ZNIEFF 730010562
Vallée de Montaigu-de-Quercy

(n° régional : Z1PZ0035)

Commentaires généraux

Le site est un ensemble de plateaux et de vallées interconnectés. Les coteaux ainsi créés présentent diverses expositions et forment des boisements en lanières typiques. Selon le degré de pente, les formations végétales sont différentes (pelouses, fruticées, forêts...). Sur les plateaux ou en fond de vallée, la culture dominante est céréalière, mais on trouve aussi de nombreuses prairies (de fauche ou de pâture).

La caractéristique dominante de cet agrosystème de plateaux est la présence d’un abondant réseau de haies arbustives et arborées, favorables aux oiseaux et chauves-souris.

On observe de nombreuses stations d’ambiance méditerranéenne avec le cortège du Chêne vert, notamment avec la Leuzée conifère (Leuzea conifera), la Catananche bleue (Catananche caerulea), le Chèvrefeuille d’Étrurie (Lonicera etrusca)...

Aux alentours du pech del Bouis, on peut encore voir des garrigues à Helianthemum et Fumana, habitat déterminant lié aussi aux conditions très thermophiles.

La richesse floristique est assez forte avec de nombreuses espèces rares, comme des plantes adventices ou messicoles telles que l’Isopyre faux pygamon (Thalictrella thalictroides) et le Bec-de-grue fausse mauve (Erodium malacoides). Les pelouses sèches accueillent une grande diversité d’orchidées dont certaines rares et d’autres typiques comme la Phalangère à fleurs de lys (Anthericum liliago), le Liseron des Cantabriques (Convolvulus cantabrica), le Stipe penné (Stipa pennata) ou la Germandrée des montagnes (Teucrium montanum).

Les pelouses sèches à annuelles sont également présentes en mélange avec les zones xériques ; ainsi on a identifié les espèces suivantes : l’Égilope ovale (Aegilops ovata) et le Brachypode à deux épis (Brachypodium distachyon). Certains secteurs peuvent présenter des affleurements rocheux où peuvent se développer des pelouses de l’Alysso-Sedion. Un seul représentant a été noté : l’Alysson à calices persistants (Alyssum alyssoides).

Il est bon aussi d’évoquer la présence d’une prairie de fauche humide abritant des centaines d’Orchis à fleurs lâches (Anacamptis laxiflora). Bien que ni l’habitat ni l’orchidée ne soient déterminants, ils méritent une mention particulière en raison de leur rapide raréfaction dans le département.

Les forêts thermophiles à dominance de chênes pubescents abritent des arbustes comme l’Alaterne (Rhamnus alaternus) ou le Cerisier de sainte Lucie (Prunus mahaleb), et dans la strate herbacée la Céphalanthère rouge (Cephalanthera rubra).

Les habitats de pelouses sèches ne sont pas clairement identifiés, mais la présence du cortège d’espèces inventoriées permet d’interpréter leur présence et de faire remonter cet enjeu notable.

L’avifaune déterminante (en cortège agrosystème) est abondante et diverse sur les plateaux et les vallons.

On peut observer :

- dans les vallons et pechs : Busard Saint-Martin, Torcol fourmilier, Tourterelle des bois ;

- au niveau des haies : Pie-grièche écorcheur ;

- sur les plateaux cultivés : Alouette lulu, Bruant ortolan, Busard Saint-Martin ;

- aux alentours des vieux édifices, vieux arbres, etc. : Huppe fasciée.

La zone centrale qui accueille le ruisseau et ses dépendances humides est l’habitat d’espèces d’au moins 3 amphibiens qui se reproduisent localement : le Crapaud accoucheur, la Rainette méridionale et le Pélodyte ponctué. De plus, le cours d’eau accueille une population d’Écrevisse à pattes blanches. Cette espèce est devenue très rare et extrêmement localisée. L’enjeu est donc très fort localement.

Le dernier intérêt de la zone est une colonie mixte de chauves-souris exclusivement cavernicoles, présente dans une des grottes du secteur en période de reproduction de Grand/Petit Murin (avec un minimum de 500 individus) et ponctuellement à d’autres époques de l’année (transit de Minioptère de Schreibers et de Rhinolophe euryale en faibles quantités, hibernation de Grand et Petit Rhinolophes). Les sites épigés peuvent servir de gîtes de substitution lors des déplacements, émancipation, chasse des individus et échanges entre populations. Ces derniers abritent de plus 3 espèces non déterminantes vu leurs faibles effectifs (les Grand et Petit Rhinolophes et le Murin à oreilles échancrées) en période d’hibernation. La totalité de la zone représente les habitats de chasse potentiels des espèces présentes (toutes citées en annexe II de la directive « Habitats ») : alignements d’arbres, haies, ruisseaux, ripisylves, prairies pâturées...

La prise en compte des habitats d’espèces est aussi importante que la conservation des gîtes eux-mêmes.

Commentaires sur la délimitation

La périphérie de la ZNIEFF est calquée sur la vallée centrale qui remonte au nord-est du village de Montaigu-de-Quercy, avec ses différents vallons affluents. Ces derniers présentent des versants thermophiles très bien exposés qui abritent les zones sèches et le linéaire forestier, habitat des espèces d’oiseaux et de chauves-souris inventoriées sur le site. La plaine alentour est de moindre intérêt, car très cultivée.