ZNIEFF 430007818
RUISSEAU ET VALLON DE CORNEBOUCHE

(n° regional: 36104004)

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DESCRIPTION

 

Caractéristiques de la partie jurassienne franc-comtoise, les reculées sont des formations géologiques issues de l'érosion hydraulique des plateaux calcaires. Outre leur grand intérêt paysager, les reculées présentent une grande variété de conditions topographiques et climatiques qui favorisent l'expression de nombreux groupements végétaux et la présence d'une faune et d'une flore particulières sur un espace restreint. Dans la haute vallée de la Loue, le vallon de Cornebouche entame profondément le plateau d'Ornans. Plusieurs ruisseaux dévalent les versants forestiers jusqu'à rejoindre en fond de vallon les ruisseaux de Cornebouche et du Chanet, au fond pierreux et aux eaux bien oxygénées.

 

 

 

Très bien représentée sur cette zone, la forêt se décline en de nombreux groupements. La frênaie-érablaie occupe les berges des ruisseaux lorsqu'elles n'ont pas été enrésinées. Sur les pentes, les facteurs déterminants sont la granulométrie du substrat et le degré de confinement. Les stations chaudes abritent des groupements thermocalcicoles tels que la tillaie à érable à feuilles d'obier sur les blocs instables et la hêtraie-chênaie sèche sur les pierriers fins. Les situations froides accueillent l'érablaie à scolopendre sur les éboulis chaotiques, la hêtraie à dentaire sur les pierriers enrichis en terre fine et plus généralement sur les pentes moins fortes la hêtraie-chênaie neutrophile à acidicline. De par leurs spécificités, tous ces groupements bénéficient d'un fort intérêt patrimonial.

 

 

 

Malgré tout, l'originalité du vallon de Cornebouche demeure la partie supérieure du versant exposé au sud-est qui a longtemps été planté de vignes. Depuis l'abandon ancien de cette pratique, dont seuls subsistent les murgers qui délimitent encore des terrasses, la végétation suit une dynamique lente de retour vers la forêt. Les milieux herbacés sont constitués par des nappes d'ourlet à géranium sanguin et peucédan des cerfs dominé par la molinie. En périphérie se développent des fruticées à troène et prunellier, des fourrés de genévrier, des bois clairs de pin sylvestre et localement des pierriers issus de l'affaissement d'anciens murgers.

 

 

 

A l'entrée du vallon, l'agriculture diversifie encore les milieux en permettant la présence de pelouses mésophiles typiques, sèches ou marnicoles, mais aussi de prairies mésophiles mésotrophes à eutrophes, fauchées ou pâturées… Très localement, un bas-marais alcalin contribue à l'intérêt communautaire et régional de ce vallon. Bien que la superficie de ces habitats soit souvent faible, leur agencement est source de diversité pour la faune et notamment pour les insectes. Une campagne de prospection a d'ailleurs permis, dans les années 95, de recenser 72 espèces dans ce vallon dont le grand nègre des bois et le damier de la succise, deux papillons menacés en France et en Europe.

 

 

 

STATUT DE PROTECTION

 

La présence de plusieurs espèces végétales et animales protégées assure indirectement la protection de cette zone puisque est interdit tout acte de destruction à l'encontre de ces espèces et de leur milieu (arrêtés ministériels des 22.06.92 pour les plantes, 06.05.07 pour les insectes, 19.11.07 pour les amphibiens et les reptiles et 17.04.81 pour les oiseaux).

 

 

 

OBJECTIFS DE PRÉSERVATION

 

La gestion conservatoire de ce vallon se décline de la manière suivante :

 

- préservation de la qualité des eaux du bassin versant contre tous rejets de substances polluantes,

 

- conduite d'une exploitation forestière respectueuse de la haute valeur patrimoniale des groupements en place, proscription des enrésinements et maintien de la typicité de la forêt alluviale résiduelle,

 

- maintien des pratiques agropastorales dans les prairies et pelouses et réduction maximale des épandages sur tous les milieux herbacés,

 

- mise en place d'un programme de conservation à long terme de la mosaïque de milieux présents sur la partie supérieure du versant exposé au sud-est, en privilégiant des opérations de réouverture sur les secteurs les moins enfrichés.

 

 

 

 

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