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2180-2 - Dunes boisées littorales thermo-atlantiques à Chêne vert

Liste hiérarchisée et descriptifs des habitats des Cahiers d'habitats

Caractéristiques stationnelles

Cet habitat se développe sur les arrière-dunes, sur un substrat plus ou moins sec, de nature sablo-organique et généralement calcarifère. Il se situe dans la zone littorale du centre-ouest de la France, soumise à un climat thermo-atlantique caractérisé par un net déficit hydrique estival.

Variabilité

Il existe une certaine variabilité écologique au sein de l’association à Chêne vert (Quercus ilex) et Pin maritime (Pinus pinaster subsp. atlantica) (Pino pinastri-Quercetum ilicis) avec :
- une forme plus sèche et plus ouverte sur sables décalcifiés : Ajonc d’Europe (Ulex europaeus), Genêt à balai (Cytisus scoparius subsp. scoparius), Bruyère à balai (Erica scoparia) ;
- une forme plus fraîche et plus fermée sur sables plus calcarifères : Petit-Houx (Ruscus aculeatus), Lierre (Hedera helix), Iris fétide (Iris foetidissima), Daphné lauréolé (Daphne laureola).

Physionomie, structure

La physionomie générale est celle d’une pinède maritime à sous-étage de Chêne vert, accompagné de l’Arbousier (Arbutus unedo) et parfois du Chêne pédonculé (Quercus robur). En fonction du type d’exploitation forestière, les strates basses sont plus ou moins nettement observables.
La bordure maritime de certaines dunes boisées est parfois occupée par une chênaie verte pure, dont les parties les plus proches de la mer sont fortement sculptées par le vent ; cette forêt dense, bas-branchue et présentant le plus souvent une strate arbustive basse, est plus ou moins facilement pénétrable.

Confusions possibles

Confusion possible avec dunes boisées littorales thermo-atlantiques à Chêne liège (fiche 2120-3), dont il se distingue par la présence du Chêne vert.

Dynamique

Spontanée :
Ce type de boisement ne présente pas de dynamique particulière en raison de son caractère climacique.

Liée à la gestion :
La dynamique interne de cet habitat est fortement marquée par les pratiques sylvicoles qui ont toujours été favorables au Pin maritime au détriment du Chêne vert et des autres éléments du cortège arbustif et chaméphytique : on note la présence d’une phase jeune de recolonisation à Pin maritime après les coupes d’exploitation.

Habitats associés ou en contact

Dunes grises des côtes atlantiques avec végétation de l’Euphorbio portlandicae-Helichrysion stoechadis (UE : 2130*).
Dépressions humides intradunales (UE : 2190), dunes à Saule des dunes, Salix arenaria (UE : 2170).
Chênaie verte littorale basse et bordée par un manteau bas à Garance et Ciste à feuilles de sauge (Rubio peregrinae-Cistetum salviifoliae).
Fourré-manteau du Daphno gnidi-Ligustretum vulgaris.
Cet habitat est plus rarement en contact avec les dunes mobiles à Oyat, Ammophila arenaria (UE : 2120), et les arrière-dunes boisées à Chêne pédonculé (fiche : 2180-5).

Répartition géographique

En France, cet habitat est présent sur les principaux massifs dunaires du littoral du Centre-Ouest, de l’estuaire de la Loire au bassin d’Arcachon. Son optimum se situe sur le littoral de la Charente-Maritime, de l’île d’Oléron à Royan. Vers le nord, l’extrême irradiation de cet habitat dépasse le littoral nord de la Loire (presqu’île guérandaise) et atteint la presqu’île de Rhuys (Morbihan).

Valeur écologique et biologique

Grande valeur patrimoniale de ces forêts littorales qui constituent des témoins des forêts climaciques arrière-dunaires thermo-atlantiques. Cet habitat possède une aire de répartition géographique limitée et occupe souvent de faibles superficies.
Plusieurs associations à grande valeur patrimoniale caractérisent les manteaux associés à ce type d’habitat forestier.
Présence d’espèces végétales à valeur patrimoniale : Céphalantère rouge (Cephalanthera rubra), Céphalanthère à larges feuilles (Cephalanthera latifolia), Épipactis à fleurs pendantes (Epipactis phyllanthes), Doradille onoptéris (Asplenium onopteris).

États de conservation

États à privilégier :
Yeuseraie à strate arborescente dominée par le Chêne vert, avec une strate arbustive parfois assez dense et une strate basse dominée par des herbacées et des ligneux bas.

Autres états observables :
Forêts ayant fait l’objet d’une gestion forestière et dont la strate arborescente est dominée par le Pin maritime.
Phase pionnière à Pin maritime.

Tendances et menaces

Destruction des habitats dunaires à la suite de remblaiements, de décharges sauvages, ou dans le cadre d’aménagements touristiques ou portuaires, de l’urbanisation littorale…
Saupoudrage éolien en provenance de la dune bordière déstabilisée, provoquant un ensablement progressif de la forêt qui, à terme, meurt par asphyxie.
Surfréquentation touristique du sous-bois (piétinement, tassement du sol, eutrophisation).
Enrésinements massifs (monoculture du Pin maritime) des arrière-dunes et gestion forestière productiviste.
Incendies.

Axes de recherche

Apporter des précisions concernant la typologie fine de ce type d’habitat au sein de son aire de répartition.
Dans certains sites représentatifs, mettre en place un suivi à long terme de la dynamique de cet habitat, en l’absence de toute intervention humaine.

Fiche du cahier d'habitats (format pdf)
Bibliographie

 Bensettiti F., Bioret F., Roland J. & Lacoste J.-P. (coord.), 2004. « Cahiers d’habitats » Natura 2000. Connaissance et gestion des habitats et des espèces d’intérêt communautaire. Tome 2 - Habitats côtiers. MEDD/MAAPAR/MNHN. Éd. La Documentation française, Paris, 399 p. + cédérom. (Source)