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FR5212016 - Mers Celtiques - Talus du golfe de Gascogne

Site de la directive "Oiseaux"

Base de référence : décembre 2019.

Identification du site

Type : A (ZPS)

Code du site : FR5212016

Compilation : 07/02/2017

Mise à jour :

Appelation du site : Mers Celtiques - Talus du golfe de Gascogne

Dates de désignation / classement :

  • ZPS : Premier arrêté : 18/01/2018
  • ZPS : Dernier arrêté : 11/12/2018
Localisation du site
Coordonnées du centre (WGS 84) :
  • Longitude : -6,07500 (W 6�04'30'')
  • Latitude : 47,64000 (N 47�38'24'')
Superficie : 7 186 094 ha.
Pourcentage de superficie marine : 100 %
Altitude :
  • Min : 0 m.
  • Max : 0 m.
  • Moyenne : 0 m.
Régions biogéographiques :
Atlantique : 100%
Sous-région atlantique
Mers Celtiques : 31%

Golfe de Gascogne et côtes ibériques : 69%
.

Carte de localisation

Description du site

Caractère général du site

Classes d'habitats Couverture
Mer, Bras de Mer 100%

Autres caractéristiques du site

Localisé au-delà de la mer territoriale, ce secteur de l’Atlantique exclusivement marin est situé au large des côtes bretonnes et tout le long du talus du golfe de Gascogne, marquant la transition entre le plateau continental et la plaine abyssale. Il s’appuie : 
- sur la limite de la Zone Économique Exclusive (ZEE) au Nord ;
- sur la limite des 12 milles à l’ouest de la Bretagne;
- sur la limite des zones de plus forts enjeux pour les oiseaux marins.
La cohérence avec le périmètre relevant de la directive Habitats Faune Flore a été en grande partie recherchée : le périmètre défini pour les mammifères marins et celui défini pour les nombreuses espèces d’oiseaux marins se superposent très largement (86,6 %) pour faciliter la gestion future des sites. 

Le golfe de Gascogne se caractérise par un très large plateau continental dans sa partie septentrionale avec une distance de 300 km à l’ouest de l’île d’Ouessant, il se réduit progressivement vers le sud à 30 km au large du Pays Basque (Herbert, 2012). Le plateau continental est majoritairement occupé par du sable et de la vase (Populus, 2012) et la roche est confinée aux abords du massif armoricain (sud Bretagne) et des Pyrénées (Pays Basque) avec quelques potentiels plateaux rocheux mal connus au large au centre de ce plateau (Garlan & Marchès, 2012). Même s’il y a potentiellement des zones de substrat rocheux sur le plateau continental au-delà des 12 milles nautiques (Garlan & Marchès, 2012), il n’y a pas de données biologiques récentes ou d’informations biologiques provenant des experts scientifiques qui pourraient indiquer une présence certaine de l’habitat « récifs » 1170 (à l'exception du plateau de Rochebonne).
En France, il y a donc une succession de canyons présentant une morphologie particulièrement complexe (présence de ravines, de chenaux, de zones d’effondrement, de crêtes, de marches, de falaises...) et séparés par des interfluves (Bourillet & al., 2006 ; Bourillet & al., 2011 in Guillaumont & al., 2012).
La topographie particulière des canyons interagit avec les processus hydrodynamiques dominants le long des marges, que ce soient les courants dus au vent ou les courants de marée, pour créer des phénomènes d'upwelling ou de downwelling (Allen & Durrieu de Madron, 2009). D’après Menot & Van den Beld (2013), les canyons peuvent canaliser les flux de particules et de matière organique du plateau continental vers la plaine abyssale (Canals & al., 2006 ; Khripounoff & al., 2009), constituer des centres de dépôts sédimentaires (Oliveira & al., 2007) et des puits de carbone (van Weering & al., 2002).
L'amplitude variable et les interactions complexes de ces processus produisent une grande hétérogénéité de conditions édaphiques, hydrodynamiques et trophiques tant à l'échelle d'une région qu'à l'échelle d'un canyon (Menot & Van den Beld, 2013). Cette hétérogénéité des conditions environnementales tendrait à accroître la diversité benthique (Schlacher & al., 2007) et l’éventail des formes de l’habitat récif « 1170 » qui pourrait se trouver dans et autour des canyons. Plus spécifiquement, d’après Goujard & Fourt (2014), la topographie abrupte (Bourillet & al., 2012), le substrat fréquemment dur, la faible température, la courantologie, les eaux chargés en matière organique labile et en zooplancton, font du talus continental du golfe de Gascogne, une zone privilégiée pour les scléractiniaires (coraux durs) en particulier au Nord-Ouest du golfe (Reveillaud & al., 2008 ; Huvenne & al., 2011 ; De Mol & al., 2011 ; Davies & al., 2008).
Ces conditions hydrographiques particulières impliquent également l’existence d’un réseau trophique particulièrement riche et complexe et expliquent les concentrations importantes de prédateurs supérieurs dont les mammifères et oiseaux marins.

La partie nord du site situé sur le plateau continental est caractérisée par des « méga-dunes » de sables qui  recouvrent toute la partie médiane de cette région et sont orientés perpendiculairement au rebord de la pente continentale. Leurs dimensions sont de l'ordre de 35 m de hauteur, 5 km de large et 100 km de long. L'origine du sable est probablement d'origine deltaïque avec une mise en place aux époques glaciaires lorsque le niveau marin étant 120 m plus bas et qu'un fleuve coulait dans la Manche et débouchait en Mer Celtique. 
On note également dans les zones de l'espérance et de la Chapelle, la présence de dunes, orientées parallèlement au rebord du talus et pouvant atteindre jusqu’à 16m d’amplitude. Leur dynamique actuelle est mal définie mais leur morphologie montre des structures migrant vers le continent et d’autre vers le large, mettant en évidence une action des courants de flot et de jusant, mais aussi des ondes internes. Ces habitats de dunes sont des secteurs privilégiés d’alimentation pour les prédateurs supérieurs.

Enfin l’extrémité nord Ouest du site est caractérisé par une zone de profondeur intermédiaire entre les abysses et le plateau : la Terrasse de Meriadzek. Le fonctionnement de ce secteur vis-à-vis des prédateurs supérieurs n'est pas connu à ce jour.

4.1.1. commentaire général sur les données et les analyses produites au 4.2

Quand les proportions des effectifs varient significativement entre été et hiver, l'approche précautionneuse a été de renseigner les proportions de la saison les plus élevées.

Qualité et importance

Les données mobilisées proviennent des campagnes SAMM (Suivi Aérien de la Mégafaune Marine) de comptage aérien des mammifères et oiseaux marins, en été et en hiver, qui ont permis d’avoir des données homogènes sur l’ensemble des eaux françaises. Le principe d’analyse à l’aide de Marxan repose sur la recherche de complémentarité des grands secteurs afin d’obtenir une sélection optimale de secteurs importants permettant de couvrir globalement chaque espèce considérée. La présence des espèces dans les sites Natura 2000 en mer existants en proche côtier a également été prise en compte pour chercher les compléments les plus pertinents au large. Les analyses ont été complétées par des échanges avec les experts scientifiques afin d’aboutir à la proposition d’un nouveau site Natura 2000 au-delà de la mer territoriale sur la façade Atlantique.

Des observations de la mégafaune marine ont également été réalisées par des scientifiques embarqués sur les campagnes halieutiques de l’Ifremer (EVHOE, PELGAS, ..). Ces suivis sur plateforme maritime ont permis de compléter les données aériennes pour l’évaluation des variations interannuelles et la compréhension du lien fonctionnel proie-prédateurs qui régit ces écosystèmes. 

Il a été désigné en raison de la présence d'un grand nombre d'espèces d'oiseaux marins, dont certains en abondance plus ou moins grande selon les saisons. En hiver, le site est majoritairement fréquenté par des oiseaux marins qui se reproduisent en été dans le nord de l'Europe (Grande Bretagne, Islande, Norvège). Il s'agit notamment du fulmar boréal, du fou de Bassan, du grand labbe qui privilégient les eaux d'une profondeur inférieure à 1000m en hiver et de la mouette tridactyle qui privilégie les eaux moyennement dynamiques et fraîches du plateau continental et du talus.

Le groupe des grands puffins est quasiment absent de la ZEE française en hiver. Relativement abondants dans le golfe de Gascogne en été, on les rencontre en fortes densités au-delà du talus, dans des eaux à faibles gradients de température et peu dynamiques.

Les océanites tempête sont plus abondants en été quand ils retournent sur les sites de nidification en Atlantique (îles et îlots bretons principalement). L’été, les océanites se concentrent au sud du Finistère, dans une zone productive au bord du plateau continental, connue pour ses remontées d’eau froide en surface

Vulnérabilité

4.1.2. remarques générales sur les menaces, pressions et activités ayant une incidence sur le site
La zone marine concernée par la  zone de protection spéciale est fréquentée par des navires de pêche en provenance de toute la façade Atlantique française mais aussi par des navires étrangers, notamment espagnols. Elle est traversée par la voie de circulation majeure et significative entre les dispositifs de séparation du trafic de Ouessant et le Cap Finistère. Ainsi, un certain nombre d’activités anthropiques s’y exercent qu’il conviendra d’identifier plus finement lors de la phase de gestion. 

Le site comporte de nombreuses zones d'activités Défense spécifiques aériennes (patrouilles opérationnelles de surveillance aérienne, zones d’entraînement et de survol aérien très basse altitude, zones d’entraînement au tir D16A, D16C et D16E depuis un aéronef) et de surface (patrouilles opérationnelles de surveillance, missions de sauvetage (secours à la personne, remorquage, lutte antipollution), zones d’entraînement au tir D16A, D16C et D16E pour les navires de la marine).

Il est aussi concerné par des activités de pêche professionnelle, différents métiers y étant pratiqués (chalut pélagique, chalut de fond, senne danoise, filet, ligne et palangre). Les navires concernés proviennent de nombreux quartiers maritimes bretons et ligériens.

Les effets de ces activités sur la conservation des populations d'oiseaux marins ayant justifié la désignation du site, qu’ils soient positifs, négatifs ou neutres, restent à apprécier par l’amélioration des connaissances dans le cadre de l’élaboration puis de la mise en œuvre du document d’objectifs ou de l’évaluation des incidences des éventuels projets à venir. A cet effet, l’amélioration des connaissances sur les effets de la pêche sur les espèces concernées et l’incitation au développement et à l’expérimentation des équipements et des pratiques de pêche innovants sont déjà des premières mesures prévues dans le cadre du plan d’action pour le milieu marin adopté le 8 avril 2016.

Tout projet anthropique (énergie marine renouvelable, pose ou dépose de câbles sous-marins, exploitation minière, …) sera soumis au régime d’évaluation des incidences Natura 2000.