Logo SINP - Système d'information sur la nature et les paysages

ZNIEFF 930012585
ÎLES DE LÉRINS

(n° régional : 06106100)

Commentaires généraux

Description de la zone

Au large de la pointe de la Croisette, à Cannes, ces îles d’une grande beauté constituent pour les visiteurs une sorte de petit paradis retrouvé. Peu élevées au-dessus du niveau des flots, les îles de Lerins sont formées par un banc de rochers qui n’est en réalité qu’un prolongement de la côte.

Flore et habitats naturels

Le couvert végétale de l’île Sainte-Marguerite, la plus grande et la plus proche des deux îles, est essentiellement composé d’une futaie de Pins d’Alep couvrant un maquis dont la composition floristique et la diversité varient en fonction de la nature du sol et de la xérophilie. L’île Saint-Honorat est quant à elle beaucoup plus marquée par l’action humaine. Près de la moitié du sol est occupée par les bâtiments de l’Abbaye. En ce qui concerne la végétation laissée à l’état sauvage, on rencontre en général les mêmes peuplements que ceux de l’île Sainte-Marguerite. Il convient de noter la très bonne conservation des formations végétales littorales. On y trouve en particulier les derniers peuplements significatifs du Lis de mer (pancratium maritimum) et les derniers individus de la grande graminée Imperata cylindrica du département.

Faune

Les îles de Lérins abritent un patrimoine faunistique d’un intérêt biologique élevé puisque 23 espèces animales d’intérêt patrimonial, dont neuf sont déterminantes, fréquentent cette zone.

Les mammifères d’intérêt patrimonial sont représentés par le Tursiops ou Dauphin souffleur Tursiops truncatus, espèce grégaire déterminante de Cétacés, en légère régression en Méditerranée, présente aussi bien en haute mer que tout près des côtes à de faibles profondeurs (2 m.), ainsi que par la Noctule de Leisler Nyctalus leisleri, espèce remarquable arboricole et forestière, relativement fréquente, le Vespère de Savi Hypsugo savii, espèce remarquable rupicole et montagnarde d’affinité méridionale, qui exploite d’une part les milieux forestiers (surtout ceux riverains de l’eau) pour la chasse et d’autre part les milieux rocheux (falaises) pour les gîtes. L’avifaune nicheuse locale comprend : la Sterne pierregarin Sterna hirundo, espèce remarquable et localisée liée aux milieux aquatiques et littoraux, dont une cinquantaine de couples niche sur cet archipel, le Petit Gravelot Charadrius dubius, espèce remarquable plutôt localisée en région P.A.C.A. et liée au milieu aquatique (cours d’eau), le Petit duc scops Otus scops, espèce remarquable de nette affinité méridionale, encore assez fréquente mais en diminution sensible, présent jusqu’à 1 800 m. d’altitude, le Martinet pâle Apus pallidus (nicheur possible), espèce remarquable, plutôt littorale et d’affinité méditerranéenne, peu abondante et assez localisée en France et en P.A.C.A. Il s’agit également d’un site intéressant pour la halte de flamants roses Phoenicopterus ruber. En ce qui concerne les reptiles patrimoniaux notons la présence de deux espèces déterminantes, le Phyllodactyle d’Europe Euleptes europaea découvert en 2011 sur les îlots satellites et la Tortue d’Hermann Testudo hermanni, d’affinité méditerranéenne, rare et localisée en France et en région P.A.C.A. dont la présence est due à une introduction.

Quant aux arthropodes patrimoniaux, mentionnons la présence du Charançon Simo schoenheri, espèce déterminante de coléoptères endémique du littoral Varois et des Alpes-Maritimes, où elle est rencontrée notamment sur divers lotiers (Lotus sp.) et trèfles (Trifolium sp.),de la Punaise Alloeorhynchus putoni, espèce prédatrice déterminante d’Hémiptères Nabidés, ouest-méditerranéenne, très localisée en France (moins d’une dizaine de stations dont celle ci), liée aux versants crayeux secs, d’une espèce remarquable de lépidoptères hétérocères (« papillons de nuit »), la Coccidiphage (Eublemma scitula), espèce d’Erebidés localisée et présente uniquement sur le littoral méditerranéen.

Le peuplement de crustacés isopodes (cloportes) comporte un très grand intérêt grâce à la présence de sept espèces patrimoniales, citons Platyarthrus lerinensis, espèce déterminante de mœurs endogés, endémique de quelques îles méditerranéennes à Malte, en Italie (île de Montecristo, Sicile) et sur l’île de Saint Honorat, Armadilloniscus ellipticus, espèce remarquable, strictement littorale et halophile, qui vit parmi les bancs de posidonies et laisses de mer au contact des rochers, rare en France sur le continent mais plus commune sur certaines îles et largement distribuée dans le monde, Cylisticus esterelanus, espèce remarquable provenço-catalane, de mœurs cavernicoles et humicoles (terreau, litière, humus, ravins humides, etc.), très caractéristique des forêts de chênes verts, Halophiloscia ischiana, espèce remarquable endémique des côtes nord-ouest de la Méditerranée, halophile de la zone supralittorale, connue en France du Var, des Alpes-Maritimes et des Pyrénées-Orientales, parmi les laisses de mer végétales ou sous les pierres, Halophiloscia tyrrhena, espèce remarquable endémique du nord-ouest de l’Italie et du sud de la France (Alpes-Maritimes, Var, Pyrénées-Orientales), halophile de la zone supra-littorale, parmi les laisses de mer végétales ou sous les pierres,Trichorhina buchnerorum, espèce remarquable signalée des îles Baléares (Minorque), de l’ouest de l’Italie et deux stations françaises (Ile Saint-Honorat et à Nîmes dans des serres), observée localement sur le bord de mer, dans des dépôts de posidonies, dans un chevelu de racines ou encore dans des oignons de glaieuls, et Porcellionides myrmecophilus, espèce remarquable et endémique franco-italienne, méditerranéenne et localisée en France au Var et aux Alpes-Maritimes, myrmécophile ayant comme hôte exclusif des fourmis granivores du genre Messor. Enfin, signalons un dernier crustacés, l’ostracode Cyprideis torosa, espèce remarquable de Cythéridéidés, signalée en France seulement dans deux stations situées l’une dans les Bouches-du-Rhône, l’autre sur l’île de Saint Honorat.

Commentaires sur la délimitation

La délimitation de la Znieff « Iles de Lerins » a été dictée par la ligne de côte de façon à prendre en compte l’ensemble des populations littorales d’espèces de faune et de flore, tout en évitant le village en lui-même.