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ZNIEFF 530002097
FORET DE LORGES

(n° régional : 00570000)

Commentaires généraux

La Forêt privée de Lorge est un important massif forestier des Côtes d’Armor situé au Nord du bourg de l’Hermitage-Lorge, et presque entièrement compris à l’intérieur de cette commune (la Forêt de La Perche plus au Sud et qui lui est parfois associée fait l’objet d’une autre ZNIEFF de type II : n° 0056.)

La Forêt de Lorge est installée sur des terrains sédimentaires très anciens (schistes et quartzites briovériens - source 69) et des sols globalement acides. Pas moins de 4 zones tourbeuses intra-forestières étaient recensées autrefois dans la forêt (sources 53 et 56) à l’Inventaire des tourbières à sphaignes de Bretagne de 1985, mais les 3 zones tourbeuses situées aux environs du Château de Lorge (sur le bassin versant du Lié) ont disparu. Une seule de ces tourbières subsiste : la tourbière des Grands Aulnais qui fait l’objet d’une ZNIEFF de type I (n° 00570001). D’autres zones tourbeuses non recensées initialement existaient dans la forêt, mais elles ont été drainées et ont évolué en petites landes humide restant encore ouvertes, et qu’il serait très souhaitable de maintenir ainsi : autour du secteur forestier de la Taille de la Fortière, ou dans la Taille de l’Aunaie du Bos. La lande humide boisée située au Sud de la Bouyère sur Plaintel est aussi intégrée à la zone. D’autres vallons de la forêt sont occupés par des boulaies tourbeuses diversifiées.

Note : la lande tourbeuse de Caribet en Plœuc-sur-Lié, proche de la forêt mais non incluse nécessiterait une inscription en ZNIEFF I.

Habitats déterminants : l’enrésinement est assez généralisé dans cette forêt, et il n’est conservé quelques belles unités de feuillus que dans la partie centrale du massif, et dont une partie seulement est inscrite dans le Site d’intérêt communautaire «Forêt de Lorge, Landes de Lanfains, Cime de Kerchouan». Le principal milieu déterminant de la zone est la hêtraie-chênaie acidiphile à acidicline à houx, habitat forestier d’intérêt communautaire, représenté en futaie ou taillis. Les éléments de hêtraie de l’Asperulo-Fagetum sont beaucoup plus localisés, principalement dans la Garde de Lamboureuil près du Château de Lorge. Un autre habitat forestier, d’intérêt communautaire prioritaire : la boulaie pubescente tourbeuse à sphaignes, est notablement présente, dans plusieurs vallons des secteurs Ouest et Nord du massif ainsi qu’au centre, dans la Taille de l’Aunaie du Bos. Il aurait été souhaitable que cet habitat soit aussi retenu dans le périmètre Natura 2000 de cette forêt. Plusieurs unités de boulaie tourbeuse ont été drainées et enrésinées dans le site par le passé. De même la tourbière à narthécies et sphaignes des Grands Aulnais, aussi d’intérêt communautaire prioritaire, aurait dû être concernée par ces mesures de conservations.

Espèces déterminantes : - Flore remarquable : 2 espèces végétales protégées au plan national sont actuellement présentes dans le site : le rossolis à feuilles rondes (Drosera rotundifolia) dans la tourbière des Grands Aulnais et signalé çà et là sur la marge Nord de la forêt, et la fougère dryoptéris atlantique (Dryopteris aemula) pour une station d’une dizaine de pieds environ. Une troisième plante protégée signalée des zones tourbeuses de la forêt, la linaigrette grêle, n’a pas été revue depuis très longtemps. Au moins 7 autres plantes vasculaires déterminantes ont été vues récemment, dont la prêle des bois (Equisetum sylvaticum) très rare en Côtes d’Armor et en Bretagne et qui possède 2 stations dans le site, la canche flexueuse (Deschampsia flexuosa) très peu commune en Bretagne péninsulaire, ou l’aspérule odorante (Galium odoratum) rare sur l’ensemble du Massif armoricain et assez bien représentée ici. Une plante plutôt montagnarde, rarissime en Bretagne, était connue en 2 endroits de la forêt mais n’a plus été revue depuis 1984 : la petite pyrole.

- Faune remarquable : Avifaune : le peuplement d’oiseaux de la forêt est assez bien connu (source GOB n° 65 en 2003 notamment) et reste bien suivi par les naturalistes locaux ; au moins 8 espèces nicheuses certaines ou probables sont déterminantes pour la ZNIEFF dont la Bondrée apivore, le Faucon hobereau, le Pic noir, le Pic mar, le Pouillot siffleur ou le Roitelet triple-bandeau. Mammifères : un gîte d’hivernage à chauves-souris (tunnel à l’entrée protégée par une grille à barreaux horizontaux) est situé sur la marge Ouest de la Forêt de Lorge (réserve du Groupe Mammalogique Breton, par convention datant de 2003). Amphibiens : 8 espèces sont recensées dont les tritons alpestre et marbré.

Deux invertébrés patrimoniaux et protégés sont présents dans la forêt : le Carabe à reflets d’or et l’Escargot de Quimper. Certains groupes (lépidoptères, coléoptères carabiques, …) sont bien étudiés par les naturalistes locaux (données à intégrer à la ZNIEFF).

Fortement orientée vers la production et la chasse, et non ouverte au public, la Forêt de Lorge n’en possède pas moins un patrimoine naturel important dont il conviendrait qu’il soit connu et respecté par les propriétaires et gestionnaires des lieux. Il reste recommandé de ne plus intervenir sur les fonds humides, c'est-à-dire ne pas réaliser de nouveaux drainages ni boiser artificiellement les fonds, de manière à épargner les landes humides et espaces tourbeux résiduels, les sources, et les bois humides de fond de vallon ainsi que les plantes d’intérêt patrimonial qui s’y trouvent. Il serait aussi bon que les grosses unités feuillues de la hêtraie-chênaie encore en place, en futaie ou taillis sous futaie, soient conservées, sans être artificialisées avec des essences exogènes (dans le périmètre Natura 2000 existant mais aussi aux alentours). Le maintien de stades forestiers matures, et localement d’arbres sénescents ou morts (chandelles et troncs au sol) est également important pour la biodiversité forestière. L’entretien doit rester mécanique et ne pas utiliser de pesticides.

TRES IMPORTANT : pour rendre valide ce bordereau, joindre une carte au 25 000éme précisant vos propositions de délimitation avec à l’intérieur la justification des critères de délimitation (voir n°12) et localisation des espèces et habitats déterminants (voir n°11).

Commentaires sur la délimitation

Le périmètre de la ZNIEFF révisée reste assez similaire au précédent. Cependant des milieux anciennement ouverts situés sur la bordure (prairies humides ou landes) à présent en majeure partie boisés artificiellement, voire naturellement, ont été intégrés logiquement au contour du massif.