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Journée mondiale des poissons migrateurs

Parution : 23 octobre 2020 Catégorie : Inventaires d'espèces

Les poissons migrateurs amphihalins regroupent des espèces appartenant à des groupes taxonomiques très différents. Mais ils ont tous en commun d’effectuer des migrations entre la mer et l’eau douce pour accomplir leur cycle de vie.

Il existe 3 catégories de cycle de vie :
1. les poissons anadromes réalisent leur croissance en mer et se reproduisent en eau douce, comme le saumon atlantique
2. les poissons catadromes qui grandissent en eau douce et se reproduisent en mer (cas de l’anguille européenne)
3. les poissons amphidromes (gobies) vivent et se reproduisent en eau douce mais présentent une phase larvaire marine.
Cycles de vie

On trouve 42 espèces d’amphihalines dans les systèmes insulaires tropicaux (Océan indien, Antilles) appartenant à 7 familles (principalement Gobiidae, Eleotridae et Anguillidae). Elles sont à plus de 70% amphidromes. Sur les 12 espèces amphihalines de France métropolitaine, la majorité (75%) est anadrome (saumon, aloses, lamproies, esturgeon, éperlan, etc.), les 3 restantes sont catadromes (anguille, flet et mulet porc).
Chiffres poissons migrateurs

Toutes ces espèces ont un cycle de vie complexe qui les rend particulièrement sensibles aux diverses pressions anthropiques. Parmi elles, la présence de barrages, la pression de pêche, la dégradation des habitats et le changement climatique sont généralement les plus cités. Ce dernier va être une des raisons majeures de disparition ou modification des distributions des migrateurs dans les années à venir, en particulier dans les DOM. Ces pressions sont en réalité très nombreuses et s’exercent de manière cumulée sur l’ensemble du continuum terre/mer, de sorte qu’il est souvent difficile d’identifier les menaces pour ces espèces. Quand il est connu, l’état de conservation de ces espèces est généralement dégradé. En France métropolitaine, près de 75% des espèces (9/12) amphihalines présentent un risque d’extinction élevé. L’esturgeon européen, la grande alose et l’anguille européenne sont en danger critique d’extinction.

Compte tenu de leur vulnérabilité, des enjeux économiques et patrimoniaux, les migrateurs amphihalins bénéficient de nombreux outils de protection (conventions internationales, directives européennes, réglementations spécifiques). Le MNHN et l’OFB sont particulièrement impliqués dans la conservation et gestion de ces espèces. L’OFB est en charge notamment d’élaborer un Plan National en faveur des migrateurs amphihalins de France métropolitaine et l'équipe de BOREA du MNHN travaille depuis plus de 15 ans sur la connaissance des traits de vie, la gestion et la conservation des migrateurs des DOM.

Photos - Illustrations

- Cabot bouche-ronde Sicyopterus lagocephalus © F. Melki / Biotope - DR
- Anguille d'Europe Anguilla anguilla © Rostislav - DR
- Saumon atlantique Salmo salar © Jean-Pierre Bord / OFB
- Télécharger les illustrations : en pdf, en png

En savoir plus

- World Fish Migration Day
- Gestion nationale et StraNaPoMi
- Pôle pour la gestion des migrateurs amphihalins dans leur environnement
- Un déclin majeur de la répartition des poissons migrateurs révélé par des données historiques
- Laboratoire BOREA Biologie des organismes et écosystèmes aquatiques
- Site Ponapomi
- Rechercher des données Listes rouges