Charetum balticae Kornaś 1959

Prodrome des végétations de France décliné (PVF2)

Synécologie

Association héliophile des eaux peu profondes (0,5-2 m), basiques oligohalines à mésohalines (salinité : 0,5-18 g/L) (Torn, 2008) ; présente dans les marais salants, les lagunes sur substrat sablonneux calcarifère et marno-calcaire plus ou moins vaseux.

Nom cité du syntaxon

Charetum balticae Kornás 1959 (Bull. Acad. Pol. Sci, II, 7 (1): 7).
Bien que Chara baltica et Chara intermedia ne puissent être identifiées de façon significative par leurs caractères morphologiques mais seulement par l'étude expérimentale des conditions de développement et l'analyse de séquences génétiques (Boegle et al., 2010), la distinction est maintenue ici entre le Charetum balticae, association des eaux saumâtres, et le Charetum intermediae, association des eaux douces.

Synonymes

Charo [‘Chareto’] - Tolypelletum Kornás & Medwecka-Kornás 1950 p.p. prov. (art. 3b) (Vegetatio. Acta Geobotanica 2 (2-3) [1949]: 122 bis).

Type nomenclatural

Typus nominis in Felzines & Lambert 2012 : rel. 6 (neotypus), tab. p. 69 in Dambska, 1966 (Poznanskie Towarzystwo Przyjaciol Nauk... 31 (3): 69).

Physionomie

Herbiers plus ou moins denses (jusqu'à 60-80 cm de haut) généralement incrustés de calcaire où se mêlent des espèces des Potametea (Potamogeton pectinatus, Zannichellia palustris) et des transgressives des Ruppietalia maritimae (Althenia filiformis, Zannichellia pedicellata, Ruppia maritima).

Combinaison caractéristique d'espèces

Chara baltica Bruz.

Variations

Les populations baltes et méditerranéennes de Chara baltica se distinguent par des caractères génétiques et physiologiques (Boegle et al., 2010) mais aussi par la morphologie de l'oospore (Blume et al., 2009) sans qu'il soit possible d'identifier des syntaxons distincts.

Synchorologie

Association décrite dans les parties saumâtres de la mer Baltique (Kornás, 1959) et du littoral méditerranéen occidental espagnol (Cirujano et al., 2007 : 63) et français.
Languedoc-Roussillon [Aude : La Palme (Dambska, 1966, tab. : 69) ; Gard : étang du Charnier, Petite Camargue (Mouronval, com. pers., 2011)] ; Provence-Alpes-Côte d'Azur [Bouches du Rhône (Camargue) : Tour du Valat ; étang du Vaccarès (Tallon, 1957 ; Guerlesquin & Podlejski, 1980) ; marais de Romieu, Pioch Badet (Dambska, 1966, tab. : 69)]. Chara baltica a été encore observée récemment en France [Salin du Caban (Bouches du Rhône) (Mouronval, 2010 : tab. 3 in Felzines & Lambert 2012, col. 9) ; Vic-la-Guardiole et Frontignan (Hérault) (Boegle et al., 2010 : 196)].

Axes à développer

À chercher sur le littoral atlantique où Chara baltica a été observé autrefois [île d'Oléron] par Lloyd, 1897. L'espèce existe peut-être sur le littoral de la Manche [Guernesey (Corillion, 1975)]. Rechercher l'existence éventuelle d'une vicariance de syntaxons (variantes ou sous-association) par une étude comparative des groupements balte et méditerranéen.

Bibliographie

Felzines J.-C. & Lambert E., 2012. Contribution au prodrome des végétations de France : les Charetea fragilis Fukarek 1961. J. Bot. Soc. Bot. France, 59 : 133-188. (Source)

 Felzines J.-C. & Lambert E., 2016. Contribution au prodrome des végétations de France : modification de la structure syntaxinomique des Charetea et compléments. J. Bot. Soc. Bot. France, 74 : 41-55. (Source)

Blume M. et al., 2009

Boegle M.G. et al., 2010

Cirujano S. et al., 2007

Corillion R., 1975

Dambska I., 1966

Guerlesquin M. & Podlejski V., 1980

Kornás J., 1959

Lloyd J., 1897

Tallon G., 1957

Torn K., 2008.