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FR4100168 - Pelouses à Obergailbach

Site de la directive "Habitats, faune, flore"

Base de référence : octobre 2018.

Mise à jour annuelle de la liste SIC - publication au JO UE : 12/12/17 (à partir de la base : septembre 2016)

Identification du site

Type : B (pSIC/SIC/ZSC)

Code du site : FR4100168

Compilation : 30/11/1995

Mise à jour : 30/09/2005

Appelation du site : Pelouses à Obergailbach

Dates de désignation / classement :

  • pSIC : première proposition : 31/07/2003
  • pSIC : dernière évolution : 31/07/2003
  • SIC : Première publication au JO UE : 07/12/2004
  • SIC : Dernière publication au JO UE : 07/12/2004
  • ZSC : premier arrêté : 13/04/2007
  • ZSC : Dernier arrêté : 13/04/2007
Localisation du site
Coordonnées du centre (WGS 84) :
  • Longitude : 7,23278 (E 7°13'58'')
  • Latitude : 49,12444 (N 49°07'27'')
Superficie : 153 ha.
Pourcentage de superficie marine : 0 %
Altitude :
  • Min : 275 m.
  • Max : 380 m.
  • Moyenne : 0 m.
Régions biogéographiques :
Continentale : 100%

REGION : LORRAINE
DEPARTEMENT : Moselle (100%)
COMMUNES : Obergailbach.

Carte de localisation

Description du site

Caractère général du site

Classes d'habitats Couverture
Prairies semi-naturelles humides, Prairies mésophiles améliorées 42%
Landes, Broussailles, Recrus, Maquis et Garrigues, Phrygana 35%
Pelouses sèches, Steppes 11%
Prairies ameliorées 10%
Autres terres (incluant les Zones urbanisées et industrielles, Routes, Décharges, Mines) 2%

Autres caractéristiques du site

Le site Natura 2000 « Pelouses d’Obergailbach » est situé à Obergailbach, dans le Parc Naturel Régional des Vosges du Nord. Il est en continuité avec la réserve naturelle allemande de Niedergailbach, elle-aussi incluse dans le réseau européen N2000. 
Le site est constitué d’un coteau d’exposition sud où se succèdent sur le plateau : des hêtraies-chênaies typiques et dans les pentes : les pelouses calcaires et marneuses et les prairies oligotrophes. En bas de pente, la forêt riveraine à Saule blancs se développe au contact du Gailbach, petit ruisseau à régime torrentiel, habitat du Chabot. 

Les menaces concernent les changements de pratiques agricoles : d'un côté l'abandon et l'embroussaillement concomitants, de l'autre l'intensification agricole.
Concernant le ruisseau, les menaces sont liées à la présence de plans d’eau et leur gestion et à la fréquentation du cours d’eau par le bétail.

Qualité et importance

La vaste superficie du site, avec une variété de pelouses et prairies présentant différents stades dynamiques, la diversité des habitats forestiers  et pré-forestiers, allant de la forêt de coteau à la forêt rivulaire  font du Coteau du Grundwiese un site naturel important en Lorraine. Les secteurs les plus secs, bien exposés, sont occupés par les pelouses calcaires et marneuses. Les prairies mésophiles leur succèdent le long du gradient hydrique. Enfin dans les secteurs les plus humides se développent des prairies méso-hygrophiles, oligotrophes qui abritent des espèces particulièrement rares : Succise des prés, Serratule des teinturiers, Orchis à larges feuilles, Orchis bouffon, Orchis maculé, Laîche bleuâtre.

Les habitats forestiers, localisés sur le coteau, sont représentés sur les plus anciennes cartes d’occupation des sols de la Lorraine (Carte des Naudin). Sans doute exploitées depuis le Moyen Age, les forêts ont été largement modifiées pour répondre aux besoins sylvicoles locaux mais possèdent malgré tout un intérêt écologique en terme d’habitat et notamment au titre de la directive « Habitats ». Dans la vallée, les boisements résultent d’une régénération relativement « récente » puisque les sols étaient historiquement déforestés et utilisés comme prairie (vers 1740). La recolonisation forestière s’est produite tout au long du XXe siècle et peut-être même déjà antérieurement. 
Le cours d'eau (le Gailbach) abritait l'Ecrevisse des torrents (Austropotamobius torrentium), espèce très rare en France et limitée à quelques stations connues dans le Bas-Rhin et en Haute-Savoie. Cette espèce est aujourd’hui considérée comme éteinte en Moselle. 
Le cours d’eau abritait aussi l’Ecrevisse à Pattes rouges, autochtone, elle aussi décimée par un épisode de peste de l’écrevisse constaté en 2016 par l’AFB. 

Vulnérabilité

L’urbanisation ou encore le retournement (mise en culture) constituent des menaces pour les habitats ouverts mais sont actuellement non présents sur ce site. 
Il convient de rester vigilant concernant l’urbanisation des habitats ouverts en bordure des voies d’accès.

L’état de conservation des habitats de pelouses calcaires (6210) sur le site d’Obergailbach dépend de deux facteurs : 
- un facteur naturel lié à la dynamique forestière qui suit la trajectoire suivante : pelouse ouverte, pelouse ourléifiée, ourlet, fourré arbustif. 
- un facteur anthropique lié à une trop forte pression agricole (utilisation en pâturage permanent) : pelouse prairiale, pâture sèche. Selon l’intensité du pâturage mis en place, la pelouse mésophile à Brome érigé et à Fromental disparait au profit d’un habitat de pâturage sec, plus fréquent en Lorraine. 

Pour la pelouse marneuse (6210-, la dynamique naturelle conduit au développement de la Molinie qui produit une litière importante qui empêche les plantes plus basses de se maintenir. Nous n’observons que 3 stades dynamiques sur le site ; l’habitat de pelouse diversifiée présente le plus d‘enjeu, il sera considéré comme un bon état de conservation de l’habitat, l’appauvrissement en espèces caractéristiques de l’habitat et la modification de la structure par dominance de la Molinie bleuâtre conduit à désigner un état de conservation moyen. Enfin, l’ombrage porté par les ligneux accentue cette dégradation de l’habitat, il sera alors considéré mauvais état de conservation. 

L’habitat de prairie mésophile (6510) dépend de l’activité agricole pour son maintien mais l’historique des parcelles et les pratiques agricoles actuelles sont autant de facteurs ne permettant pas d’observer un bon état de conservation partout. 

L’habitat de Hêtraie-chênaie (9130-5) verrait son état de conservation amélioré avec les mesures suivantes :  
- Maintenir et favoriser le mélange des essences indigènes (Alisier torminal, Erables, Chêne sessile)
- Eviter la transformation des peuplements (vers des plantations monospécifiques de résineux par exemple).
- Régénération naturelle à privilégier
- Maintien d’arbres morts ou vieillissant sans intérêt commercial (~5 individus/ha), les arbres retenus seront éloignés d’éventuels chemins.

La saulaie arborescente à Saule blanc (91E0*) dépend de la préservation du cours d’eau et de sa dynamique. Il est recommandé d’éviter les transformations. L’exploitation doit se limiter à quelques arbres avec maintien d’un couvert permanent. Dans un contexte plus forestier, le développement d’une saulaie-galerie est à privilégier. Des précautions particulières sont à prendre pour les prélèvements d’arbres afin d’éviter l’introduction d’espèces envahissantes. Il est conseillé de maintenir les arbres sénescents sur place sans effectuer de coupe.

Pour le Chabot et l’Ecrevisse des torrents, la principale menace réside dans les accès non aménagés pour l’abreuvement des bovins (en cours d’amélioration). Le cours d’eau semble relativement préservé de toute pollution potentielle d’origine agricole par son environnement immédiat qui est très diversifié (ripisylve importante, zones en herbe en bordure, pas de culture à proximité). L’importance de la ripisylve, la présence des prairies, l’éloignement des cultures et de nombreuses haies sont des facteurs de garantie du maintien de cette qualité. 

Par ailleurs, la présence de petits plans d’eau artificiels est un facteur majeur car entraîne une perte de qualité physico-chimique des eaux (altération des débits, colmatage, réchauffement, introduction d’espèces non autochtones, …).

Toute fréquentation de grand public en bordure du Gailbach est de nature à avoir un impact indirect sur les espèces d’intérêt communautaire du ruisseau au regard de la nécessité de coupe d’arbres préventive à la chute et à la sécurisation d’un chemin emprunté par du public.

Au regard des risques existants de propagation de pathogènes ou introduction d’espèces invasives ou porteuses saines de pathogènes face à la fragilité des populations d’écrevisses autochtones (après réintroduction), il convient d’être particulièrement vigilant concernant ces point sur le Gailbach (alevinage et pêches surveillés, désinfection du matériel, pêches électriques restreintes...)