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ZNIEFF 430013660
MARAIS DE PALANTINE

(n° régional : 45000014)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

En marge de la moyenne vallée de la Loue, le marais de Palantine s'étend sur un plateau faiblement vallonné, dans un environnement de cultures et de pâturages entrecoupés de boisements de type chênaie-charmaie. Il se présente sous la forme d'une vaste zone en demi-cercle enserrant un promontoire calcaire jurassique " le Mont " qui la surplombe d'environ cinquante mètres. Des suintements permanents sur une assise imperméable (marnes et marno-calcaires du Callovien supérieur et de l'Oxfordien) sont à l'origine de la formation de cette étendue marécageuse.

En dehors de ce promontoire, le relief est plat : c'est la micro-topographie qui détermine l'état d'engorgement des sols et, par conséquent, la composition de la végétation. Le paysage est ouvert, surtout à l'ouest et au nord, où dominent des prairies hygrophiles entrecoupées de boisements humides, peupleraies et cultures. Par contre, dans la partie est, les formations ligneuses sont prédominantes (essentiellement des saulaies, ainsi que des aulnaies-frênaies). Quelques plans d'eau de taille modeste sont répartis dans l'ensemble du marais.

Les prairies sont établies sur des sols alcalins pauvres en nutriments et sont soumises à d'importantes variations d'humidité au cours de l'année (battement du toit de la nappe phréatique). Un cortège de plantes originales et adaptées à ces conditions contraignantes leur est associé, ce qui confère un intérêt botanique majeur à ce site.

Parmi les espèces inféodées aux conditions d'engorgement des sols se distingue la grande douve, renoncule aux grandes fleurs jaunes qui caractérise les sols marécageux ou tourbeux. Menacée suite à la régression de ses biotopes, elle est protégée à l'échelon national. D'autres végétaux sont parfaitement adaptés aux grands contrastes hydriques annuels. C'est le cas de la parnassie des marais et de l'ophioglosse commun, petite fougère discrète à morphologie caractéristique appelée aussi langue de serpent. Des zones de décalcification sur substrat alcalin hébergent quant à elles des plantes acidiphiles comme la linaigrette à feuilles étroites, dont les inflorescences plumeuses donnent une allure de champ de coton assez lâche.

L'intérêt entomologique du site est élevé. Ces formations herbacées humides, riches en plantes à fleurs, constituent en effet des habitats originaux, très sélectifs, qui permettent l'installation d'un cortège d'insectes très intéressant : les floraisons abondantes et réparties dans l'année sont favorables à l'alimentation de nombreux insectes floricoles, en particulier des papillons de jour. L'avifaune liée aux prairies humides et aux milieux aquatiques trouve ici une zone d'accueil de taille conséquente et une bonne diversité de structure.

 

STATUT DE PROTECTION

Aucune protection réglementaire de l'espace n'a été mise en place. En revanche, la présence d'espèces protégées confère indirectement un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêtés ministériels des 17/04/81, 20/01/82 et 22/06/92).

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Comme pour l'ensemble des zones humides, les fonctions de ce secteur dans le cycle de l'eau sont importantes : rétention pendant les périodes pluvieuses, alimentation des nappes souterraines, auto-épuration des eaux de surface.

Pour conserver les potentialités du site, il est surtout essentiel de préserver le fonctionnement hydrologique du marais et les conditions d'humidité permanente. Il convient donc d'éviter toute opération de drainage, d'assainissement, de remblaiement, ou inversement, de creusement de plan d'eau dans l'ensemble de la zone.

La gestion traditionnelle a contribué à créer une mosaïque d'habitats semi-naturels riches et diversifiés. La préservation durable des prairies humides, trop souvent converties en cultures ou peupleraies, est liée au maintien des pratiques agricoles extensives (fertilisation raisonnée). L'enfrichement et la fermeture du milieu constituent également une menace active.

 

Commentaires sur la délimitation
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