Logo SINP - Système d'information sur la nature et les paysages

ZNIEFF 820007699
REBORD MERIDIONAL DU MASSIF DES BAUGES

(n° régional : 7311)

Commentaires généraux
Aucune information disponible
Commentaires sur la délimitation

Les Bauges offrent le visage d’un massif-forteresse, ceint d'un rempart de falaises dominant les vallées de 1000 à 1500 m d'un seul jet.

La gorge du Chéran donne accès au cœur du massif depuis l'Albanais, alors que la vaste encolure de Leschaux débouche vers le lac d'Annecy.

Sommets et plateaux périphériques encadrent le vaste bassin intérieur du Chéran.

La structure du relief est typiquement subalpine : faisceau de plis, synclinaux perchés armés par les calcaires massifs, bassins affouillés dans les roches plus tendres.

Le massif des Bauges est circonscrit par des vallées densément urbanisées (agglomérations de Chambéry, Aix-les-Bains, Annecy, Albertville) parcourues par les grandes infrastructures routières.

Présentant une personnalité marquée, très verdoyant, il conserve une forte empreinte montagnarde. Son paysage a été modelé par une intense activité paysanne, héritée des défrichements pionniers œuvre des ordres religieux.

La frange décrite ici, très distincte du reste du massif, forme un long versant adossé aux falaises. Gorgé de soleil, il est tapissé de vignes qui produisent des crus parmi les plus réputés de Savoie.

Ce terroir servait souvent d'appoint à l'agriculteur bauju. L'apport en vin et en fruits complétait la production de grains, de lait et de bois.

Vers l’ouest, le plateau de la Leysse au paysage agreste forme une entité distincte, surplombant la cluse de Chambéry et formant un relais avant le passage des cols de Plainpalais ou des Prés donnant accès au cœur du massif.

L’ensemble présente un grand intérêt botanique, le trait dominant étant celui d’un microclimat et d’une topographie très favorables à l’installation de « colonies méridionales » sur les terrains calcaires rocailleux bien exposés.

C’est le refuge d’un remarquable cortège d’espèces à affinités méditerranéennes (Erable de Montpellier, Sumac fustet, Genévriers thurifère, Leuzée à cônes, Pistachier térébinthe…), plus rarement inféodées aux Alpes internes (Violette à feuilles pennées, Primevère du Piémont,Genévrier sabine, Bruyère des neiges).

En dehors de ces localisations particulières, boisements et secteurs d’altitude abritent d’autres plantes de grand intérêt (androsaces, Sabot de Vénus, Linnée boréale, saules nains…).

L’entomofaune locale est également remarquable (libellules, papillons Apollon et Bleu nacré d’Espagne…).

Le secteur abrite enfin un karst caractéristique des Préalpes du nord. Ce type de karst est caractérisé par l’épaisseur considérable des stratifications calcaires, l’ampleur des phénomènes de dissolution, l’incidence des glaciations quaternaires (calottes glaciaires sommitales, épaisses langues glaciaires)…

Le zonage de type II souligne les multiples interactions existant au sein de cet ensemble, dont les espaces les plus représentatifs en terme d’habitats ou d’espèces remarquables sont retranscrits à travers plusieurs zones de type I (versants et réseau de pelouses sèches, zones humides…) au fonctionnement souvent fortement interdépendant.

Il englobe les éboulis instables correspondant à des milieux faiblement perturbés

Le zonage de type II traduit particulièrement les fonctionnalités naturelles liées à la préservation des populations animales ou végétales :

- en tant que zone d’alimentation ou de reproduction pour de multiples espèces, dont celles précédemment citées ;

- à travers les connections existant avec les autres ensembles naturels voisins du massif des Bauges.

S’agissant du milieu karstique, la sur-fréquentation des grottes, le vandalisme des concrétions peuvent de plus rendre le milieu inapte à la vie des espèces souterraines. Les aquifères souterrains sont sensibles aux pollutions accidentelles ou découlant de l'industrialisation, de l'urbanisation et de l'agriculture intensive.

L’ensemble présente par ailleurs un grand intérêt paysager (il est cité comme exceptionnel dans l’inventaire régional des paysages) et biogéographique compte-tenu de l’intérêt de ses colonies méridionales.