FR8201676 - Sables du Tricastin

Site de la directive "Habitats, faune, flore"

Base de référence : juin 2020.

Mise à jour annuelle de la liste SIC - publication au JO UE : 28/11/19 (à partir de la base : octobre 2018)

Identification du site

Type : B (pSIC/SIC/ZSC)

Code du site : FR8201676

Compilation : 31/12/1995

Mise à jour : 18/03/2020

Appelation du site : Sables du Tricastin

Dates de désignation / classement :

  • pSIC : première proposition : 30/04/2002
  • pSIC : dernière évolution : 27/07/2020
  • SIC : Première publication au JO UE : 19/07/2006
  • SIC : Dernière publication au JO UE : 19/07/2006
  • ZSC : premier arrêté : 14/09/2015
  • ZSC : Dernier arrêté : 14/09/2015
Localisation du site
Coordonnées du centre (WGS 84) :
  • Longitude : 4,83249 (E 4�49'56'')
  • Latitude : 44,40370 (N 44�24'13'')
Superficie : 1 963,8 ha.
Pourcentage de superficie marine : 0 %
Altitude :
  • Min : 65 m.
  • Max : 372 m.
  • Moyenne : 188 m.
Régions biogéographiques :
Méditerranéenne : 100%

REGION : RHÔNE-ALPES
DEPARTEMENT : Drôme (100%)
COMMUNES : Baume-de-Transit, Bouchet, Chantemerle-lès-Grignan, Réauville, Roussas, Saint-Restitut, Suze-la-Rousse, Valaurie.

Carte de localisation

Description du site

Caractère général du site

Classes d'habitats Couverture
Agriculture (en général) 32%
Forêts de résineux 21%
Forêts caducifoliées 20%
Autres terres (incluant les Zones urbanisées et industrielles, Routes, Décharges, Mines) 8%
Forêts sempervirentes non résineuses 7%
Prairies semi-naturelles humides, Prairies mésophiles améliorées 5%
Landes, Broussailles, Recrus, Maquis et Garrigues, Phrygana 3%
Forêt artificielle en monoculture (ex: Plantations de peupliers ou d'Arbres exotiques) 1%
Autres terres arables 1%
Pelouses sèches, Steppes 1%
Marais (vegetation de ceinture), Bas-marais, Tourbières, 1%

Autres caractéristiques du site

Le site se trouve au sein de la région naturelle du Tricastin, vaste bassin sédimentaire tertiaire à l’est du sillon rhodanien à la hauteur de Valréas. Le secteur nord, sur les communes de Valaurie, Réauville, Roussas et Chantemerle-les-Grignan, correspond à une zone de transition entre les coteaux du Tricastin et la plaine alluviale de la Berre. Le secteur sud est une zone vallonnée située entre les plaines alluviales du Lez et du Lauzon.  
Le paysage local est constitué de petites collines boisées au relief peu accentué et de faible altitude : 261 m pour le point culminant au lieu-dit « Plan Long ». Le Tricastin est un district naturel largement modelé par les activités agricoles (vignes, primeurs) qui se sont développées sur d'anciennes zones humides ayant été drainées. Les formes arrondies du relief sont dues à la présence de roches tendres comme la molasse gréseuse, mais aussi de zones sableuses.
On retrouve sur le site les formations suivantes :
- sables glauconieux et marneux de l’Albien (Ravin des temples, le Serre Rouge) ;
- sables jaunes du Coniacien (Etang Saint-Louis et ses flancs) ;
- marnes oligocènes du Stampien (colline de Plan Long) ;
- molasses gréseuses calcaréo-marneuses burdigaliennes (petit bassin proche de Réauville : la Glacière, la Grenoble) et de Grignan (grande partie du secteur sud du site dont le secteur de Pié-Cros et de la Chapelle Saint Sépulcre à Saint-Restitut).

Le site apparaît particulièrement important pour la conservation des végétations de pelouses sableuses (sur molasse gréseuse et sables coniaciens exclusivement).

Qualité et importance

Le site « Sables du Tricastin » a été désigné pour la présence des habitats naturels singuliers des zones sableuses, l’originalité de la zone humide de l’Etang Saint-Louis et la présence d’importantes colonies de chauves-souris qui s’y alimentent et se reproduisent dans plusieurs gîtes.

Il comprend trois milieux principaux : les milieux sableux xérophiles qui accueillent une végétation méditerranéenne remarquable, les milieux humides tels que la zone humide de l’Etang Saint-Louis en cours d’atterrissement ou les prairies humides (plan de la Gaffe) et enfin les milieux forestiers (chênaies vertes, ripisylves). Les forêts sont largement dominantes au sein du site, suivies par les milieux cultivés. Au nord, dominent les forêts de feuillus alors qu’au sud, ce sont les forêts de résineux qui sont les plus étendues. 

Au nord, les enjeux habitats se concentrent autour de Réauville (la Sablière, la Glacière et les vieux boisements de Chênes), le plan de la Gaffe, et les secteurs de prairies humides (Ravin du Temple, Serre Rouge, Plan Long). Au Sud, l’étang Saint Louis, les secteurs du pelouses sableuses de Saint Restitut, les milieux souterrains artificiels (tunnel du Chateau de la Borie, ancienne mine de Saint Restitut) et les zones alluviales du Lez rassemblent les principaux enjeux en termes d’habitats.

L’étang Saint-Louis est un site exceptionnel constituant l’un des rares étangs naturels de plaine qui préexistait avant l’arrivée de l’Homme sur ce territoire. Autre caractéristique importante de ce secteur, ce sont les pelouses xériques sur sables du coniacien qui entourent l’étang et tapissent le fond au-delà de la couche de tourbe. Ces pelouses hébergent des espèces végétales parfois rarissimes au nord de la Méditerranée, telle que la Loeflingie d’Espagne (Loeflingia hispanica). Le site héberge en outre vingt espèces patrimoniales de flore, dont 11 très rares concentrées principalement sur l’étang St-Louis, les zones de sable ou la mare de Réauville. Par ailleurs, les abords de cet étang abritent une population de Pélobate cultripède et la gestion menée sur cet étang par le CEN (Conservatoire des espaces naturels) Rhône-Alpes dans les années 90 a permis la concentration de nombreuses espèces d’Odonates patrimoniales.

Les zones de Pié-Cros et de la Chapelle Saint Sépulcre concernent les rebords Sud et Nord du plateau de Saint-Restitut. la flore présente à Saint-Restitut associe deux facteurs très localisés dans la Drôme : la présence de sables et l’aspect méditerranéen. En conséquence de quoi se développent sur le site des végétations singulières, rares en Drôme et uniques dans la région Rhône-Alpes. Les pentes du plateau présentent ici, de part et d'autre des virages de la route, des reliefs gréseux remarquables, sculptés par le vent et la pluie. Les petites falaises ainsi constituées se dégradent en sables. On distingue sur ce secteur des habitats forestiers (forêt de chênes verts et de pins d’Alep) et des secteurs plus ouverts et singuliers en Drôme constitués de végétations à annuelles sur sols compacts (lithosols de l’Alysso Sedion) et de pelouses annuelles sur arènes siliceuses (Thero-Airion). Sur les sables “mous”, se spécialisent des végétations et des espèces moins communes. C’est ainsi que l’on peut observer des espèces très rares,  bien implantées ici, l’Anarrhine à feuilles de pâquerettes (Anarrhinum bellidifolium) ou l’Orcanette des teinturiers (Alkanna matthioli). Cette belle plante fait partie d’un cortège accomplissant son cycle très tôt (mars-avril), parmi lequel on peut citer : le Pavot douteux (Papaver dubium), petit coquelicot rouge pâle, rare dans le sud du département, mais aussi des plantes des sables comme le Psilure courbé (Psilurus incurvus), les Silènes à petites feuilles et conique (Silene otites, S. conica), etc. Là où le sol fait défaut, enfin, c’est un autre cortège très précoce qui s’épanouit discrètement, celui des annuelles, parmi lesquelles la Clypéole (Clypeola jonthlaspi), différents Céraistes (Cerastium sp.), l’Hutchinsie des pierres (Hornunghia petraea), etc. Ces milieux chauds, secs, arides même, surtout en été,sont bien appréciées par tout un ensemble d'espèces méditerranéennes. Une petite population de Psammodrome d'Espagne est connue sur ces pentes. Le Psammodrome d'Espagne est un petit lézard méditerranéen à longue queue, qui trouve ici sa limite nord d’aire de distribution. Des espèces particulières, comme le Silène conique, le Silène à petites fleurs et le Ciste à feuille de sauge, colonisent les pelouses sableuses. Des boisements de Chênes verts viennent compléter le paysage. 

Les ripisylves présentes sur le site, et notamment celle du Lez, constituent un ensemble remarquable d’habitats alluviaux reconnus d’intérêt communautaire. Ces forêts riveraines forment par ailleurs des habitats d’espèces de première importance qui assurent une continuité écologique au cœur des secteurs occupés par les grandes cultures.

Le site « Sables du Tricastin » est très important pour les chauves-souris en raison de la présence en son sein de quatre gîtes majeurs de reproduction en bâti : une ferme du hameau de Saint-Torquat, le pont sur le Lez PC 115, le tunnel de drainage du Château de La Borie et l’ancienne mine de Saint Restitut. Un autre gîte important se trouve dans l’Abbaye d’Aiguebelle, située au nord du site, hors périmètre actuel. Parmi la vingtaine d'espèces de chiroptères recensées, huit espèces d’intérêt communautaire fréquentent la zone d’étude. Certaines espèces présentent des effectifs d’importance régionale voire nationale. Le Minioptère de Schreibers se concentre de manière exceptionnelle dans le tunnel de la Borie (colonie majeure pour la région Auvergne Rhône-Alpes et pour la France en général) avec des effectifs ayant atteint plus de 8 000 individus en 2018. Cette même colonie accueille environ un millier de Grands et Petits Murins. Le Murin à oreilles échancrées est présent en effectif important dans l’Abbaye d’Aiguebelle et à Saint-Torquat (plus de 1500 individus). Les gîtes paraissent peu menacés. Ces espèces de chauves-souris sont toutes liées à la présence de boisements mâtures, de corridors de déplacement (haies, ripisylves) et à la mosaïque de milieux qui leur assurent alimentation et gîtes. Leur état de conservation est bon à satisfaisant pour le Murin de Beichstein, le Murin à oreilles échancrées, le Grand Rhinolophe et le Minioptère de Schreibers et inconnu pour les autres.

Le ruisseau de la Gaffe sur Réauville et le cours du Lez (Bouchet, Suze-la-Rousse, La Baume de Transit) accueillent une population d’Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale). La rivière de la Vence abrite une population remarquable d’écrevisses à pattes blanches.

Vulnérabilité

Vulnérabilité : 

Les zones humides de l’Etang Saint-Louis et de la mare de Réauville ont tendance à l'atterrissement.
La fermeture des milieux ouverts est une menace sur l’ensemble du site.
La mare temporaire de Réauville a été acquise par la commune. 
L’étang Saint-Louis et l’ancienne carrière adjacente sont en propriété privée.
Les molasses gréseuses font l’objet de pillage de gisements fossilifères (Réauville, Saint Restitut),
Ponctuellement des habitats fragiles font l’objet de fréquentation humaine ou de pratiques (moto-cross) qui conduisent à la dégradation des habitats sur sables ou dalles rocheuses (secteur de Pié-Cros à Saint Restitut).
Le prélèvement de bois énergie en ripisylve constitue une menace forte pour le bon état de conservation des ripisylves du Lez, de la Berre et de la Vence.