II.1.1.b. - Faciès des salines

Typologie des biocénoses benthiques de Méditerranée

Facteurs abiotiques

Etage : Médiolittoral
Nature du substrat : Vase, sable vaseux et sable
Répartition bathymétrique : Niveau de l’eau variable
Situation : Lagunes et marais
Hydrodynamisme : Faible
Salinité : Fortes variations
Température : Fortes variations
Lumière : /
Régime trophique : Halo-eutrophe

Caractéristiques stationnelles

Portion extrême des lagunes et marais, le plus souvent soumise à un confinement complet dû à la séparation naturelle ou artificielle des milieux aquatiques contigus et impossibilité, pendant de longues périodes (en termes de mois) d'arrivée d'eaux salées ou non. Les salines sont limitées, de même, par le milieu continental. Elles correspondent à l'étage médiolittoral.

Variabilité

Milieux à caractère évaporitique dans lesquels l’eau à salinité faible ou normale s’évapore en période estivale (marais salants). La dessiccation peut être totale avec production de « sel », saumures évaporitiques de composition variées, en général chlorure de sodium (halite), mais aussi sels potassiques, magnésiens, bromés, gypse, etc. La température joue un rôle crucial dans l’établissement des salines.

Dynamique

La formation progressive de ces dépôts minéraux s'accompagne d'une évolution progressive du peuplement végétal et animal, jusqu'à sa disparition. On passe de peuplements des milieux saumâtres, de type euryhalin et eurytherme (II.1.1, et ses différents faciès) à un peuplement extrêmement particulier et évolutif en fonction de l'accroissement de la salinité, lié aux saumures évaporitiques : assemblages cyanobactériens mono ou paucispécifiques comprenant Lyngbya, Microcoleus, puis Oscillatoria, Spirulina et des bactéries du soufre et du fer, des chlorophycées Dunaliella viridis, puis D . salina (forme rouge donnant la coloration des tables salantes en activité), rotifères, nématodes, crustacé branchiopode Artemia salina qui peut résister à des salinités de 300.
En fonction des apports en eau, ou de son absence et de la température ambiante, les salines évoluent vers un état de lagunes saumâtres, plus ou moins temporelles ou comme des bassins évaporitiques permanents.

Espèces caractéristiques

Assemblages cyanobactériens mono ou paucispécifiques comprenant Lyngbya, Microcoleus, puis Oscillatoria, Spirulina et des bactéries du soufre et du fer, des chlorophycées Dunaliella viridis, puis D. salina, rotifères, nématodes, crustacé branchiopode Artemia salina.

Intérêt pour la conservation

Ces salines sont souvent le lieu de nourrissage d'oiseaux et notamment des flamants roses, Phoenicopterus ruberroseus, et les Tadornes Tadorna tadorna. La plupart des oiseaux ne fréquentent ces salines que lorsque leur salinité est faible à moyenne. Seuls les flamands roses sont présents dans les secteurs de haute salinité. Phoenicopterus ruberroseus et Larus genei sont dépendants des salines pour leur reproduction. Par ailleurs l'importance économique de ces salines est exceptionnelle et elles doivent, de ce fait, être préservées de rejets polluants.

Menaces potentielles

Les zones de salines sont soumises aux mêmes risques que les biocénoses lagunaires et estuariennes, soit une forte anthropisation.

Bibliographie

Michez N., Dirberg G., Bellan-Santini D., Verlaque M., Bellan G., Pergent G., Pergent-Martini C., Labrune C., Francour P., Sartoretto S., 2011. Typologie des biocénoses benthiques de Méditerranée, Liste de référence française et correspondances. Rapport SPN 2011 - 13, MNHN, Paris, 50 p. (Source)

 PNUE, PAM, CAR/ASP, 2007. Manuel d’interprétation des types d'habitats marins pour la sélection des sites à inclure dans les inventaires nationaux de sites naturels d’intérêt pour la Conservation. Pergent G., Bellan-Santini D., Bellan G., Bitar G. et Harmelin J.G. eds., CAR/ASP publ., Tunis, 199 p.