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Ardea alba Linnaeus, 1758

Grande Aigrette ( Français )

Great Egret (Anglais)

(Chordata, Aves, Pelecaniformes)

Informations générales

Longueur 85-102 cm, envergure 140-170 cm, poids 960-1 680 g.

Elle habite les grandes zones humides de plaine, s’installant souvent dans les larges roselières épaisses et inaccessibles. Ses terrains de chasse comprennent les prairies humides ou sèches, marais, rizières, lacs et étangs.

La Grande Aigrette se nourrit surtout de poissons et d’insectes aquatiques lorsqu’elle peut pêcher, sinon de micromammifères et d’insectes terrestres. Elle peut s’attaquer également aux lézards, aux mollusques et aux jeunes oiseaux.

L’espèce chasse souvent seule ou en petits groupes éparpillés. Les rassemblements en période internuptiale comprennent parfois quelques dizaines d’individus. Le couple se forme au retour de printemps. Elle niche isolément ou en colonie. Après une période de vols d’observation autour de la colonie, les mâles commencent à défendre vigoureusement les sites de nid potentiels. Chacun construit de petites plates-formes qui servent de sites de parade. Les plumes scapulaires érectiles sont en évidence durant les parades.

Le nid est une pile de roseaux ou de branchettes garnie de matériaux plus fins, pouvant dépasser 1 m de diamètre. Il est construit dans une roselière inondée, dans un arbre ou un arbuste au-dessus de l’eau. Les nids arboricoles peuvent se toucher mais sont nettement espacés dans les roselières. La ponte unique de 3-5 œufs (extrêmes : 2-6) est déposée à partir d’avril. L’incubation dure 25-26 jours et les jeunes sont volants vers l’âge de 42 jours.

Spanneut, L. (Ecosphère, Service du Patrimoine Naturel.), 2008

Fiche 1 : Ardea alba Linnaeus, 1758

Citation de cette fiche : Marion L., 2003. La Grande aigrette : Ardea alba Linné, 1758. Page 179, in : Évolution holocène de la faune de Vertébrés de France : invasions et disparitions (M.Pascal, O. Lorvelec, J.-D. Vigne, P. Keith & P. Clergeau, coordonnateurs), Institut National de la Recherche Agronomique, Centre National de la Recherche Scientifique, Muséum National d'Histoire Naturelle (381 pages). Rapport au Ministère de l'Écologie et du Développement Durable (Direction de la Nature et des Paysages), Paris, France. Version définitive du 10 juillet 2003.
La Grande aigrette
L'aire de reproduction de la Grande aigrette couvre de façon fragmentée une partie des régions tempérées et tropicales de l'Eurasie, de l'Afrique, de l'Océanie et des Amériques. En Europe, son aire de reproduction est restée cantonnée jusque dans les années 1980 à quelques sites d'Autriche, de Hongrie, des Balkans et surtout de Roumanie (Sardin, 1991).

Pour des raisons qui demeurent à ce jour inconnues, l'espèce, qui initialement n'hivernait que dans les régions méridionales de l'Europe, a diversifié ses aires d'hivernage en fréquentant l'ouest du continent à partir des années 1970, phénomène qui a entraîné sa nidification aux Pays-Bas en 1977 (Marion et al., 2000). En France, l'extension de cette zone d'hivernage qui a débuté en 1963 s'est d'abord limitée à la Camargue (Sardin, 1991), puis s'est rapidement étendue à la moitié est du pays, l'ouest n'étant pratiquement pas fréquenté. C'est pourtant sur les rives du Lac de Grand-Lieu qu'a été signalée en 1994 sa première reproduction sur le territoire français (Marion & Marion, 1994). Depuis, l'effectif d'oiseaux nicheurs de l'espèce ne cesse d'y croître, phénomène favorisé par le maintien d'un niveau d'eau printanier plus élevé que par le passé (Marion, 1999). Cet effectif a atteint la trentaine de couples en l'an 2000 (Marion et al., 2000) et cette population a récemment essaimé en Brière. Paradoxalement, l'espèce semble avoir des difficultés à s'implanter en Camargue et dans la Dombes en dépit de la présence sur place d'un important et ancien effectif d'hivernants. Ce n'est qu'en 1996 qu'a été enregistré son premier succès de reproduction dans la Dombes (Benmergui, 1997), et la Camargue n'hébergeait que deux couples de l'espèce en 2000 (H. Hafner, comm. pers.).

Absente des assemblages paléontologiques du Pléistocène de France (Mourer- Chauviré, 1993), le statut d'allochtone de l'ensemble du territoire européen de la France qui est conféré ici à la Grande aigrette repose sur la base de considérations biogéographiques et historiques.

L'impact de la Grande aigrette sur ses écosystèmes d'accueil français n'a pas fait l'objet d'études spécifiques.

La Grande aigrette est inscrite sur la liste des oiseaux protégés en France, à l'annexe I de la Directive Oiseaux, et à l'annexe II de la Convention de Berne (Dubois et al., 2000). Ses populations ne font pas l'objet de mesures de gestion spécifiques en France.

Ressources
Experts
Fiche rédigée par Loïc MARION
Bibliographie

Benmergui M., 1997. Premier cas de reproduction de la Grande Aigrette Egretta alba en Dombes (Ain). Ornithos, 4 : 185-186.

Dubois Ph.J., Le Maréchal P., Olioso G. & Yésou P., 2000. Inventaire des Oiseaux de France. Avifaune de la France métropolitaine. Nathan, Paris, F : 397 pp.

Marion L. & Marion P., 1994. Premières nidifications réussies de la Grande aigrette Egretta alba en France, au Lac de Grand-Lieu. Alauda, 62 : 149-152.

Marion L., Van Vessem J. & Ulenaers P. 2000. Chapter 1 : Herons in Europe. In : Herons Conservation (Kushlan J. & Hafner H. eds). Academic Press : 1-31.

Mourer-Chauviré C., 1993. The Pleistocene avifauna of Europe. Archeofauna, 2 : 53-66.

Sardin J.P., 1991. La Grande Aigrette. In : Atlas des oiseaux de France en hiver (Yeatman-Berthelot D. & Jarry G. eds). Société Ornithologique de France, Paris : 78-79.

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