FR2200348 - Vallée de l'Authie

Site de la directive "Habitats, faune, flore"

Base de référence : juin 2020.

Mise à jour annuelle de la liste SIC - publication au JO UE : 28/11/19 (à partir de la base : octobre 2018)

Identification du site

Type : B (pSIC/SIC/ZSC)

Code du site : FR2200348

Compilation : 31/01/1996

Mise à jour : 16/12/2013

Appelation du site : Vallée de l'Authie

Dates de désignation / classement :

  • pSIC : première proposition : 31/03/1999
  • pSIC : dernière évolution : 31/03/1999
  • SIC : Première publication au JO UE : 07/12/2004
  • SIC : Dernière publication au JO UE : 07/12/2004
  • ZSC : premier arrêté : 27/10/2015
  • ZSC : Dernier arrêté : 27/10/2015
Texte de référence
Arrêté de création du 27 octobre 2015 portant décision du site Natura 2000 Vallée de l'Authie (zone spéciale de conservation)

Localisation du site
Coordonnées du centre (WGS 84) :
  • Longitude : 1,86167 (E 1�51'42'')
  • Latitude : 50,33333 (N 50�19'59'')
Superficie : 742 ha.
Pourcentage de superficie marine : 0 %
Altitude :
  • Min : 0 m.
  • Max : 120 m.
  • Moyenne : 0 m.
Régions biogéographiques :
Atlantique : 100%

REGION : PICARDIE
DEPARTEMENT : Somme (100%)
COMMUNES : Argoules, Béalcourt, Boisle, Boufflers, Dominois, Dompierre-sur-Authie, Frohen-sur-Authie, Hem-Hardinval, Mézerolles, Nampont, Occoches, Outrebois, Ponches-Estruval, Quend, Remaisnil, Villers-sur-Authie, Vitz-sur-Authie.

Carte de localisation

Description du site

Caractère général du site

Classes d'habitats Couverture
Marais (vegetation de ceinture), Bas-marais, Tourbières, 25%
Eaux douces intérieures (Eaux stagnantes, Eaux courantes) 20%
Pelouses sèches, Steppes 15%
Prairies semi-naturelles humides, Prairies mésophiles améliorées 10%
Autres terres arables 10%
Prairies ameliorées 10%
Forêts caducifoliées 5%
Forêt artificielle en monoculture (ex: Plantations de peupliers ou d'Arbres exotiques) 4%
Autres terres (incluant les Zones urbanisées et industrielles, Routes, Décharges, Mines) 1%

Autres caractéristiques du site

La vallée de l'Authie reste l'un des couloirs fluviatiles essentiels du Nord de la France, tant dans ses caractéristiques actuelles que par son passé et ses potentialités de restauration.
L'Authie est un fleuve côtier de première catégorie, majeur pour les plaines du Nord-Ouest de la France, et dont le cours sépare approximativement les régions Picardie et Nord-Pas-de-Calais. Avec ses populations de Saumon atlantique, elle est un élément important du réseau fluviatile et piscicole du Nord-Ouest de la France. Bien qu'elle n'occupe au niveau national qu'un rang faible pour les effectifs "captures" de saumon, elle est avec la Bresle, l'une des seules rivières de la Seine au Danemark à être encore fréquentée par ce poisson. Sa conservation apparait en connaissance de cause comme un choix stratégique fondamental sur le plan biogéographique européen. 
La diversité ichtyologique de l'Authie, les habitats aquatiques rhéophiles et lentiques sont d'autres bioindicateurs de l'intérêt du cours d'eau et de sa représentativité des hydrosystèmes fluviatiles nord-atlantiques basiques.
L'élargissement local du lit majeur permet de prendre compte une séquence exemplaire d'habitats alluviaux aquatiques et terrestres. Le système alluvial tourbeux alcalin de type atlantique/subatlantique de l'Authie, autrefois largement représenté dans la moyenne et basse vallée de l'Authie, fortement réduit aujourd'hui suite aux drainages et assèchements divers, présente encore un cortège typique et représentatif de milieux. En particulier, les habitats aquatiques, les roselières et cariçaies associées aux secteurs de tremblants, ont ici un développement remarquable et coenotiquement saturé, tandis que persistent quelques-uns des derniers lambeaux de pré oligotrophe tourbeux alcalin atlantique et de ceintures oligo-mésotrophes vivaces amphibies atlantiques à Apium repens et Baldellia ranunculoides.

Les vallées sèches avec leurs caractéristiques sud-artésiennes (relief accentué avec ravins et cavées, affleurements marneux, pluviosité et hygrométrie de l'air accrues) sont des mosaïques d'habitats calcicoles solidaires et complémentaires, pelouses, prairies mésotrophes, ourlets et fourrés, forêts de pente, qui combinées aux variations d'exposition, proposent un réseau exemplaire de pelouses calcicoles originales et typiques.

Qualité et importance

" côté picard ", l'ensemble présente une grande diversité floristique :
-16 espèces protégées, dont 1 de la directive (Apium repens) en plusieurs stations et populations remarquables
-nombreuses plantes rares et menacées
-diversité et typicité du cortège aquatique alcalin
-cortège turficole et oligotrophe des prés tourbeux et des dépressions inondables

Les intérêts faunistiques sont également majeurs : 
-diversité et importance des cortèges d'oiseaux paludicoles
-la partie ouest du site est inventoriée en ZICO
-présence de trois espèces de la directive avec des populations importantes de Triton crêté
-présence de zoocoenoses aquatiques avec Plécoptères

Les habitats pelousaires présentent une importante diversité orchidologique et floristique (3 espèces protégées : Coeloglossum viride, Spiranthes spiralis et Parnassia palustris.
Les habitats forestiers hébergent diverses fougères rares et menacées.
	
En outre, le site présente encore l'un des rares exemples régionaux de pelouses calcicoles pâturées par les bovins. L'ensemble participe à un échantillonnage réprésentatif des potentialités coenotiques, floristiques et faunistiques semi-naturelles du plateau picard médian.

Vulnérabilité

La régression ou la disparition des pratiques de fauche, pâturage, étrépage, tourbage, l'exportation de nutriments est insuffisante pour maintenir un état trophique correct du système. Il en résulte des phénomènes d'atterrissement et de minéralisation de la tourbe, de vieillissement des roselières, cariçaies, moliniaies au profit des mégaphorbiaies et fourrés hygrophiles. Ces processus ont été gravement accélérés, depuis plus d'un siècle, par les drainages qui ont complètement modififés, par endroit, l'aspect originel de la vallée en favorisant la mise en place de prairies grasses intensives et le développement de la populiculture. Il s'en est suivi une perte importante de diversité et une régression progressive des intérêts biologiques de la vallée.
L'état de conservation du réseau de pelouses calcicoles est convenable, compte tenu du degré général de dégradation des systèmes pelousaires des plaines nord-ouest suite aux abandons d'exploitation traditionnelle et à la chute des effectifs des populations de lapins.