15 - Jardins de coraux mous

Coral Gardens

Liste des habitats menacés et/ou en déclin de la Convention OSPAR

Libellé de l'habitat en français dans 2008-6

Jardins de coraux mous

Libellé de l'habitat en français dans 2008-7

Jardins de coraux mous

Description

Un jardin de corail se caractérise principalement par une agrégation relativement dense des colonies ou des individus d'une ou de plusieurs espèces de corail. On peut trouver des jardins de corail sur une grande variété de substrats mous et durs du fond marin. Par exemple, les jardins de corail de fonds mous peuvent être dominés par des scléractiniaires solitaires, des pennatules ou certains types de corail bambou, alors que les jardins de corail de fonds durs sont souvent dominés par des gorgones, des stylasteridae, et/ou des coraux noirs (CIEM 2007).
La diversité biologique des communautés des jardins de corail est typiquement élevée et contient plusieurs espèces de coraux appartenant à divers groupes taxonomiques, tels que les coraux cuir (Alcyonacea), les gorgones (Gorgonacea), les pennatules (Pennatulacea), les coraux noirs (Antipatharia), les coraux durs (Scleractinia) et, dans certains endroits, les hydraires (corail dentelle ou hydrocoral: Stylasteridae). Cependant les coraux durs qui forment des récifs (par exemple. Lophelia, Madrepora et Solenosmilia), lorsqu'ils sont présents, se trouvent seulement sous forme de colonies de petite taille ou éparpillées et ne représentent pas la composante dominante d'un habitat. L'habitat peut également comporter un nombre relativement élevé d'espèces d'éponges, bien qu'elles ne représentent pas la composante dominante de la communauté. D'autres espèces fauniques qui sont couramment associées sont notamment les gorgonocéphales (Gorgonocephalus), les ophiures, les crinoïdes, les mollusques, les crustacés et les poissons d'eaux profondes (Krieger et Wing 2002). Krieger et Wing (2002) concluent que le corail gorgonidé Primnoa représente à la fois un habitat et une proie pour le poisson et les invertébrés et que s'il est retiré ou endommagé les populations des espèces qui y sont associées risquent d'en souffrir.
Les densités des espèces de corail dans l'habitat varient selon les taxons et les conditions abiotiques, (par exemple profondeur, exposition aux courants, substrat). Les quelques enquêtes scientifiques disponibles indiquent que les espèces plus petites (par exemple les gorgones Acanthogorgia et Primnoa, et les stylasteridae) peuvent présenter une densité plus élevée, par exemple de 50 à 200 colonies par 100m², par rapport à des espèces plus grandes, telles que Paragorgia, dont la densité risque d'être inférieure à 1 ou 2 par 100 m². Selon la zone biogéographique et la profondeur, les jardins de corail qui contiennent plusieurs espèces de corail, peuvent en certains endroits atteindre des densités de 100 et 700 colonies par 100m². Ces densités indiquent simplement le potentiel de la richesse de la biodiversité des jardins de corail. Dans les zones où l'habitat a été perturbé, par exemple par des activités de pêche, les densités risquent d'être nettement inférieures. Il n'est pas possible, actuellement, de déterminer les valeurs seuils pour la présence d'un jardin de corail car on possède des connaissances limitées sur sa forme de croissance et sa densité sur place (ou l'abondance des capture accidentelles de corail dans les apparaux de pêche), du fait de restrictions techniques ou opérationnelles. Nous espérons que des techniques d'enquêtes visuelles permettront une meilleure connaissance dans les années à venir.
Les coraux d'eau froide qui ne forment pas de récifs se trouvent dans la plupart des régions de l'Atlantique du Nord, le plus couramment dans les eaux dont la température se situe entre 3 et 8°C (Madsen, 1944; Mortensen et al., 2006) dans le nord, mais également dans les eaux beaucoup plus chaudes du sud, par exemple près des Açores. Leur distribution bathymétrique varie d'une région à l'autre selon les diverses conditions hydrographiques mais également localement du fait des caractéristiques topographiques et de la composition du substrat. Ils peuvent être présents dans des eaux moins profondes, à 30 m (dans les fjords norvégiens) ainsi que dans des eaux profondes de plusieurs milliers de mètres sur les monts sous-marins de pleine mer. L'habitat est souvent sujet à des courants forts ou modérés, ce qui empêche la déposition de vase sur le substrat dur qui sert de support à la plupart des espèces de corail. Le substrat dur peut se composer de sol rocheux ou de gravier/rocher, ces derniers proviennent souvent de dépôts de moraine glaciaire, alors que les sédiments mous sableux/argileux peuvent également servir de support à des coraux d'eau froide (essentiellement des pennatules et certaines gorgones parmi les Isididae).

Remarques sur la détermination pratique et la cartographie de l'habitat: Etant donnée la diversité de l'apparence possible de l'habitat dans l'Atlantique du Nord-est, il sera nécessaire d'élaborer une description plus précise de l'habitat tel qu'il se présente selon les divers substrats, profondeurs et régions. Il sera nécessaire d'avoir l'opinion d'experts pour des emplacements individuels afin de distinguer cet habitat des habitats environnants, notamment une évaluation des densités pertinentes des espèces d'octocorail qui constituent cet habitat. Il est nécessaire d'avoir une description des jardins de corail à l'échelle d'un site, au titre de la première étape dans le sens d'une meilleure clarification, qui permettra de mieux affiner la définition de cet habitat et de l'inclure dans les classifications nationales et européennes. La définition de l'habitat ci-dessus ne comprend pas les habitats du plateau et des eaux côtières avec des communautés de pennatules et d'octocorail (par exemple Alcyonium spp. Caryopyllia spp.), notamment l'habitat OSPAR «pennatules et mégafaune fouisseuse» ou des habitats d'eaux plus profondes où dominent les coraux sclératiniaires coloniaux (récifs de Lophelia pertusa) ou les éponges (agrégats d'éponges d'eaux profondes).

Régions OSPAR où les habitats sont présents

I, II, III, IV, V

Régions OSPAR où l'habitat est menacé et/ou en déclin

Partout où l’habitat est présent

Bibliographie

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