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ZNIEFF 730011399
Forêt de Cardeilhac

(n° régional : Z2PZ0223)

Commentaires généraux

Le massif de Cardeilhac se situe dans le Bas-Comminges, à quelques kilomètres au nord-ouest de Saint-Gaudens. Il se trouve au milieu d’un paysage marqué par l’agriculture et en particulier l’élevage, avec beaucoup de prairies pâturées et quelques cultures. Le site se caractérise par le massif forestier qui le compose, remarquable par sa taille, sa continuité temporelle et sa situation isolée dans un territoire peu forestier. Il s’agit aussi d’un site très connu dans le Comminges pour être un site d’accueil pour l’éducation à l’environnement et à la forêt, un lieu de promenades dominicales et pour son arboretum aux nombreuses essences exotiques. D’un point de vue naturaliste, la forêt est d’un intérêt très hétérogène, composée pour partie de plantations où la diversité de flore et de faune est faible, et de peuplements indigènes à régénération naturelle bien plus intéressants.

L’habitat majoritaire est une chênaie pédonculée calcicole mésophile avec parfois quelques hêtres ; en fond des quelques talwegs qui traversent le massif, quelques chênaies-frênaies sont présentes. La chênaie pédonculée est particulièrement intéressante, marquée par un caractère atlantique (présence de Chêne tauzin [Quercus pyrenaica] et d’Osmonde royale [Osmunda regalis], protégée départementale) et montagnard (présence de Hêtre [Fagus sylvatica] et de Scille lis-jacinthe [Scilla lilio-hyacinthus]). Mais c’est surtout la faune qui attire notre attention dans ces forêts de chênes et de hêtres. La présence importante de gros arbres (en particulier de chênes dont quelques tauzins remarquables) permet l’installation d’une des plus belles populations de Pic mar du département, et d’une population de Pic noir remarquable pour la plaine. Quelques insectes saproxyliques apprécient aussi beaucoup ces vieux arbres tels que le Grand Capricorne (Cerambyx cerdo), espèce protégée abondante sur le site, le Lucane cerf-volant (Lucanus cervus), et vraisemblablement bien d’autres. Le Cerf est un visiteur régulier de ce massif de plaine (non déterminant). En sous-bois, quelques argiles imperméables permettent la présence, à l’est du site en particulier, d’un réseau de mares forestières remarquables. Elles sont en particulier le lieu d’accueil de nombreux amphibiens intéressants dont le Triton marbré, abondant localement. La Salamandre commune terrestre, les Grenouilles rousse et agile, le Triton palmé (non déterminant en plaine), la Rainette méridionale, les Crapauds accoucheur et commun (non déterminant pour ce dernier) sont omniprésents sur le massif grâce à ces conditions favorables. Cependant, la route qui traverse le secteur est une source importante de destruction aux périodes de transit de ces animaux. Les milieux annexes comme les landes ou les ruisseaux apportent aussi un intérêt faunistique avec la présence de reptiles ou de libellules que sont la Coronelle lisse ou le Gomphe à crochets (Onychogomphus uncatus).

La surface importante du massif, les gros arbres, les mares forestières sont l’illustration d’un bon fonctionnement écologique d’un complexe forestier de plaine rare dans la région.

Commentaires sur la délimitation

Le site englobe le massif forestier de Cardeilhac, excluant au mieux les pâtures et cultures alentour. Les territoires de nidification avérés des picidés présents sont compris dans la zone. Les plantations d’essences exotiques, présentant un intérêt écologique moindre, ont dans la mesure du possible été détourées (en particulier quand elles se trouvaient en périphérie de la zone). Bien que d’un intérêt écologique limité en soi (essences exotiques), l’arboretum a été englobé dans la mesure où il héberge des enjeux naturels liés à la présence dans son périmètre d’une part de vieux arbres, notamment de chênes, permettant le développement de coléoptères saproxyliques, d’autre part de mares avec une flore et une faune déterminantes associées.