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FR9101382 - Causse de Campestre et Luc

Site de la directive "Habitats, faune, flore"

Base de référence : octobre 2018.

Mise à jour annuelle de la liste SIC - publication au JO UE : 12/12/17 (à partir de la base : septembre 2016)

Identification du site

Type : B (pSIC/SIC/ZSC)

Code du site : FR9101382

Compilation : 31/03/1996

Mise à jour : 31/03/2006

Appelation du site : Causse de Campestre et Luc

Dates de désignation / classement :

  • pSIC : première proposition : 31/12/1998
  • pSIC : dernière évolution : 30/04/2006
  • SIC : Première publication au JO UE : 19/07/2006
  • SIC : Dernière publication au JO UE : 28/03/2008
  • ZSC : premier arrêté : 26/12/2008
  • ZSC : Dernier arrêté : 26/12/2008
Texte de référence
Arrêté de création du 26 décembre 2008 portant décision du site Natura 2000 Causse de Campestre et Luc (zone spéciale de conservation)

Localisation du site
Coordonnées du centre (WGS 84) :
  • Longitude : 3,40167 (E 3°24'06'')
  • Latitude : 43,94222 (N 43°56'31'')
Superficie : 3 624 ha.
Pourcentage de superficie marine : 0 %
Altitude :
  • Min : 580 m.
  • Max : 911 m.
  • Moyenne : 0 m.
Régions biogéographiques :
Méditerranéenne : 100%

REGION : LANGUEDOC-ROUSSILLON
DEPARTEMENT : Gard (100%)
COMMUNES : Campestre-et-Luc, Vissec.

Carte de localisation

Description du site

Caractère général du site

Classes d'habitats Couverture
Pelouses sèches, Steppes 70%
Landes, Broussailles, Recrus, Maquis et Garrigues, Phrygana 12%
Forêts mixtes 8%
Forêts de résineux 5%
Rochers intérieurs, Eboulis rocheux, Dunes intérieures, Neige ou glace permanente 3%
Autres terres (incluant les Zones urbanisées et industrielles, Routes, Décharges, Mines) 2%

Autres caractéristiques du site

Ce Causse a pour origine géologique des entrées maritimes vieilles pour la plupart d’environ 150 millions d’années.
Il est composé de calcaires, marnes et dolomies dans lesquels l’eau, aidée par des bouleversements géologiques, a créé au fil du temps des réseaux complexes typiques du karts. L’eau s’y infiltre donc rapidement, ce qui explique l’absence actuelle de cours d’eau permanents. Mais, localement, des couches d’argile permettent l’existence de petites nappes aquifères superficielles à l’échelle d’une colline. Elles sont utilisées en particulier pour alimenter certaines lavognes.
En surface, ce sont les glaciations successives et l’eau qui ont modelé le paysage par érosion et décomposition chimique (pour l’eau), en jouant sur les différences de nature ou de dureté des substrats. Ces facteurs sont à l’origine des poljés (dépression étendue au fond argileux), les gorges ou canyons encore actifs, les avens (gouffres), les dolines (cuvettes à fond argileux) et les chaos dolomitiques ruiniformes.
Ces phénomènes, certains accélérés par les défrichements, aboutissent superficiellement à des affleurements de roches sur les endroits les plus exposés (pentes, comme certaines dolines ou puechs, chaos dolomitiques) et à l’accumulation de bonnes terres souvent empierrées dans les dépressions (poljés, dolines).

A cette uniformité du paysage, s’ajoute une relative uniformité de la végétation largement dominée par les pelouses qui donnent cet aspect de pseudo-steppe à ce causse. Sous cette relative uniformité, le paysage recèle cependant une mosaïque de couverts végétaux, résultat de la dynamique de la végétation et des différentes utilisations du terroir par l’Homme.

Qualité et importance

Le causse de Campestre-et-Luc de même que les causses du Larzac et de Blandas, fait partie des Causses Méridionaux. Cet ensemble régional original unique en Europe est le plus grand ensemble de formations herbeuses sèches semi-naturelles en France et abrite un grand nombre d’espèces endémiques.
Les habitats présents y sont de grande qualité.
Les milieux ouverts constituent les principaux habitats d’intérêts communautaire.

Vulnérabilité

A partir du néolithique moyen, le pastoralisme ovin commence à prendre place sur le plateau doté d’une végétation arborée et ce, pour se maintenir jusqu’à nos jours avec un maximum de pâturage au XIXème siècle. L’homme intervient à travers des actions de déforestation puis en maintenant les milieux ouverts pour y développer l’agriculture.
Ces activités associées à des pratiques pastorales traditionnelles (brûlage "à la matte", valorisation du Buis en tant que litière ou pour la fabrication de divers objets...) contenaient autrefois l’avancée des forêts. Ainsi, cette action de forte intervention sur les ligneux de manière générale et de limitation du couvert forestier a pour résultante le caractère pseudo-steppique de ce causse.

Actuellement, près de 70 % du territoire est déclaré utilisé par les éleveurs sédentaires ou transhumants. Mais les grands équilibres écologiques n’en restent pas moins très fragiles du fait : 
- de la disparition des pratiques traditionnelles liées aux activités pastorales ;
- de la disparition progressive de certains types d’élevages (ovins transhumants entre-autres) et du repli des troupeaux sédentaires sur les surfaces les plus productives ; 
- d’achats de structures foncières par des privés ayant des objectifs de valorisation divers sans démarche de gestion des milieux.
Aussi, malgré une certaine reconquête récente des espaces pastoraux, la principale conséquence de ces modifications de pratiques est une colonisation par la lande haute à Buis ou à Genévrier qui, non stabilisée, est un préambule à une reforestation naturelle sur les secteurs les moins exploités. Cette fermeture des milieux se traduit par une disparition progressive de milieux très ouverts dits "sub-steppiques" que sont les pelouses sèches et par conséquent, des espèces qui y sont inféodées.