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Erinaceus europaeus Linnaeus, 1758

Hérisson d'Europe ( Français )

West European Hedgehog (Anglais, -)

(Chordata, Mammalia, Erinaceomorpha)

Informations générales

Taille : 18-31 cm plus 2-3 cm  pour la queue (adulte).

Poids : 0,8-1,2 kg (adulte).

Diagnose : Le hérisson a une silhouette ronde se terminant par un museau pointu. Son dos, ses flancs et son front sont recouverts de piquants bruns avec de fines extrémités blanches et mesurant entre 2 et 3 cm de long. Le reste du corps est recouvert de poils brun-gris. Il est difficile de différencier le mâle de la femelle.

Détermination : simple (en France).

Période d'observation : Il est surtout actif au crépuscule et la nuit et observable du printemps à  l'automne lorsque la température dépasse les 10 degrés. Il tombe entre en léthargie en hiver mais se réveille au moins une fois pour changer de nid. 

Biologie-éthologie :
Le hérisson s'accouple d'avril en septembre. La femelle met bas, dans un nid, six à sept semaines plus tard de 2 à 7 jeunes. Il est assez solitaire et se roule en boule à la moindre alerte pour se protéger des prédateurs en présentant que ses piquants.

Biogéographique et écologie :
Il est présent en Europe de l'ouest et se retrouve dans des habitats très variés. Il fréquente aussi bien la ville que la campagne à condition qu'il puisse trouver des abris et de la nourriture (insectes, escargots...)

Référence bibliographique : Haffner, P. & Savouré-Soubelet, A. 2015. Sur la piste des Mammifères sauvages. Coll. L'amateur de la Nature. Dunod, Paris. 208 pp.

A. Savouré-Soubelet (Service du Patrimoine Naturel (MNHN)), 2015

Fiche 1 : Erinaceus europaeus Linnaeus, 1758

Citation de cette fiche : Pascal M. & Vigne J.-D., 2003. Le Hérisson d'Europe : Erinaceus europaeus Linné, 1758. Pages 264-265, in : Évolution holocène de la faune de Vertébrés de France : invasions et disparitions (M.Pascal, O. Lorvelec, J.-D. Vigne, P. Keith & P. Clergeau, coordonnateurs), Institut National de la Recherche Agronomique, Centre National de la Recherche Scientifique, Muséum National d'Histoire Naturelle (381 pages). Rapport au Ministère de l'Écologie et du Développement Durable (Direction de la Nature et des Paysages), Paris, France. Version définitive du 10 juillet 2003.
Le Hérisson d'Europe
L'actuelle aire de répartition du Hérisson d'Europe s'étend de l'Europe de l'Ouest à la Scandinavie et au nord-ouest de la Russie. Elle inclut les péninsules Ibérique, Italienne et Istrienne. L'espèce est actuellement présente en Irlande et en Grande-Bretagne, ainsi qu'en Corse, en Sardaigne et en Sicile. Hors d'Europe, elle a été introduite en Nouvelle-Zélande (Wilson & Reeder, 1993).

D'après Saint Girons (1984), les populations actuelles d'Erinaceus europaeus de l'Europe de l'Ouest auraient pour origine celle du refuge sud-ouest européen qui aurait reconquis le territoire continental à la fin de la dernière glaciation. Les récentes analyses de génétique moléculaire ont confirmé et affiné cette vision (Hewitt, 1999). Les populations de Corse, des Alpes et des franges orientales de la France appartiennent à un clade issu de sujets ayant colonisé l'Europe moyenne à partir de la péninsule italique et du sud-est de la France, alors que toutes les autres populations de France et des îles Britanniques appartiennent à un clade nettement distinct, issu de la colonisation de l'Europe occidentale à partir de la péninsule ibérique et du sud-ouest de la France. Au Tardiglacière, la présence du Hérisson n'est attestée que dans la moitié sud de la France (PTH, 1998). La plus ancienne mention de l'espèce pour la moitié nord du pays date du Mésolithique (7ème - 6ème millénaire avant J.-C.) et se situe dans le Jura (Bridault, 1993). Cependant, le Hérisson est déjà présent au 8ème millénaire avant J.-C. dans le site mésolithique de Star Carr situé dans le bassin de la Tamise, alors encore en continuité avec celui de Paris (Yalden, 1999). Il est donc probable que la colonisation de la moitié nord de la France après le Tardiglaciaire a été rapide, au point que l'espèce était présente sur pratiquement toute la partie continentale du pays dès le Boréal.

Si le Hérisson d'Europe a envahi spontanément la partie nord du territoire continental de la France dès le Boréal, il a été introduit délibérément par l'Homme sur plusieurs îles des rivages de l'Atlantique, de la Manche et de la Méditerranée. L'histoire ancienne de ces introductions n'est pas documentée à l'exception de celle de la Corse où la présence de l'espèce est attestée dès avant le 4ème millénaire avant J.-C. (Vigne, 1988, 1999), et de celle de l'île d'Ouessant réalisée volontairement à l'initiative d'un particulier en 1992 pour des raisons “esthétique” (Pascal, 1998). Par ailleurs, Cheylan (1984a) signale l'introduction récente du Hérisson sur l'île de Porquerolles (Var). Dans l'état actuel des inventaires, le Hérisson d'Europe serait absent de l'île d'Yeu, de celle de Sein (Saint Girons, 1984) et des îles provençales excepté Porquerolles, et des archipels des Glénan (Pascal, non publié), de Molène (Pascal, 1998 ; Pascal et al., 2002) et des Sept-Îles (Pascal et al., 1996).

L'impact de l'introduction de cette espèce sur ses écosystèmes d'accueil insulaires n'est pas spécifiquement documenté à ce jour. À la suite de son introduction sur l'île d'Ouessant et de sa rapide et forte expansion démographique, des prélèvements sur des couvées d'Anatidés ont été enregistrés. Sur 10 spécimens capturés en 1998 et 1999 sur cette île, deux se sont révélés séropositifs pour le sérogroupe Icterohaemorrhagiae et un pour le sérogroupe Sejroe de Leptospira interrogans, bactérie responsable de la leptospirose (Michel, 2001).

Les populations introduites de cette espèce n'ont jamais fait l'objet d'opérations de gestion.

Ressources
Experts
Fiche rédigée par Michel PASCAL
Insitut National de la Recherche Agronomique
Campus de Beaulieu - Avenue du Général Leclerc
35042 Rennes Cedex

Jean-Denis VIGNE
Muséum national d'Histoire naturelle
Anatomie Comparée
55 rue Buffon
75005 Paris
Bibliographie

Bridault A., 1993. Les économies de chasse épipaléolithiques et mésolithiques du Nord et de l'Est de la France. Thèse de Doctorat de l'Université Paris X - Nanterre.

Cheylan G., 1984a. Les mammifères des îles provençales. Travaux Scientifiques du Parc National de Port-Cros, 10 : 13-25.

Cheylan G., 1984b. Les mammifères des îles de Provence et de Méditerranée occidentale : un exemple de peuplement insulaire non équilibré ? Revue d'Ecologie (Terre & Vie), 39 : 37-54.

Hewitt G.M., 1999.- Post-glacial re-colonization of European biota. In : Molecular genetics in animal ecology (Racey P.A., Bacon P.J., Dallas J.F. & Piertney S.B. éds.). Biol. J. Linn. Soc., 68 : 87-112.

Michel V., 2001. Épidémiologie de la leptospirose zoonose : étude comparée du rôle de différentes espèces de la faune sauvage et de leur environnement. Thèse Université C. Bernard Lyon I : 223 pp + 65 pp d'annexes.

Pascal M., 1998. Les mammifères terrestres sauvages d'Ouessant et de l'Archipel de Molène. Texte d'accompagnement de la carte de répartition des espèces mammaliennes d'Ouessant et de l'Archipel de Molène. Exposition permanente de la maison de la Réserve de Molène. SEPNB - Brest - Molène : 1 pp.

Pascal M., Siorat F., Brithmer R., Culioli J.-M. & Delloue X., 2002. La biodiversité insulaire au péril des espèces introduites. Pen ar Bed, 184/185 : 80-86.

Pascal M., Siorat F., Cosson J.-F. & Burin des Roziers H., 1996. Éradication de populations insulaires de Surmulot (Archipel des Sept-Îles - Archipel de Cancale : Bretagne, France). Vie et Milieu - Life & Environment, 46 (3/4) : 267-283.

PTH, 1998. Base de données constituée entre 1994 et 1998 dans le cadre du Programme National Diversité Biologique (PNDB) du CNRS (Programme Environnement, Vie et Société) pour les besoins du projet "Processus Tardiglaciaires et Holocènes de mise en place des faunes actuelles" (PTH). Gestion scientifique de la base : Archéozoologie et Histoire des Sociétés, CNRS - Muséum National d'Histoire Naturelle (ESA 8045), Paris.

Saint Girons M.-C., 1984. Le Hérisson Erinaceus europaeus. In : Atlas des Mammifères de France. Société Française pour l'Étude et la Protection des Mammifères - Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris : 24-25.

Vigne J.-D., 1988. Biogéographie insulaire et anthropozoologie des sociétés néolithiques méditerranéennes : hérisson, renard et micromammifères. Anthropozoologica, 8 : 31-52.

Vigne J.-D., 1999. The large “true” Mediterranean islands as a model for the Holocene human impact on the European vertebrate fauna ? Recent data and new reflections. In : The Holocene History of European Vertebrate Fauna. Modern Aspects and Research (N. Benecke, editor). Deutsches Archäologisches Institut Eurasien-Abteilung. Verlag Marie Leidorf GmbH Rahden/Westf. : 295-322.

Wilson Don E. & Reeder DeeAnn M. (Eds), 1993. Mammals species of the world. Smithsonian Institut Press, Washington & Londres : 1207 pp.

Yalden D., 1999. The history of Britsh Mammals. Academic Press, London : 305 pp.

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