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ZNIEFF 930012582
ESTEREL

(n° régional : 06101100)

Commentaires généraux

Description de la zone

La végétation du massif est dominée par le maquis infiltré par le Pin mésogéen, mais pourrait en l’absence de dégradation évoluer vers la forêt de Chêne liège et la yeuseraie acidiphile à l’intérieur, et vers une brousse à Olivier sauvage et à Lentisque sur le littoral.

Flore et habitats naturels

Dans les vallons de l’ancien massif volcanique se développe la chênaie verte à Houx, accompagnée d’un cortège d’espèces mésophiles. Les sous bois et les zones ouvertes sont riches en espèces patrimoniales : Laîche de Griolet (Carex grioletii), Laîche à épis gynobasiques (Carex depressa subsp. basilaris), la Laîche d’Hyères (Carex olbiensis), l’Osmonde Royale (Osmunda regalis), la Doradille lancéolée (Asplenium obovatum subsp. lanceolatum), le Spiranthe d’été (Spiranthes aestivalis), …

Le Parc Naturel Départemental de la Pointe de l’Aiguille est une des dernières zones préservées du littoral de l’Estérel oriental. Il abrite entre autre, la Barbe de jupiter (Anthyllis barba jovis), la Passerine hérissée (Thymelaea hirsuta), le Limonium cordé (Limonium cordatum), l’Asplénium des Baléares (Asplenium balearicum).

Faune

L’Esterel oriental représente une zone de très grand intérêt pour la faune. Quarante espèces animales d’intérêt patrimonial dont 15 figurent sur la liste des espèces déterminantes y ont été inventoriées.

Chez les mammifères, mentionnons tout d’abord l’existence probable d’une petite population de Chat sauvage Felis sylvestris, sans doute la dernière de la région provençale. Ce carnivore farouche correspondant à une espèce déterminante devenue rare aujourd’hui en France. Il affectionne les forêts de feuillus et les forêts mixtes riches en clairières. Le Cerf élaphe Cervus elaphus, grand ruminant remarquable, aujourd’hui plutôt forestier, en expansion géographique et numérique en France et en région P.A.C.A., est également présent avec un effectif estimé en 1995 sur l’ensemble du massif de l’Esterel (Var et Alpes Maritimes) à 80 individus environ. Cette espèce, autrefois présente dans le massif, a été introduite en 1961 lors d’un lâcher de 6 individus originaires d’Alsace. C’est la seule population française qui évolue entièrement dans un milieu méditerranéen. Chez les chauves souris, le Molosse de Cestoni Tadarida teniotis, espèce rupicole remarquable, rare, à effectifs faibles et donc vulnérable et en danger, thermophile d’affinité méditerranéenne, affectionnant les zones de collines et de montagnes avec falaises, ravins, grottes, constructions, ruines et murailles, jusqu’à 2 500 m. d’altitude, est signalé localement. En ce qui concerne ensuite l’avifaune nicheuse et estivante, les espèces locales comprennent notamment l’Autour des palombes Accipiter gentilis, rapace forestier remarquable, d’affinité médioeuropéenne, affectionnant les grands massifs forestiers avec des clairières jusqu’à 2 000 m. d’altitude, dont un couple utilise ce secteur comme zone de chasse, le Circaète Jean le blanc Circaetus gallicus (dont un couple utilise ce secteur comme zone de chasse), rapace remarquable d’affinité méridionale, au régime alimentaire ophiophage, le Faucon pèlerin Falco peregrinus, espèce déterminante de rapace diurne rupicole, rare et localisée en France et en région P.A.C.A. mais en augmentation, dont un couple utilise ce secteur comme zone de chasse), le Grand duc d’Europe Bubo bubo, espèce remarquable rupicole, qui se nourrit préférentiellement dans les terrains dégagés proches des falaises et autres escarpements rocheux où il niche généralement, jusqu’à 2 600 m. d’altitude, dont un couple utilise ce secteur comme zone de chasse, le Petit duc scops Otus scops, espèce remarquable de nette affinité méridionale, encore assez fréquente mais en diminution sensible, présent jusqu’à 1 800 m. d’altitude, le Rollier d’Europe Coracias garrulus, espèce déterminante d’affinité méridionale, en diminution, plutôt rare et localisée en France et en région P.A.C.A., habitant les milieux ouverts plats parsemés de vieux arbres, de bosquets et de perchoirs, correspondant ici à un nicheur probable avec 1 couple, le Monticole bleu Monticola solitarius, espèce rupicole remarquable d’affinité méditerranéenne, se rencontrant dans les zones de falaises et d’escarpements rocheux, les gorges, les ruines, les garrigues claires rocailleuses, jusqu’à 1 600 m. d’altitude, le Bruant ortolan Emberiza hortulana, espèce remarquable xérothermophile des milieux ouverts et semi ouverts, secs et ensoleillés, parsemés d’arbres et de buissons, d’affinité méridionale, en nette régression en France depuis 1950, jusqu’à 1 300 m. d’altitude, le Bruant fou Emberiza cia, passereau remarquable d’affinité à la fois méridionale et montagnarde, propre aux milieux ouverts et rocailleux, secs et ensoleillés, de 300 à 2 600 m. d’altitude, localement signalé comme nicheur probable en 1999, le Bruant proyer Emberiza calandra, espèce remarquable de milieux ouverts, encore assez fréquente de nos jours mais en régression. L’herpétofaune est quant à elle représentée par la Tortue d’Hermann Testudo hermanni, espèce méditerranéenne déterminante, assez rare et menacée, et le Lézard ocellé Timon lepidus, espèce remarquable d’affinité méditerranéenne des milieux ouverts, rocailleux et ensoleillés. Le Psammodrome d’Edwards Psammodromus edwarsianus et l’Hémydactyle verruqueux Hemidacylus turcicus, deux espèces remarquables, on récemment été observées au sein du périmètre. Les amphibiens sont quant a eux représentés par deux espèces remarquables, la Grenouille agile Rana dalmatina et le Pélodyte ponctué Pelodytes punctatus.

Le peuplement entomologique local est particulièrement diversifié ; il comporte aussi un très grand intérêt patrimonial de part la présence de nombreuses espèces rares ou endémiques.

Pour les coléoptères, citons le Carabe de Solier (Carabus solieri), espèce déterminante et protégée en France, endémique des Alpes occidentales et de Ligurie, qui fréquente surtout les pelouses subalpines et lisières forestières des étages montagnards et subalpins, le Carabique Scotodipnus glaber, espèce déterminante d’affinité ouest-méditerranéenne, assez rare et menacée d’extinction, liée aux endroits froids et humides, notamment des ravins exposés au nord où elle vit sous les pierres ou dans les feuilles mortes profondément enfoncées dans le sol, l’humus et le terreau, les mousses et parfois dans les grottes, le Charançon Omiamima micans, espèce déterminante de Curculionidés, de petite taille, très rare, endémique des départements littoraux de Provence, le charançon Ceutorhynchus matthiolae, espèce déterminante de Curculionidés, endémique des Alpes-Maritimes où elle est très localisée, le Charançon Raymondionymus fossor, espèce déterminante de Curculionidés, très rare et endémique du Var et des Alpes-Maritimes, le staphylin Entomoculia esterelensis, espèce déterminante de Staphylinidés, endémique de Provence, où elle se localise dans les sols chauds et assez secs, souvent au pied des arbres contre les souches.

Du côté des lépidoptères il est important de signaler la présence de l'Hespérie de la balotte (Carcharodus baeticus), espèce déterminante d’Hespériidés d'affinité ouest-méditerranéenne, rare et localisée, affectionnant les pelouses sèches et surfaces pâturées où croissent ses plantes hôtes, en particulier le Marrube commun (Marrubium vulgare), de l'Azuré des orpins (Scolitantides orion), espèce remarquable à aire de distribution morcelée, inféodée aux milieux rocheux où croissent les plantes nourricières de sa chenille, des orpins (Sedum), de la Diane (Zerynthia polyxena), espèce méditerranéo-asiatique, protégée au niveau européen, localement inféodée aux prairies ou fond de vallons humides bordures où croît sa plante nourricière locale Aristolochia rotunda et la Nonagrie des marais (Archanara geminipuncta), espèce remarquable de papillon de nuit, en populations localisées et dispersées un peu partout en France, plus rare dans le Sud, inféodée aux milieu marécageux et dont la chenille endophyte vit dans les tiges de roseau (Phragmites australis). A noter également la présence de la Cigale argentée (Tettigetta argentata), espèce remarquable d'affinité méditerranéenne qui recherche les milieux aride parsemés d'arbustes et du Grand fourmilion (Palpares libelluloides), espèce remarquable de neuroptère, assez commune mais toujours localisée aux steppes et autres formations herbacées maigres et sèches.

Parmi les autres arthropodes, citons deux espèces déterminante de diplopodes (« mille-pattes ») les iules Dolichoiulus tongiorgii, endémique franco-italienne en limite d’aire, localisée en France aux Alpes-Maritimes et aux Bouches-du-Rhône, halophile se rencontrant sur les plages, et Typhloiulus sculterorum, endémique du département des Alpes-Maritimes où elle est très localisée. Citons enfin le cloporte Porcellio spinipennis , espèce remarquable dont la répartition est restreinte à la Provence (Vaucluse, Var et Alpes-Maritimes) et au N.-O. de l’Italie, d'affinité montagnarde (jusqu’à 2 600 mètres) mais pouvant également se rencontrer à proximité de la mer.

Commentaires sur la délimitation

La Znieff correspond à la portion orientale du massif de l’Estérel, incluant l’ancien massif volcanique de Maure Vieille, réputé pour ses formes de relief et ces couleurs. Toute la zone littorale a été exclue compte tenu du degré d’artificialisation qu’elle présente, à l’exception du parc départemental de la Pointe de l’Aiguille à la Pointe Saint-Marc.