ZNIEFF 210020157
BOIS DU TROU AUX CHATS, DES EPINAIES, DU BROVET ET DE LA BATTUE AU NORD DE LANEUVELLE

(n° régional : 00000608)

Commentaires généraux

La ZNIEFF regroupant les bois du Trou aux Chats, des Epinaies, du Brovet et de la Battue, d'une superficie de plus de 1000 hectares, est située au nord de la commune de Laneuvelle, dans le département de la Haute Marne. Différents types forestiers s'y rencontrent : la chênaie pédonculée-charmaie (mésoneutrophile à neutrocalcicole) et la hêtraie-chênaie-charmaie mésotrophe sont les mieux représentées (environ 80% de la superficie totale de la ZNIEFF). On rencontre également la hêtraie-chênaie acidiphile, l'aulnaie-frênaie et l'aulnaie mésotrophe. Des boisements secondaires hétérogènes (dominés par le robinier faux-acacia), des pelouses et des fruticées de recolonisation d'anciennes vignes abandonnées, des peuplements résineux et des peupleraies complètent la végétation du site.

Sur les pentes prospère la chênaie-charmaie mésotrophe à neutrocalcicole. La strate arborescente est dominée par le chêne pédonculé, souvent accompagné par le charme, le tilleul à petites feuilles, le merisier, le frêne, plus rarement par le chêne sessile, le tilleul à grandes feuilles, le hêtre, l'orme des montagnes, l'érable sycomore et l'érable plane. La strate arbustive est riche en espèces : camerisier, viorne lantane, rosier des champs, noisetier, ronces, troène, fusain d'Europe, aubépine épineuse, etc. La strate herbacée est bien diversifiée et localement exubérante avec la primevère élevée, le lierre, l'épipactis pourpre (orchidée peu fréquente), la sanicle d'Europe, l'anémone des bois, la laîche digitée, la canche cespiteuse, la stellaire holostée, l'aspérule odorante, la laîche des bois, le lamier jaune, la mélique uniflore, la renoncule tête d'or, la violette des bois, le millet diffus, etc. En bas de pente se différencie une variante plus fraîche à ail des ours, laîche fausse-brize (médioeuropéenne très rare en Haute-Marne), laîche à nombreuses racines, circée de Paris, moschatelline, ficaire fausse-renoncule, véronique des montagnes, épiaire des bois, chiendent, cardamine flexueuse, stellaire des bois, très rare en plaine (venue des Vosges, elle ne possède que quelques stations en Haute-Marne où se situe sa limite de répartition)…

Le plateau est le domaine de la chênaie-hêtraie acidiphile à mésoacidiphile. La strate arborescente est essentiellement constituée par le chêne pédonculé, le chêne sessile et le hêtre, qu'accompagnent le charme, l'alisier torminal, le merisier et le bouleau verruqueux. La strate arbustive peu recouvrante comprend le chèvrefeuille des bois, le houx, le néflier, le noisetier et l'aubépine monogyne. La strate herbacée comprend le maïanthème à deux feuilles, la luzule blanchâtre, la luzule des bois, la laîche fausse-brize (médioeuropéenne très rare en Haute-Marne), la laîche à pilules, le pâturin de Chaix (périalpine, assez rare en plaine) , la fougère aigle, la raiponce noire (endémique médioeuropéenne, rare en Haute-Marne), le mélampyre des prés, la violette de Rivin, la canche cespiteuse, le millepertuis élégant, la houlque molle, la moehringie à trois nervures…

En fond de vallon ou à la faveur de suintements se rencontre l'aulnaie-frênaie : le peuplement est dominé par l'aulne glutineux et le frêne élevé qu'accompagnent le tilleul à petites feuilles, l'érable sycomore, le saule blanc, le peuplier, l'orme de montagne. Le tapis herbacé est riche en laîches (laîche espacée, laîche pendante, laîche maigre) et en fougères (fougère femelle, polystic spinuleux, dryoptéris borreri, nouvellement découvert en Haute-Marne), avec également la prêle d'hiver (inscrite sur la liste rouge régionale), la lysimaque des forêts (espèce montagnarde assez rare en plaine), l'oseille sanguine, le compagnon rouge, la cardamine des bois, la fétuque géante, scirpe des bois etc.

Certaines lisières forestières sont bien développées. On y rencontre la callune fausse bruyère, la véronique petit-chêne, le trèfle intermédiaire, le trèfle des champs, l'œillet velu, la vesce des haies, l'agrostis commun, la germandrée scorodoine, la fétuque capillaire, la campanule raiponce, la digitale pourpre, l'orchis de Fuchs…

Au lieu-dit "les Genèvres", le long de certains chemins et layons forestiers, se rencontre une pelouse plus ou moins embroussaillée. De nombreuses orchidées s'y observent, notamment l'ophrys du Jura (inscrit sur la liste rouge régionale), l'ophrys frelon, l'ophrys abeille, l'orchis pyramidal (bien représenté), l'orchis bouc, l'orchis moucheron (abondant), l'orchis pourpre, l'orchis tacheté, la platanthère à deux feuilles et la listère ovale. Elle recèle une petite fougère, l'ophioglosse inscrite sur la liste rouge régionale. La flore est dominée par les graminées (brome dressé, brize intermédiaire, brachypode penné, pâturin des prés) qu'accompagnent la petite sanguisorbe, le lin purgatif, la violette hérissée, la renoncule bulbeuse, l'épervière petite piloselle, la primevère officinale, le gaillet jaune, le genêt des teinturiers, l'ail des vignes, le serpolet, etc. Les fruticées et les taillis de chêne sessile qui leur font suite sont constitués par l'aubépine monogyne, le rosier à petites fleurs, le saule marsault, le troène, le cornouiller sanguin, le prunellier épineux que surmontent le chêne sessile, le charme, l'érable champêtre, le frêne, le noisetier, le robinier faux-acacia, l'alisier torminal. Dans le sous-bois se remarquent la solidage verge d'or, le brachypode des bois, le lierre, l'orchis pourpre, la fougère mâle, la scolopendre, le dryoptéris écailleux…

Certaines ornières et chemins détrempés portent une végétation particulière constituée par le jonc des crapauds, le jonc grêle, la véronique des ruisseaux, la glycérie pliée, la laîche en épi, l'oxalis droit, la lysimaque nummulaire.

Le massif permet l'alimentation et la nidification de nombreuses espèces d'oiseaux, en particulier de rapaces, pics et passereaux. On y observe ainsi la tourterelle des bois, le pic épeiche, le pic mar, le pic noir, la grive musicienne, la sittelle torchepot, le grosbec casse-noyaux. Le pic cendré y a été contacté. Les milieux ouverts accueillent la pie-grièche écorcheur et l'alouette lulu, toutes deux inscrites sur la liste rouge des oiseaux menacés en Champagne-Ardenne. La gélinotte des bois y a été signalée dans les années 80.

Des batraciens s'y rencontrent, dont le sonneur à ventre jaune, petit crapaud typique du sud-est haut-marnais, fréquentant les ornières, les sources et petits ruisselets forestiers, protégé en France et en Europe (convention de Berne et directive-Habitats) inscrit sur la liste rouge européenne de la directive Habitats (annexe II), dans le livre rouge de la faune menacée en France et sur la liste rouge des amphibiens de Champagne-Ardenne.

On y observe aussi la salamandre tachetée (liste rouge régionale), le crapaud commun, la grenouille verte et la grenouille agile.

Entre les herbes hautes des petits ruisseaux se rencontre également la musaraigne aquatique (inscrite sur la liste rouge régionale des mammifères). Le renard, le blaireau, la fouine, le chat sauvage et la belette fréquentent aussi la ZNIEFF. Enfin c'est un site fondamental pour les grands mammifères (cerf élaphe, chevreuil, sanglier)

La ZNIEFF est dans un bon état général.

Commentaires sur la délimitation

La délimitation de la ZNIEFF correspond à une partie d'un massif forestier bordé de bois et de champs à intérêt moindre. Au sud, elle jouxte la ZNIEFF II de la vallée de l'Amance.