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FR2200357 - Moyenne vallée de la Somme

Site de la directive "Habitats, faune, flore"

Base de référence : mai 2019.

Mise à jour annuelle de la liste SIC - publication au JO UE : 12/12/17 (à partir de la base : septembre 2016)

Identification du site

Type : B (pSIC/SIC/ZSC)

Code du site : FR2200357

Compilation : 31/01/1996

Mise à jour : 09/01/2015

Appelation du site : Moyenne vallée de la Somme

Dates de désignation / classement :

  • pSIC : première proposition : 31/03/1999
  • pSIC : dernière évolution : 30/12/2006
  • SIC : Première publication au JO UE : 07/12/2004
  • SIC : Dernière publication au JO UE : 12/12/2008
  • ZSC : premier arrêté : 26/12/2008
  • ZSC : Dernier arrêté : 26/12/2008
Texte de référence
Arrêté de création du 26 décembre 2008 portant décision du site Natura 2000 Moyenne vallée de la Somme (zone spéciale de conservation)

Localisation du site
Coordonnées du centre (WGS 84) :
  • Longitude : 2,62472 (E 2°37'28'')
  • Latitude : 49,91361 (N 49°54'48'')
Superficie : 1 825 ha.
Pourcentage de superficie marine : 0 %
Altitude :
  • Min : 30 m.
  • Max : 80 m.
  • Moyenne : 0 m.
Régions biogéographiques :
Atlantique : 100%

REGION : PICARDIE
DEPARTEMENT : Somme (100%)
COMMUNES : Bray-sur-Somme, Cappy, Cerisy, Chipilly, Chuignolles, Cléry-sur-Somme, Corbie, Curlu, Éclusier-Vaux, Étinehem, Feuillères, Frise, Hamel, Hamelet, Hem-Monacu, Maricourt, Méricourt-sur-Somme, Morcourt, Neuville-lès-Bray, Proyart, Sailly-Laurette, Sailly-le-Sec, Suzanne, Vaire-sous-Corbie, Vaux-sur-Somme.

Carte de localisation

Description du site

Caractère général du site

Classes d'habitats Couverture
Marais (vegetation de ceinture), Bas-marais, Tourbières, 35%
Forêts caducifoliées 30%
Eaux douces intérieures (Eaux stagnantes, Eaux courantes) 15%
Pelouses sèches, Steppes 14%
Forêt artificielle en monoculture (ex: Plantations de peupliers ou d'Arbres exotiques) 4%
Autres terres (incluant les Zones urbanisées et industrielles, Routes, Décharges, Mines) 1%
Prairies semi-naturelles humides, Prairies mésophiles améliorées 1%

Autres caractéristiques du site

Ce long tronçon de la vallée de la Somme comporte la zone des méandres d'axe général est/ouest entre Corbie et Péronne. L'ensemble de la vallée, au rôle évident de corridor fluviatile, est une entité de forte cohésion et solidarité écologique des milieux, liée aux équilibres trophiques, hydriques, biologiques, aux flux climatiques et migratoires ; ainsi, le mésoclimat submontagnard particulier qui baigne les coteaux calcaires, dépend directement de l'hygrométrie et des brumes dégagées ou piégées par le fond de la vallée. La Somme, dans cette partie, développe un exemple typique et exemplaire de large vallée en U à faible pente.
L'expression du système tourbeux alcalin est marqué par des affinités continentales sensibles, croissantes d'ailleurs en remontant la vallée, par un vieillissement généralisé avec accélération de la dynamique arbustive et préforestière, par une dégradation de la qualité des eaux circulantes de la Somme, par un envasement généralisé. Après une époque historique d'exploitation active, quasiment sans végétation arbustive et arborée, d'étangs, de tourberies, de marais fauché et pâturé, ce sont donc les tremblants, roselières, saulaies et aulnaies, bétulaies sur tourbe, qui structurent aujourd'hui les paysages de la vallée (tandis que disparaissent les habitats de prés paratourbeux, de bas-marais et de moliniaies turficoles). Avec cette dynamique, la multiplication de situations ombrogènes avec acidification superficielle des tourbes basiques, génère un complexe d'habitats acidoclines à acidiphiles exceptionnel, notamment de bétulaies à sphaignes et Dryopteris cristata, en cours d'extension, voire de généralisation dans certains secteurs.
Ailleurs, le système alluvial tourbeux alcalin de type transitoire subatlantique-subcontinental de la Moyenne Somme présent un cortège typique et représentatif de milieux. En particulier, les habitats aquatiques, les roselières et cariçaies associées aux secteurs de tremblants ont ici un développement spatial important et coenotiquement saturé, tandis que persistent quelques-uns des derniers lambeaux de prés oligotrophes tourbeux alcalin subatlantique subcontinental.
Associés au fond humide de la vallée et en étroite dépendance des conditions mésoclimatiques humides créées, les versants offrent par le jeu des concavités et des convexités des méandres, un formidable et original ensemble diversifié d'éboulis, pelouses, ourlets et fourrés calcicoles d'affinités submontagnardes, opposant les versants froids aux versants bien exposés où se mêlent les caractères thermophiles et submontagnards. Xérosère des versants et hygrosère tourbeuse donnent à ce secteur de la Somme, une configuration paysagère et coenotique de haute originalité et étroitement dépendante des conditions géomorphologiques et climatiques caténales. 

Qualité et importance

Les intérêts spécifiques sont nombreux et élevés, surtout floristiques : 
-plantes supérieures avec 16 espèces protégées
-nombreuses plantes rares et menacées
-diversité du cortège des tourbières alcalines et des pelouses calcaires 
-isolats et limites d'aire
-diversité génétique des populations pelousaires
-présence d'une espèce de la directive : Sisymbrium supinum
-Bryophytes remarquables, notamment le groupe des sphaignes
-Richesse en orchidées

Intérêts faunistiques :
 - ornithologiques :
 	* avifaune paludicole nicheuse (rapaces, anatidés, passereaux notamment fauvettes, Blongios nain)
                  * plusieurs oiseaux menacés au niveau national (ZICO et ZPS pour partie)

- entomologiques : plusieurs insectes menacés dont odonate de la DHFF (Oxygastra curtisii)
- herpétologiques avec d'importantes populations de Vipère péliade
- malacologiques : 3 espèces de la Directive (Vertigo moulinsiana, Anisus vorticulus, Vertigo angustior)

Vulnérabilité

Actuellement la vallée de la Somme ne fonctionne plus comme un système exportateur : avec la régression ou la disparition des pratiques de fauche, pâturage, étrépage, tourbage, l'exportation de nutriments est insuffisante pour maintenir un état trophique correct du système. Il en résulte des phénomènes d'atterrissement et de minéralisation de la tourbe, de vieillissement des roselières, cariçaies, moliniaies au profit des mégaphorbiaies et fourrés hygrophiles. Ces processus ont été gravement accélérés par la pollution du cours de la Somme et les envasements qui l'accompagnent. Il s'en suit une perte importante de diversité et une régression progressive des intérêts biologiques. Pour être efficace, la gestion des habitats ne peut se concevoir globalement qu'à l'échelle de l'ensemble de la vallée et de son bassin versant, puis à l'échelle de chaque marais.