurs exigences hydriques. La gestion traditionnelle a permis l'installation d'écosystèmes de grande valeur biologique.

L'étang de la Dame, inclus dans le Bois du Cerisier, s'inscrit à proximité immédiate de l'autoroute A39. En dépit d'une superficie réduite, il se distingue par un grand intérêt floristique. Il héberge tout un cortège d'espèces inféodées à ces milieux humides (faiblement ou non acides et moyennement riches en éléments nutritifs), dont certaines sont rares et menacées : c'est l'unique station bressane actuellement connue de la grande douve. Cette renoncule, protégée à l'échelon national, croît sur les sols marécageux en queue d'étang, au sein de formations de laîches et de roseaux. Les abords dénudés et inondés en hiver sont propices au développement du faux-riz et de la marsilée à quatre feuilles, petite fougère également protégée en France. Celle-ci semble toutefois avoir disparu du site. Les boisements périphériques hébergent la laîche maigre, spécifique des forêts siliceuses, qui ne se rencontre que dans quelques bois ou milieux humides décalcifiés de la région.

Composante du réseau des étangs bressans, cette zone revêt également un grand intérêt pour l'avifaune (notamment pour les oiseaux paludicoles), qui trouve dans ces habitats imbriqués des lieux de reproduction et d'étape migratoire.

 

STATUT DE PROTECTION

Ce secteur est inclus dans la zone Natura 2 000 " Bresse jurassienne nord ". En outre, la présence de plantes protégées confère indirectement un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêté ministériel du 20/01/82).

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Outre leur fonction d'habitat quasi-exclusif d'un certain nombre d'espèces rares et menacées, les étangs jouent un rôle important dans l'atténuation des pics de crue à l'aval (stockage des eaux de pluie) et de régulation des nutriments (lagunage).

La préservation de l'intégrité du milieu et de la qualité de l'eau ainsi que le contrôle du fonctionnement hydrologique sont les garants d'une bonne fonctionnalité écologique. Dans les étangs, la poursuite d'une pisciculture extensive est donc à encourager. L'eutrophisation serait notamment préjudiciable au maintien du cortège floristique inféodé à ces milieux. La pérennité de ces habitats est liée à la préservation des pratiques de gestion traditionnelles : limitation de l'artificialisation des rives, conservation et entretien respectueux des ceintures végétales actuelles, baisse du niveau des eaux en fin d'été. Un curage trop prononcé peut porter atteinte aux stations d'espèces protégées. L'assec périodique, quant à lui, favorise la minéralisation de la matière organique et le rajeunissement du milieu. Enfin, le maintien des essences de feuillus, l'absence de drainage ou d'assainissement permettent de préserver le niveau de diversité biologique au sein des boisements périphériques.

Il est à noter, toutefois, que la proximité de l'autoroute induit des risques de pollution et un effet de barrière pour la faune.

 

 

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