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FR4301282 - Tourbières et ruisseaux de Mouthe, source du Doubs

Site de la directive "Habitats, faune, flore"

Base de référence : septembre 2017.

Mise à jour annuelle de la liste SIC - publication au JO UE : 09/12/16 (à partir de la base : septembre 2015)

Identification du site

Type : B (pSIC/SIC/ZSC)

Code du site : FR4301282

Compilation : 30/11/1995

Mise à jour : 31/12/2011

Appelation du site : Tourbières et ruisseaux de Mouthe, source du Doubs

Dates de désignation / classement :

  • pSIC : première proposition : 30/09/2004
  • pSIC : dernière évolution : 30/06/2005
  • SIC : Première publication au JO UE : 13/11/2007
  • SIC : Dernière publication au JO UE : 13/11/2007
  • ZSC : premier arrêté : 03/05/2014
  • ZSC : Dernier arrêté : 03/05/2014
Texte de référence

Localisation du site
Coordonnées du centre (WGS 84) :
  • Longitude : 6,20167 (E 6°12'06'')
  • Latitude : 46,70556 (N 46°42'20'')
Superficie : 124 ha.
Pourcentage de superficie marine : 0 %
Altitude :
  • Min : 933 m.
  • Max : 1 068 m.
  • Moyenne : 948 m.
Régions biogéographiques :
Continentale : 100%

REGION : FRANCHE-COMTÉ
DEPARTEMENT : Doubs (100%)
COMMUNES : Mouthe.

Carte de localisation

Description du site

Caractère général du site

Classes d'habitats Couverture
Prairies semi-naturelles humides, Prairies mésophiles améliorées 66%
Marais (vegetation de ceinture), Bas-marais, Tourbières, 17%
Forêts caducifoliées 5%
Autres terres arables 5%
Eaux douces intérieures (Eaux stagnantes, Eaux courantes) 4%
Landes, Broussailles, Recrus, Maquis et Garrigues, Phrygana 2%
Autres terres (incluant les Zones urbanisées et industrielles, Routes, Décharges, Mines) 1%

Autres caractéristiques du site

Le bourg de Mouthe est installé au coeur d’un val qui s’étend de Métabief à Foncine-le-Bas, limité au sud par la forêt du Noirmont. Surcreusé par les glaciers de l'ère Quaternaire, ce val est rempli de dépôts imperméables à l’origine des milieux humides qui le composent actuellement. 
La petite vallée est parcourue par le Doubs qui y prend sa source à 937 m d’altitude, sous forme d’une exsurgence des calcaires portlandiens de la retombée nord occidentale de l'anticlinal du Risoux. Le ruisseau du Cébriot est l'autre cours d'eau qui irrigue cette combe typique du relief jurassien.

Le site recouvre la source du Doubs, la tourbière qui l'enserre, une seconde tourbière à l’est de Mouthe et les ruisseaux du Cébriot et du Cul du Bief.

Qualité et importance

Une tourbière est un écosystème particulier. Son microclimat a permis le développement d'espèces boréo-arctiques, caractéristiques des régions nordiques de l'Europe. Les tourbières sont d'importants réservoirs hydriques et jouent un rôle régulateur dans la circulation complexe des eaux superficielles et souterraines de la région.

Dans le Massif du Jura, les facteurs climatiques, amplifiés par l'altitude, sont propices à l’installation de tourbières : forte pluviométrie, basses températures et absence de périodes sèches de longue durée. La genèse d’une tourbière remonte à plus de 10 000 ans. A l’origine, les glaciers se sont retirés de la région et ont laissé place à des cuvettes imperméabilisées remplies d’eau. Progressivement ces plans d’eau se sont comblés et ont favorisé la formation de bas-marais alcalins (- 6000 ans). Le développement d’un réseau karstique et la proximité de dolines permettant l’évacuation des eaux de ruissellement, induit la création, au sein du bas-marais alcalin, d’îlots soustraits à l’influence des eaux carbonatées. Ces îlots, sous l’influence d’un climat froid, sont alors alimentés uniquement par les précipitations abondantes. Un milieu acide se met en place peu à peu. La végétation se spécialise alors avec l'installation de sphaignes qui constituent de vastes coussins. Leur croissance en dôme et en cercles concentriques crée un ensemble qui se bombe et s’élargit progressivement en tourbière bombée ou haut-marais acide qui finit par évoluer jusqu’au stade climacique* : assèchement, installation des éricacées et quelquefois du pin à crochets. Il est rare que cette tourbière colonise tout le bas-marais alcalin, on parle alors de tourbière mixte. Un marais de transition très humide et riche en espèces se développe fréquemment au contact du bas marais alcalin et du haut-marais.

Les différentes tourbières observées à Mouthe sont des tourbières jurassiennes typiques. On distingue un bas-marais alcalin qui évolue progressivement vers un haut-marais acide, c’est une tourbière mixte. Elles recèlent une flore remarquable et caractéristique ainsi que la présence de deux espèces exceptionnelles en France : le bouleau nain et la laîche étoile des marais.
Le marais des Seignes héberge une importante population de damier de la succise. C’est un papillon dont la chenille se nourrit de feuilles de succise des prés, une dipsacacée qui croît dans des prairies humides. 

En plus de son intérêt paysager, la source du Doubs permet le développement de mégaphorbiaies d'altitude (végétation à hautes herbes plutôt hygrophiles) et d'une importante végétation fontinale. 
Il s’agit également de la référence franc-comtoise en terme de suivi de la qualité physico-chimique des eaux.

L'eau crée également des conditions favorables à la vie des amphibiens et reptiles ; on y recense les tritons alpestre et palmé et le lézard vivipare.

Vulnérabilité

Le site voisine quelques installations sportives et touristiques qui donne lieu à des activités spécifiques : visite de la source du Doubs en été, remontées mécaniques en hiver et urbanisation (zone d’activités). Il convient d’en maîtriser les impacts sur les milieux naturels.
Autrefois, la tourbière à l'est de Mouthe a été exploitée. Aujourd'hui les processus naturels ont repris une dynamique qui confère à ce site un fort intérêt écologique. Ainsi les fosses de recolonisation abritent de nombreux bouleaux nains très vigoureux.
Le ruisseau de Cébriot est potentiellement dans un bassin versant pouvant être soumis à une charge organique. La surveillance à l’amont des éventuels rejets, notamment domestiques, est l'un des enjeux de la gestion du site ainsi que l'interdiction du creusement, plus à l’aval, de mares ou d’étangs.