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FR9402007 - Site à Botrychium simple et châtaigneraies du Bozzio

Site de la directive "Habitats, faune, flore"

Base de référence : octobre 2018.

Mise à jour annuelle de la liste SIC - publication au JO UE : 12/12/17 (à partir de la base : septembre 2016)

Identification du site

Type : B (pSIC/SIC/ZSC)

Code du site : FR9402007

Compilation : 28/02/2001

Mise à jour : 28/02/2007

Appelation du site : Site à Botrychium simple et châtaigneraies du Bozzio

Dates de désignation / classement :

  • pSIC : première proposition : 28/02/2001
  • pSIC : dernière évolution : 30/07/2008
  • SIC : Première publication au JO UE : 19/07/2006
  • SIC : Dernière publication au JO UE : 22/12/2009
  • ZSC : premier arrêté : 25/03/2011
  • ZSC : Dernier arrêté : 25/03/2011
Texte de référence
Arrêté de création du 25 mars 2011 portant décision du site Natura 2000 Site à Botrychium simple et châtaigneraies du Bozzio (zone spéciale de conservation)

Localisation du site
Coordonnées du centre (WGS 84) :
  • Longitude : 9,37000 (E 9°22'11'')
  • Latitude : 42,34556 (N 42°20'44'')
Superficie : 1 840,5 ha.
Pourcentage de superficie marine : 0 %
Altitude :
  • Min : 500 m.
  • Max : 1 731 m.
  • Moyenne : 1 000 m.
Régions biogéographiques :
Méditerranéenne : 100%

REGION : CORSE
DEPARTEMENT : Haute-Corse (100%)
COMMUNES : L'information 'communes consultées' est en cours de validation.

Carte de localisation

Description du site

Caractère général du site

Classes d'habitats Couverture
Forêts caducifoliées 55%
Landes, Broussailles, Recrus, Maquis et Garrigues, Phrygana 25%
Forêts sempervirentes non résineuses 20%

Autres caractéristiques du site

Le site appartient à la corse alpine (roches verte océaniques du jurassique)

Qualité et importance

Depuis les départementales jusque vers la série du hêtre à environ 1100 m d'altitude, on trouve la châtaigneraie : malgré quelques parcelles à peu près entretenues, celle-ci est assez souvent dans un état de délabrement plus ou moins avancé : les vieux arbres greffés manquent d'entretien, sont brisés, malades ou dépérissant ; lorsqu'il existe des rejets sauvages, ceux-ci sont concurrencés par diverses espèces dont l'aulne cordé.
Sur le plan de la dynamique des milieux, l'aulne cordé, espèce patrimoniale et endémique de grande valeur, y est plus à sa place que le châtaignier ; l'aulnaie, quasi pure par endroits, est en situation de reconquête. Elle est plus ou moins mêlée de châtaignier et de chêne vert : les micro orientations et le travail des hommes décident de la proportion de chacune de ces 3 essences. L'aulne cordé est représenté dans l'habitat 92A0.

Le houx est présent de façon moins systématique, mais lorsqu'il est observable, il est en général bien implanté et peut manifester une régénération naturelle forte lorsqu'il pousse sur une parcelle entretenue. La fougère aigle, l'hellébore livide, la bruyère arborescente, le genet à balais, le lierre, les rosettes de digitale et le daphné lauréole sont l'essentiel de la végétation observable en sous-bois en période hivernale.

Ce type de milieu avec ses variantes occupe l'essentiel de la surface. Il peut être entrecoupé par des zones plus dégagées mais trop restreintes pour parler d'estives.

La hêtraie fait la continuité entre le site actuel et les milieux boisés ci dessus. Elle n'a pas été expertisée, elle fera probablement l'objet de descriptions d'habitats complémentaires.

Les milieux humides :
De nombreux milieux humides sillonnent aussi bien le site actuel que l'extension proposée. Ces milieux méritent d'être examinés avec quelque soin car ils sont les refuges d'une importante biodiversité.
A titre d'exemple le ruisseau de Rustaggio, juste après Piedipartino (en limite nord de l'extension de site proposée) : 
Un milieu complexe composé d'aulnes glutineux, de châtaigniers et de buis dans la strate arborée, quelques prunus. De nombreuses fougères sont présentes : la grande osmonde, la scolopendre, le polystic à soies (sous réserve de confirmation), le capillaire de Montpellier. Les touradons d'osmonde montent à flanc de colline depuis le ruisseau.

 Une seule espèce de l'annexe 2 est présente sur le site, le Petit Botrychium. Cette petite fougère de de l'Europe alpine et surtout nordique est très rare en France continentale. Elle est absente des régions méditerranéennes et les stations isolées de Corse se trouvent en limite sud de répartition se qui leur conférent un intérêt très important au plan bio-géographique.

Vulnérabilité

Les milieux et en habitats d'intérêt communautaire du site révèlent un abandon de pratiques culturales respectueuses qui conduisent à leur dégradation. 3 grands types d'habitats marquent ce site Natura 2000: 

1) 9260, Châtaigneraies de la Corse 9260 (29 % du site)
Il s'agit de l'habitat le mieux représenté, soit seul, soit en mosaïque avec la chênaie à l'étage méso-méditerranéen. Son abandon se traduit d'une part par un envahissement à l'étage méso-méditerranéen, par le Chêne vert, l'Arbousier en faciès xérophile ou le Charme-Houblon en faciès mésophile la faisant évoluer vers la Chênaie verte à Gaillet scabre, ou bien encore par l'Aulne à feuilles en cœur, le Chêne vert et le Houx au supra-méditerranéen la faisant évoluer vers la Yeuseraie à Houx.

L'abandon des pratiques culturales liées à la récolte de châtaignes (binage, sarclage, émondage, plantations, soins aux arbres,…) et un pastoralisme porcin totalement incontrôlé et sans aucun rapport avec une charge animalière adaptée au terrain, entraîne rapidement la mort des châtaigniers. Des sécheresses successives favorisent les espèces arborées sclérophylles dans les milieux plus secs. Seul l'arrêt du surpâturage porcin permettra le maintien de cet habitat !

2) 4090, Fruticées supramediterranéennes (9 % du site)
Issues de la pression anthropique (défrichement, feu, pâturage) et avec l'abandon depuis quelques décennies de la pâture ou de son extensification ces formations ont tendance à évoluer vers des faciès à Fougère aigle sur sol épais, voire arbustifs à Prunelier, ou encore en limite de forêt à être colonisées par l'Aulne cordé au supra-méditerranéen ou la Hêtre au montagnard. Une gestion pastorale mieux équilibrée assurerait leur stabilité. 


3) 92A0, Aulnaie a Aulne glutineux et Aulne a feuilles cordées de Corse (7 % du site)
Ces formations se présentent sous deux faciès, un premier de ripisylve mésoméditerranéenne à Aulne glutineux et Aulne cordé, le second de ripisylve d'altitude (supraméditerranéen à montagnard inférieur) où l'Aulne cordé a totalement remplacé l'Aulne glutineux, le Buis l'accompagne ou bien Rhamnus alpina. Il s'agit de milieux fragiles. Lorsqu'un accès existe (piste de captage) ces formations font l'objet de coupes sauvages et non respectueuses de bonnes pratiques. Plus bas, à proximité d'exploitation agricoles, c'est la surcharge animalière (porcs) qui est responsable de leur dégradation, notamment par déchaussement du système racinaire. 


Ces grandes catégories d'habitats vont se retrouver parfois en mosaïque ou mêlée d'autres habitats plus ponctuels tels que des pelouses. Sur le plan de la dynamique des milieux, l'aulne cordé, espèce patrimoniale et endémique de grande valeur, y est plus à sa place que le châtaignier ; l'aulnaie, quasi pure par endroits, est en situation de reconquête. Elle est plus ou moins mêlée de châtaignier et de chêne vert : les micro orientations et le travail des hommes décident de la proportion de chacune de ces 3 essences. 

Le houx est présent de façon moins systématique, mais lorsqu'il est observable, il est en bien implanté et peut manifester une régénération naturelle forte lorsqu'il pousse sur une parcelle entretenue. La fougère aigle, l'hellébore livide, la bruyère arborescente, le genet à balais, le lierre, les rosettes de digitale et le daphné lauréole sont l'essentiel de la végétation observable en sous-bois en période hivernale.

La hêtraie fait la continuité entre le site actuel et les milieux boisés ci dessus. Elle n'a pas été expertisée en tant qu'habitat communautaire, cependant elle n'est pas dénuée d'interet au niveau patrimonial.

De nombreux milieux humides sillonnent le site et méritent d'être examinés avec soin car ils sont les refuges d'une importante biodiversité.

 La présence d'une espèce de l'annexe 2 est à signaler, le Petit Botrychium. Cette petite fougère de de l'Europe alpine et surtout nordique est très rare en France continentale. Elle est absente des régions méditerranéennes et les stations isolées de Corse se trouvent en limite sud de répartition se qui leur conférent un intérêt très important au plan bio-géographique.
Cette espèce se retrouvera dans le groupement à Ophioglossum vulgatum et à Nardus stricta Gamisans (1975) 1976, pelouse méso-hygrophile. Les espèces suivantes font partie du cortège : Ophioglossum azoricum, Ophioglossum vulgatum, Botrychium matricariifolium, Botrychium lunaria, Botrychium simplex, Potentilla anglica Laichard. Subsp. Nesogenes, Cynosurus cristatus, Danthonia decumbens, Carex caryophyllea, Lotus corniculatus, Luzula campestris, Pteridium aquilinum.

Des dégâts dus à la présence de bovins ont été constatés : pelouse malmenée en bordure des rus et effet d'érosion. Il s'agirait d'y remédier par l'installation de points d'eau éloignés des sites (stabulation du bétail), mais aussi par une meilleure gestion de la pâture (période, type de cheptel).