FR2601011 - Milieux humides et habitats à Chauves-souris de Puisaye-Forterre

Site de la directive "Habitats, faune, flore"

Base de référence : juin 2020.

Mise à jour annuelle de la liste SIC - publication au JO UE : 28/11/19 (à partir de la base : octobre 2018)

Identification du site

Type : B (pSIC/SIC/ZSC)

Code du site : FR2601011

Compilation : 31/05/1995

Mise à jour : 27/06/2013

Appelation du site : Milieux humides et habitats à Chauves-souris de Puisaye-Forterre

Dates de désignation / classement :

  • pSIC : première proposition : 31/12/1998
  • pSIC : dernière évolution : 27/07/2020
  • SIC : Première publication au JO UE : 07/12/2004
  • SIC : Dernière publication au JO UE : 26/11/2015
  • ZSC : premier arrêté : 27/05/2009
  • ZSC : Dernier arrêté : 10/02/2016
Localisation du site
Coordonnées du centre (WGS 84) :
  • Longitude : 3,00500 (E 3�00'17'')
  • Latitude : 47,62833 (N 47�37'41'')
Superficie : 2 348 ha.
Pourcentage de superficie marine : 0 %
Altitude :
  • Min : 178 m.
  • Max : 304 m.
  • Moyenne : 0 m.
Régions biogéographiques :
Atlantique : 99%

Continentale : 1%

REGION : BOURGOGNE
DEPARTEMENT : Nièvre (1%)
COMMUNES : Dampierre-sous-Bouhy.

DEPARTEMENT : Yonne (99%)
COMMUNES : Bléneau, Courson-les-Carrières, Fontaines, Hauts de Forterre, Merry-Sec, Mézilles, Moutiers-en-Puisaye, Saint-Fargeau, Saint-Martin-des-Champs, Saint-Privé, Saint-Sauveur-en-Puisaye, Saints-en-Puisaye, Thury, Treigny-Perreuse-Sainte-Colombe.

Carte de localisation

Description du site

Caractère général du site

Classes d'habitats Couverture
Forêts caducifoliées 49%
Eaux douces intérieures (Eaux stagnantes, Eaux courantes) 20%
Marais (vegetation de ceinture), Bas-marais, Tourbières, 10%
Prairies semi-naturelles humides, Prairies mésophiles améliorées 10%
Landes, Broussailles, Recrus, Maquis et Garrigues, Phrygana 5%
Autres terres arables 4%
Zones de plantations d'arbres (incluant les Vergers, Vignes, Dehesas) 1%
Rochers intérieurs, Eboulis rocheux, Dunes intérieures, Neige ou glace permanente 1%

Autres caractéristiques du site

La Puisaye bourguignonne apparaît comme un vaste plateau étagé. Depuis la basse Puisaye faiblement élevée et ondulée (caillasses et sables), la Puisaye des plateaux gagne légèrement en altitude et présente un caractère imperméable (limons et sables) parcouru de rivières. La hautes Puisaye constitue la partie la plus élevée du plateau (200 à 340m) et est très ondulée.
Dans la Forterre, le sol développé sur des calcaires Jurassique supérieur confère à cette forte terre un paysage ouvert de grands plateaux où la culture céréalière est prépondérante et intensive.

Qualité et importance

Ce site est constitué d'une mosaïque de milieux à fort intérêt patrimonial :

- Les gâtines sont des landes subatlantiques remarquables du point de vue botanique et biogéographique. Celles ci sont considérées comme les dernières représentantes de Puisaye. Elles sont marquées par la présence  d'espèces très rares et protégées en Bourgogne (Erica tetralix, Ulex minor, Spiranthes spiralis). Des espèces à affinité atlantique viennent réhausser l'intérêt de ces milieux : Hydrocotyle vulgaris, Ulex minor, Genista anglica, Teucrium scorodonia.
De petites zones tourbeuses sont disséminées dans ces landes humides ainsi que quelques boisements à base d'Aulne.

- Autour de ces parties humides et de landes, les peuplements forestiers, majoritaires en surface, jouent un rôle fonctionnel important vis à vis des conditions hydrauliques. Mais ils sont aussi, pour une grande partie d'entre eux, d'intérêt communautaire, même s'ils peuvent avoir été modifiés par les techniques sylvicoles.

- La vallée du Branlin reste une des rares vallées humides encore intactes du département de l'Yonne. Elle comporte une mosaïque de formations alluviales et marécageuses dont la station d'Osmonde royale est reconnue comme une des plus belles de Bourgogne. La flore présente est à dominante atlantique et relève des prairies et cariçaies des petites vallées alluviales. Les forêts alluviales sont des milieux rares à l'échelle du département. 

- Au contact des sables de Puisaye se sont développées sur le secteur des Proux des espèces de bas-marais. 
La tourbière du Saussois associe sur un espace relativement restreint une mosaïque de groupements végétaux divers d'intérêt communautaire : des tourbières à Sphaignes comblées, non comblées et boisées, des prairies de fauche inondables, des prairies humides marécageuses à grandes herbes, une forêt de bord des eaux à Aulne.

- Les berges exondées des étangs sont le support d'une végétation spécifique où l'on trouve plusieurs plantes rares et/ou protégées dont la Lobelie brûlante, la Littorelle à une fleur, L'Elatine à six étamines, le Flûteau fausse-renoncule... La Boulette d'eau est une petite fougère aquatique extrêmement rare en Bourgogne et protégée en France.
Ils peuvent être utilisés comme halte migratoire par de certains oiseaux.

- Les queues d'étangs paratourbeuses sont des complexes plus ou moins évolués composés de Sphaignes et d'espèces très adaptées à l'engorgement des sols dont certaines sont rares et protégées (Rossolis intermédiaire). A noter la présence de boisement tourbeux à base d'Aulne glutineux contenant l'Osmonde royale. 

- Le réseau des cavités de Forterre représente un fort enjeu pour les chauves-souris au niveau national (Courson-les-carrières, Merry-Sec, Taingy et Thury) et international (Molesmes). Ce réseau abrite d’anciennes carrières de calcaire. Chaque hiver, ce sont plus de 15 espèces qui se rassemblent. Ce qui fait de ce complexe de sites l’un des plus importants à l’échelle européenne. Une des trois cavités de Molesmes accueille la plus importantes population de chauves-souris en hibernation de la région avec une moyenne de 2 469 individus entre 2004-2014. Elle représente également le premier site régional en terme d’effectif pour l’hibernation du Grand Rhinolophe et du Grand Murin.

- L’entité de Saint Fargeau comprend un important gîte pour les chauves-souris d’intérêt communautaire. Le barrage du réservoir du Bourdon accueille la plus importante colonie de mise-bas de Bourgogne de Petit Rhinolophe, il constitue également un site d’hibernation particulièrement remarquable (deuxième site régional en termes d’effectifs). Une importante colonie de mise-bas de Murin à oreilles échancrées est également hébergée dans des bâtiments communaux.

Vulnérabilité

L'activité traditionnelle d'élevage (fauche et pâture) peu intensive a permis l'entretien des prairies humides et des cours d'eau qui les drainent. Actuellement l'abandon par l'agriculture des zones humides et des landes sèches a conduit à l'embuissonnement qui favorise un assèchement progressif et une simplification des cortèges floristiques, ou à des tentatives de valorisation : création d'étangs, plantations de peupliers ou de résineux.

Dans certaines conditions cependant, la naturalité des boisements spontanés leur confère une typicité intéressante au regard de la directive.

La gestion actuelle des étangs est assez bonne pour les habitats. Cependant, les aménagements des étangs pour les loisirs peuvent être préjudiciables : enrochements ou aménagements des berges, sur-fréquentation des queues d'étangs, plantation d'essences exotiques et desherbage des abords.

Les chauves-souris sont très sensibles au dérangement pendant la période de mise bas ou d'hibernation. Un aménagement ou des dérangements répétés liés à une surfréquentation humaine des lieux de vie (travaux, aménagement touristique, spéléologie, reprise d'exploitation de carrières) peuvent entraîner la mortalité de chauves-souris ou leur déplacement vers d'autres sites plus paisibles. La disparition des gîtes ou leur modification est une des causes du déclin des chauves-souris (travaux condamnant l'accès par les chauves-souris comme la pose de grillage dans les combles, fermeture de mines ou carrières souterraines, rénovation de ponts et d'ouvrages d'art, coupe d'arbres creux, modification des accès ou de la couverture végétale des cavités).  L'illumination des édifices publics perturbe la sortie des individus des colonies de mise bas, et l'éclairage public peut également affecter les insectes consommés par certaines espèces.
Les modes de gestion forestière favorisant les peuplements autochtones et diversifiés (gestion en futaie irrégulière, jardinée,taillis-sous-futaie) permettent de répondre favorablement aux exigences écologiques des différentes espèces de chauve-souris. A contrario, les traitements trop uniformes, notamment à base d'essences non autochtones, n'offrent pas les mêmes capacités d'accueil.