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FR8210106 - Massif du Bargy

Site de la directive "Oiseaux"

Base de référence : septembre 2017.

Identification du site

Type : A (ZPS)

Code du site : FR8210106

Compilation : 31/01/1998

Mise à jour : 20/02/2015

Appelation du site : Massif du Bargy

Dates de désignation / classement :

  • ZPS : Premier arrêté : 31/01/1998
  • ZPS : Dernier arrêté : 18/05/2015
Localisation du site
Coordonnées du centre (WGS 84) :
  • Longitude : 6,47125 (E 6°28'16'')
  • Latitude : 45,99850 (N 45°59'54'')
Superficie : 3 847 ha.
Pourcentage de superficie marine : 0 %
Altitude :
  • Min : 810 m.
  • Max : 2 438 m.
  • Moyenne : 1 672 m.
Régions biogéographiques :
Alpine : 100%

REGION : RHÔNE-ALPES
DEPARTEMENT : Haute-Savoie (100%)
COMMUNES : Bonneville, Brizon, Entremont, Grand-Bornand, Marnaz, Mont-Saxonnex, Petit-Bornand-les-Glières, Reposoir, Scionzier.

Carte de localisation

Description du site

Caractère général du site

Classes d'habitats Couverture
Rochers intérieurs, Eboulis rocheux, Dunes intérieures, Neige ou glace permanente 30%
Pelouses alpine et sub-alpine 26%
Prairies semi-naturelles humides, Prairies mésophiles améliorées 12%
Forêts de résineux 12%
Landes, Broussailles, Recrus, Maquis et Garrigues, Phrygana 9%
Eaux douces intérieures (Eaux stagnantes, Eaux courantes) 3%
Forêts caducifoliées 2%
Autres terres (incluant les Zones urbanisées et industrielles, Routes, Décharges, Mines) 2%
Pelouses sèches, Steppes 1%
Prairies et broussailles (en général) 1%
Forêts mixtes 1%
Marais (vegetation de ceinture), Bas-marais, Tourbières, 1%

Autres caractéristiques du site

Le périmètre comprend le massif du Bargy proprement dit, qui correspond à un vaste pli anticlinal caractéristique des massifs subalpins nord-occidentaux, ainsi que le massif " satellite " des Rochers de Leschaux à l'ouest. Il correspond à une série de plis calcaires allongés NE-SW, lambeaux de nappe de charriage du Chablais.

L'ensemble naturel délimité présente une grande variété d'habitats naturels remarquables.
Sur le massif du Bargy proprement dit se côtoient d'impressionnantes parois de calcaires massifs et de grandes pentes herbeuses inclinées, présentant une opposition d'orientation adret/ubac très marquée associée à un effet de barrière vis-à-vis des perturbations de nord-ouest. Ceci contribue à diversifier la mosaïque de milieux naturels propres à la haute montagne calcaire.

Les étages montagnard et subalpin sont principalement représentés, mais l'étage alpin n'est pas absent de cet ensemble au relief très vigoureux.
Le massif des Rochers de Leschaux et les alpages de Cenise illustrent pour leur part les vastes replats d'altitude en limite des étages subalpin et alpin.

A Leschaux, une zone karstique accidentée offre de nombreux abris à des espèces caractéristiques de ces milieux originaux.
L'ensemble présente par ailleurs un évident intérêt paysager, géologique et géomorphologique.

Qualité et importance

Le massif du Bargy offre la particularité de voir coexister, sur une même entité paysagère, une avifaune d'affinité boréale : Chevêchette d’Europe, Tétras lyre, Lagopède alpin, et méditerranéenne : Perdrix bartavelle, Crave à bec rouge, Circaète Jean-le-Blanc et Monticole de roche. Il s’agit de l’un des rares sites de Haute-Savoie à offrir une telle « amplitude » avifaunistique. 

A cela s’ajoutent des espèces liées aux milieux rupestres : Aigle royal, Faucon pèlerin, Gypaète barbu, Tichodrome échelette mais aussi le cortège des fringillidés de montagne, Sizerin flammé, Venturon montagnard, Bec-croisé des sapins, Bouvreuil pivoine ainsi que des passereaux liés aux alpages comme le Traquet motteux ou le Pipit spioncelle.

Ont été observées sur le site Natura 2000 du Bargy plus du tiers des espèces d’oiseaux recensées en Haute-Savoie (348) et près des deux tiers des espèces nicheuses du département (150), dont 27 considérées comme d’intérêt européen.

A l’échelle départementale, le massif du Bargy est considéré comme un haut lieu pour les rapaces avec 19 espèces recensées, dont 14 régulières, sur les 25 connues en France métropolitaine :
- le Gypaète barbu est évidemment une espèce emblématique du site. Depuis 1997, un couple se reproduit avec un succès notable, en comparaison des autres couples français. Il s’agit du premier couple nicheur des Alpes françaises, couple issu du programme de réintroduction depuis la disparition de l’espèce au début du 20ème siècle. Le territoire de ce couple (entre 150 et 200 km²) englobe la totalité du massif.
- l’Aigle royal est aussi une espèce représentative de la mosaïque de milieux du Bargy nichant dans les parois rocheuses et chassant marmottes, lièvres et galliformes dans les alpages et les pierriers, mais aussi en forêt.
- depuis quelques années, ces rapaces sédentaires sont rejoints, en période estivale, par les vautours « méditerranéens ». Profitant de l’abondance de carcasses (d’animaux sauvages ou d’élevage), Vautours fauves et moines (surtout des immatures) s’installent pour quelques mois en Haute-Savoie avec comme sites de dortoir les pointes des Aiguilles vertes ou les Rochers de Leschaux. Ces oiseaux proviennent en majorité des sites de réintroduction du Verdon (région PACA), des Baronnies (Drôme, région Rhône-Alpes)et du Tarn (région Midi-Pyrénées). Les rassemblements peuvent atteindre plus de 80 individus dont 2 ou 3 Vautours moines, notamment pendant la première partie de l’été.
- généralement observé à l’unité, le Circaète Jean-le-Blanc est présent sur le Bargy entre avril et septembre. Selon les années, ce sont entre 2 et 5 individus différents qui sont contactés, essentiellement sur le versant sud du massif ; il n’y a pas de preuve de reproduction sur le site, mais les milieux ouverts thermophiles du massif (alpages et pierriers) constituent des zones de chasse.

Dans les alpages se trouvent plusieurs espèces présentant également un fort enjeu de conservation. La présence du Tétras lyre, du Lagopède alpin, de la Pie-grièche écorcheur ou encore du Crave à bec rouge est intimement liée à l’exploitation humaine du territoire. Paradant, nichant ou se nourrissant dans les alpages, la conservation de ces espèces dépend d’une exploitation raisonnée des milieux pré-forestiers et herbeux à toute altitude et d’une limitation de la fréquentation. La présence d’une mosaïque de milieux ouverts et semi-ouverts : pré bois, fruticées, landes, pâtures et prairies de fauche de moyenne altitude, prairies alpines rases, conditionne fortement le maintien d’un cortège d’espèces dites « montagnardes ».
Enfin, bien que n’étant que très peu représentés sur le périmètre, les massifs forestiers abritent le Pic noir, la Gélinotte des bois et la Chevêchette d’Europe. 

Le massif du Bargy joue un rôle conséquent, au moins à l’échelle du département de Haute-Savoie, dans la conservation des Galliformes de montagne. On y retrouve en effet des densités importantes de Tétras lyre ; le site est également important pour la Perdrix bartavelle et est stratégique pour le Lagopède, tant pour les populations sédentaires, que pour le site d’hivernage qu’il constitue avec l’arrivée en hiver des poules des massifs alentours. Ces populations de Galliformes sont particulièrement sensibles aux dérangements et donc à la fréquentation du massif.

Le Pluvier guignard (Charadrius morinellus, espèce A139) fait parfois étape lors de sa migration post-nuptiale, mais cela demeure exceptionnel.

La Chouette de Tengmalm (Aegolius funereus, espèce A223) n’a pas été trouvée lors des inventaires de 2011. Sa présence sur le site n’est donc pas confirmée.

Le Bargy héberge une colonie de Bouquetins des Alpes et des populations importantes d'ongulés (Cerf élaphe…), qui occupent les adrets à la mauvaise saison. 
Il abrite également de nombreux reptiles, amphibiens et invertébrés. 

Vulnérabilité

Sur le massif du Bargy, les enjeux sont multiples, à la fois économiques, écologiques et touristiques. La présence de l’homme sur ce massif constitue une nécessité pour le maintien de la mosaïque des habitats d’intérêt communautaire. Mais, si les pratiques s'intensifiaient, l'équilibre entre ces enjeux s'en trouverait rompu. En effet :
- la fréquentation touristique (d'été ou d'hiver) peut perturber la tranquillité ou la qualité des espèces ;
- des aménagements touristiques mal conçus pourraient avoir un impact irréversible sur le site ;
- certaines pratiques agricoles ou forestières peuvent également s'avérer dangereuses pour le maintien de la qualité d'habitats ou d'espèces d'intérêt communautaire (drainages, pollutions organiques, pistes forestières...).
Il convient donc de rester vigilant et d'aborder ces points régulièrement lors des comités.
La végétation des abords des lacs est sensible au piétinement.
La bonne conservation des pinèdes de pins à crochet et de pins cembro est à surveiller.
L’activité pastorale (alpages de Cenise…) et agricole est à préserver.