ZNIEFF 820030494
Gorges de l’Aygues

(n° régional : 26180003)

Commentaires généraux
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Commentaires sur la délimitation

Après Sahune, la route de Nyons à Gap traverse des gorges sauvages creusées par la rivière l'Eygues (ou Aygues). Une succession de virages sinueux dans les gorges encaissées, puis la vallée s'ouvre, et le voyageur découvre le village de Saint-May sur son promontoire rocheux. Les falaises verticales du plateau Saint-Laurent dominent en arrière plan le village. A la sortie des gorges, l'imposant rocher du Caire se dresse sur la vallée de l'Oule et le village de Rémuzat. A chaque entrée des gorges, un panneau en bord de route illustre les gorges par deux de ses espèces phares : le Chamois et le Vautour fauve. La limite de cette portion des gorges de l'Aygues, suit les falaises bordant la rivière, de Sahune à l'Oule, et remonte légèrement vers Villeperdrix et la combe de Léoux. Le plateau Saint-Laurent, au-dessus du village de Saint-May, a été inclus dans une zone contiguë et distincte. La végétation typiquement méditerranéenne remonte les gorges de l'Aygues : bois de Chêne vert, garrigues épineuses et odorantes, falaises couvertes de Chêne vert et de Genévrier de Phénicie, cultures en terrasse sous Villeperdrix. Les dernières oliveraies sont plantées au village de Saint-May, et signent ainsi la fin du monde méditerranéen. Ses influences se prolongent au rocher du Caire, où l'on rencontre encore une colonie de plantes méditerranéennes (Pied d'alouette divisé, Mélilot de Naples, Grand Ephèdre…), et jusqu'à la basse vallée de l'Oule avec la présence locale de Chêne kermès ou de Séneçon cinéraire, comme au-dessus de la chapelle de Rémuzat. La faune est également fortement marquée par le monde méditerranéen : les cris grinçants des Fauvettes pitchou ou mélanocéphale animent les buissons denses, et entre cinq et huit couples de Merles bleus sont connus dans les falaises des gorges. Le Traquet oreillard, observé il y a une dizaine d'années entre Villeperdrix et Léoux, était déjà très rare dans ces garrigues chaudes. Les Chamois fréquentent toute l'année les gorges, et se montrent sur les escarpements rocheux des deux rives de la rivière. Le Castor d’Europe est présent dans les gorges tout le long du cours de l'Aygues, et remonte même plus en amont dans la vallée de l'Oule. Néanmoins, les animaux les plus prestigieux des gorges sont très certainement les Vautours fauves. Réintroduits en 1996 par une association locale, ce sont à ce jour, plus de soixante individus qui se plaisent à tourner autour du rocher du Caire. Le premier poussin des Baronnies est né en 1999 ; les couples se sont installés en différents points des gorges. Le Vautour percnoptère, dont la dernière nidification dans les gorges remontait à moins de vingt ans, revient chaque année depuis le retour des Vautours fauves. Récemment, de nouveau, un couple a niché dans une falaise discrète… et le Vautour moine manifeste à son tour sa présence !