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FR2500084 - Récifs et landes de la Hague

Site de la directive "Habitats, faune, flore"

Base de référence : mai 2019.

Mise à jour annuelle de la liste SIC - publication au JO UE : 12/12/17 (à partir de la base : septembre 2016)

Identification du site

Type : B (pSIC/SIC/ZSC)

Code du site : FR2500084

Compilation : 30/11/1995

Mise à jour : 08/09/2017

Appelation du site : Récifs et landes de la Hague

Dates de désignation / classement :

  • pSIC : première proposition : 31/12/1997
  • pSIC : dernière évolution : 30/10/2008
  • SIC : Première publication au JO UE : 07/12/2004
  • SIC : Dernière publication au JO UE : 22/12/2009
  • ZSC : premier arrêté : 18/03/2015
  • ZSC : Dernier arrêté : 18/03/2015
Texte de référence
Arrêté de création du 18 mars 2015 portant décision du site Natura 2000 Récifs et landes de la Hague (zone spéciale de conservation)

Localisation du site
Coordonnées du centre (WGS 84) :
  • Longitude : -1,96139 (W 1°57'41'')
  • Latitude : 49,72278 (N 49°43'22'')
Superficie : 9 178 ha.
Pourcentage de superficie marine : 83 %
Altitude :
  • Min : -82 m.
  • Max : 180 m.
  • Moyenne : 63 m.
Régions biogéographiques :
Atlantique : 100%
Sous-région atlantique
Manche et Mer du Nord : 83%

REGION : BASSE-NORMANDIE
DEPARTEMENT : Manche (17%)
COMMUNES : Auderville, Beaumont-Hague, Digulleville, Éculleville, Gréville-Hague, Herqueville, Jobourg, Omonville-la-Petite, Omonville-la-Rogue, Saint-Germain-des-Vaux, Urville-Nacqueville, Vauville.

Carte de localisation

Description du site

Caractère général du site

Classes d'habitats Couverture
Mer, Bras de Mer 83%
Landes, Broussailles, Recrus, Maquis et Garrigues, Phrygana 12%
Marais (vegetation de ceinture), Bas-marais, Tourbières, 1%
Dunes, Plages de sables, Machair 1%
Forêts caducifoliées 1%
Galets, Falaises maritimes, Ilots 1%
Marais salants, Prés salés, Steppes salées 1%

Autres caractéristiques du site

La presqu'île granitique de la Hague présente une grande variété de milieux : baies, petites criques, cordons de galets, falaises abruptes prolongées en mer par des récifs et des platiers rocheux aux eaux très brassées. Les murets de pierres sèches ajoutent un cachet pittoresque à cet ensemble paysager exceptionnel. Le climat hyper-océanique et le sol pauvre impriment leur marque sur la végétation (vastes landes).
La surface des habitats naturels de la directive ont été précisés sur la base de leur cartographie établie par le Conservatoire Botanique de Brest. La part de certains habitats naturels par rapport à la superficie totale du site est de 1% dans le tableau 3.1. En réalité, une partie d'entre eux ont une part inférieure à 1% avec des surfaces limitées : 1330 (3.8 ha), 2190 (5 ha), 6430 (1.4 ha), 7120 (3.8 ha), 9180 (31.4 ha).
La part de DPM représente plus de 80% de la superficie du site.

Zone marine au large de la presqu'île de la Hague :

La zone marine permet de couvrir un panel bathymétrique important, jusqu'à la profondeur de 82 m. Les pentes sont relativement fortes et alternent souvent entre replats et tombants.
La pointe de la Hague est directement exposée aux vents et à la houle, ainsi qu'aux très forts courants de marée, illustrés par le Raz Blanchard entre la Hague et l'île d'Aurigny, qui peut atteindre les 12 nœuds (un des courants les plus forts d'Europe). Les dépôts sédimentaires sont donc limités aux éléments les plus grossiers (cailloutis 28% - cailloutis graveleux 9% - graviers caillouteux 22% - graviers 4%) ; le restant des fonds (37%) étant essentiellement rocheux, souvent sous forme de récifs immergés. On peut estimer la profondeur moyenne à environ 30 m.

Qualité et importance

Motivations pour la liste des autres espèces importantes de flore et de faune (rubrique 3.3) : 
     - protection réglementaire au niveau national ou régional ;
     - populations remarquables.

Zone marine au large de la presqu'île de la Hague :

La partie marine du site "Récifs et landes de la Hague" est principalement ciblée sur l'habitat d'intérêt communautaire "Récifs" (1170) a priori en bon état de conservation.
 
En effet, les substrats rocheux sous-marins offrent une stratification variée de communautés algales et animales, en fonction de la profondeur et des conditions hydrodynamiques. De ce fait, ils présentent souvent une grande biodiversité. Immergées dans leur totalité à marée haute, les zones rocheuses justifiant le site Natura 2000 sont plutôt soumises aux fortes actions hydrodynamiques (houle et courants de marée), et correspondent plus particulièrement à l'habitat décliné "Roche infralittorale en mode exposé". Elles sont constituées essentiellement par des récifs et des platiers rocheux, présentant tombants, trous et failles, et s'élevant jusqu'à 20 voire 30 m au-dessus des fonds. L'échancrure des platiers rocheux immergés permet parfois d'atténuer les conditions hydrodynamiques ce qui localement explique la présence, à échelle réduite, de l'habitat "Roche infralittorale en mode abrité".
Des peuplements de grandes algues brunes, les laminaires, se retrouvent sur ces secteurs. Laminaria digitata est régulièrement observée jusqu'à 8 m de profondeur. Laminaria hyperborea, qui affectionne les profondeurs les plus importantes, et dont la présence est majoritaire sur l'extension, s'observe quand à elle jusqu'à 13 m de profondeur. Ces "forêts" de laminaires permettent le développement d'une flore et d'une faune très diversifiées.
La présence de bancs de Modiolus modiolus, habitat inscrit sur la liste initiale de la convention OSPAR, reste à confirmer (Retière, 1979).
On note également la présence de plusieurs espèces de mammifères marins d'intérêt communautaire : le grand Dauhin (Tursiops truncatus), le Marsouin commun (Phoecena phoecena), le Phoque gris (Halichoerus grypus) et le Phoque veau-marin (Phoca vitulina). Leurs observations sont très ponctuelles et lorsqu'elles concernent les échouages, cela ne constitue pas une preuve d'exploitation du secteur, notamment par le fait qu'il est très exposé aux courants et à la houle. Toutefois, il est à noter que le nord du Cotentin, et plus particulièrement le cap de la Hague, constitue un " sas " pour la faune marine (zone de passage). Le Phoque gris, qui affectionne plutôt les côtes rocheuses, est l'espèce de pinnipède qui présente le plus d'occurrences d'observations sur le secteur, mais cela reste irrégulier et ne concerne que des individus isolés. Pour le Marsoouin commun, petit cétacé farouche, plutôt solitaire ou se déplaçant en petits groupes, il est observé de plus en plus souvent sur le littoral bas-normand en provenance de la mer du Nord. Espèce ciblée par Natura 2000 et la convention OSPAR, la France pourrait avoir une responsabilité forte dans le maintien de son aire de répartition.

Vulnérabilité

- Dynamique de fermeture des landes à bruyères qui, en l'absence de tout entretien, évoluent naturellement vers des landes hautes à ajonc ou à fougère grand-aigle.
- Fréquentation touristique importante aux abords des principaux panoramas (dérangement des colonies d'oiseaux, surpiétinement des milieux sensibles).
- Déprise agricole au niveau des parcelles présentant de fortes contraintes (accessibilité difficile, pentes) qui se traduit par l'enfrichement et l'embroussaillement des murets de pierres sèches si typiques de la Hague.
- Décharges sauvages sur l'ensemble du site, notamment sur le rivage.
- Pratique des incendies non contrôlés pouvant générer un appauvrissement de la richesse biologique.
- Eboulements au niveau des falaises.

Zone marine au large de la presqu'île de la Hague :
S'agissant d'un site proche de la côte, un certain nombre d'activités anthropiques s'y exercent (pêche professionnelle et de loisirs, sports nautiques…) qu'il conviendra d'identifier plus finement dès la phase de gestion. Leurs effets sur la conservation des habitats et des espèces d'intérêt communautaire, qu'ils soient positifs, négatifs ou neutres, restent à apprécier par l'amélioration des connaissances dans le cadre de l'élaboration puis de la mise en oeuvre du document d'objectifs du site ou de l'évaluation des incidences des éventuels projets à venir.

Les champs de laminaires, qui ont prévalu dans la proposition du site, constituent un habitat septentrional potentiellement menacé par le réchauffement climatique.

Des rejets d'eaux chaudes liés à l'activité de l'usine de traitement des déchets nucléaires de la Hague sont par ailleurs suceptibles de modifier les cortèges algaux et faunistiques en présence.