Logo SINP - Système d'information sur la nature et les paysages

ZNIEFF 930012806
LE GRAND BUËCH, SES RIPISYLVES ET SES ISCLES D'ASPRES-SUR-BUËCH À LA CONFLUENCE DU PETIT BUËCH

(n° régional : 05130210)

Commentaires généraux

Description

Etabli dans la partie ouest du département des Hautes-Alpes, au sud-ouest de la ville de Veynes, le site correspond au cours du Grand Buëch, avec ses ripisylves et ses iscles, d'Aspres-sur-Buëch à la confluence du Petit Buëch.

Le Buech s’écoule sur un substrat d’alluvions récentes, pincipalement calcaires et marno-calcaires, en relation avec les principales roches constitutives de son bassin versant.

Situé dans la zone biogéographique des préalpes delphino-provençales, à la rencontre des influences méditerranéennes et alpines, il est compris dans l’étage de végétation supra-méditerranéen, entre 680 m et 780 m d’altitude.

Ordonné autour d'une rivière plutôt divagante au lit en tresses, le site est caractérisé par une bonne représentativité de tous les stades de la dynamique de végétation, depuis les stades initiaux composés de bancs de graviers nus, en passant par les formations pionnières de colonisation des alluvions et délaissées, les saulaies arbustives et de larges ripisylves, où se rencontrent à la fois des espèces végétales d'origine montagnarde et méditerranéenne. La rivière présente dans ce site un large lit, où se sont développés de multiples habitats des bords de cours d’eau. Propices à l’établissement d’une faune également très variée comprenant notamment de nombreuses espèces de mammifères, oiseaux et poissons.

Milieux remarquables

Ce site possède un habitat classique des cours d’eau de bonne qualité, à savoir les milieux aquatiques d’eau douce de la zone à truite (24.12), qui présentent ici un bon état de conservation. En dehors de ceux-ci, le lit de la rivière comprend des formations végétales pionnières herbacées des alluvions torrentielles et bancs de graviers [all. phyto. Epilobion fleischeri (24.221)] associées en mosaïque avec des bancs de graviers sans végétation (24.21)], ainsi qu’avec des bancs de sable (24.3) et des bancs de vase des cours d’eau (24.5). Les formations arborées et arbustives des rives sont composées essentiellement par les fourrés de saules pionniers des berges et alluvions torrentielles à Saule drapé (Salix elaeagnos) et Saule pourpre (Salix purpurea) [all. phyto. Salicion incanae (44.111 et 24.223)] et localement par quelques lambeaux de boisements riverains en galeries d’Aulne blanc (Alnus incana) [all. phyto. Alnion incanae (44.21)]. Ces habitats sont de grand intérêt écologique, pour le fonctionnement de l’écosystème lié aux cours d’eau, car ils forment des corridors en contact avec les milieux adjacents. Le site comprend également quelques prairies et formations herbacées hygrophiles, avec en particulier des groupements à Reine des près (Filipendula ulmaria) et formations végétales associées [all. phyto. Thalictro flavi-Filipendulion ulmariae (37.1)] et des formations à hautes herbes des franges humides méso-nitrophiles à Liseron des haies (Convolvulus sepium) [all. phyto. Convolvulion sepium (37.7)].

L’écocomplexe fluviatile qui associe, en une mosaïque mouvante d’une riche complexité, le cours d’eau actif, les bras morts d’eau lente, les stades pionniers de colonisation des alluvions, les fourrés arbustifs et les ripisylves mâtures, constitue l’essentiel de l’intérêt du site.

Flore

Le site comprend une espèce végétale remarquable qui n’a pas de statut de protection : la Laîche espacée (Carex remota).

Faune

Ce site abrite dix espèces animales patrimoniales, dont une est déterminante.

Les Mammifères sont représentés par le Castor d’Europe (Castor fiber), dont la présence sur place n’a été constatée que depuis 2001. Les Oiseaux nicheurs et estivants sont représentés parle Cincle plongeur (Cinclus cinclus), le Martin pêcheur (Actitis hypoleucos) et la Pie grièche écorcheur (Lanius collurio). Les Poissons d’eau douce comprennent notamment le Barbeau méridional (Barbus meridionalis), et le Toxostome (Chondrostoma toxostoma) ainsi que le Chez les Invertébrés, mentionnons la présence de l’Ecrevisse à pieds blancs (Austropotamobius pallipes), Crustacé Décapode remarquable, en régression et devenu assez rare et localisé en région Provence Alpes Côte d’Azur aujourd’hui.

Deux insectes remarquables ont été inventoriés : l'Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale), espèce protégée qui affectionne les écoulements modestes à eaux courantes claires, ensoleillées et peuplées d'hydrophytes et le Sympétrum du Piémont (Sympetrum pedemontanum), espèce d'odonates Libellulidés des canaux et cours d'eau intermittents, peu commune en France et dont le bassin de la Durance représente un bastion.

Fonctionnalité/Liens éventuels avec d’autres ZNIEFF

Cette ZNIEFF de type 1 est incluse dans la ZNIEFF de type 2 «05_130_100 - Le Grand Buëch et le Petit Buëch à l'aval de Veynes jusqu'à la confluence avec la Durance et leurs principaux affluents : le Céans, la Blème et la Blaisance».

Les habitats liés au Buech et à ses rives, en particulier les cordons forestiers et de ripisylve, sont d’un grand intérêt écologique, pour le fonctionnement de l’écosystème lié au cours d’eau, pour leur rôles multiples : fixation des berges, maintien de la biodiversité, corridors en contact avec les milieux adjacents...

De part son orientation nord-sud et par sa position biogéographique en bordure intérieur des préalpes, où il succéde ou anticipe la dépression du sillon alpin (Trièves, Grésivaudan et Combe de Savoie), le Buëch forme de plus un axe migratoire important pour l’avifaune et de dispersion pour la flore (remontée d’espèces méditerranéennes, descente d’espèces alpines).

Commentaires sur la délimitation

Les limites du site englobent l’écocomplexe fonctionnel d’un tronçon du Grand Buëch, à l’aval d’Aspres-sur-Buëch, associant le cours d’eau proprement dit, ses bras secondaires, ses ripisylves et ses espaces connexes directement associés. Les espaces périphériques plus fortement artificialisés : terres labourées, espaces semi-urbaines sont exclus et justifient le périmètre par les ruptures écologiques et paysagères nettes qu’ils occasionnent.