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8150-1 - Éboulis siliceux, collinéens à montagnards, des régions atlantiques et sub-continentales

Liste hiérarchisée et descriptifs des habitats des Cahiers d'habitats

Caractéristiques stationnelles

Étage collinéen et montagnard (altitude inférieure à 1 600 m en général).
Substrats pauvres, de nature siliceuse (granites, roches méta- morphiques, grès…).
Éboulis souvent sur forte pente où la matière organique ne peut dans ce cas s’accumuler et donc où le substrat reste pauvre en nutriments. Sur pente moyenne, la matière organique, qui peut s’y accumuler, sous l’action de la lumière, libère de l’azote recherché par quelques nitroclines à nitrophiles.
Habitats se développant sur pierriers, éboulis naturels ou non (se retrouvant aussi sur des débris rocheux de carrière, talus rocheux de route…).

Variabilité

La variabilité observée au sein de cet habitat repose sur des critères d’ordre géographique et secondairement sur des critères liés à l’exposition, permettant ainsi de distinguer les communautés suivantes.
En région atlantique : communauté à Anarrhinum à feuilles de Pâquerette (Anarrhinum bellidifolium) [Anarrhinetum bellidifolii].
En région subatlantique et continentale sous influence océanique :
- sur pentes sèches, dénudées (carrières, routes, falaises), exposées au sud ou à l’est abritant donc une végétation héliophile : éboulis à Galéopsis des moissons (Galeopsis segetum) [Galeopsietum segetum], en présence de Jasione des montagnes (Jasione montana), Digitale pourpre (Digitalis purpurea)… ;
- sur pentes ombragées, en forêt, sur éboulis, ou carrières, abritant donc une végétation sciaphile : éboulis à Galéopsis bifide (Galeopsis bifida) [Galeopsietum bifidae], en présence de Géranium herbe-à-Robert (Geranium robertianum), Polypode vulgaire (Polypodium vulgare)…

Physionomie, structure

Végétation dispersée à faible recouvrement (5-20 %), marquée :
- soit par le Galéopsis des moissons et la Jasione des montagnes ;
- soit par le Galéopsis bifide et le Géranium herbe-à-Robert ;
- soit par l’Anarrhinum à feuilles de pâquerette, la Germandrée scorodoine (Teucrium scorodonia), le Millepertuis perforé (Hypericum perforatum).

Confusions possibles

Sur substrat siliceux, aux étages collinéen et montagnard, il est difficile de confondre ces éboulis à Galéopsis ou à Anarrhinum à feuilles de pâquerette avec d’autres types d’habitat.

Dynamique

Généralement, compte tenu de la pente forte, la communauté présente un caractère permanent.
Le plus souvent, la phase pionnière est préparée, à l’étage mon- tagnard surtout, par l’installation de lichens et d’une mousse, Racomitrium lanuginosum, qui fournit une végétation clairsemée, recouvrant les blocs, remplissant les creux avec ses larges touffes grisâtres. Les lichens retiennent les poussières atmosphériques. Peu à peu s’amasse de la matière fine mise à profit par les plantes à fleurs de l’éboulis.
La matière organique interstitielle peut s’enrichir en azote sous l’action de la lumière (milieu largement ouvert). On voit alors s’installer quelques nitroclines ou nitrophiles (Géranium herbe- à-Robert, Pâturin des bois). Souvent le sol reste très acide accueillant quelques touffes de Callune.
Avec la fixation du pierrier, des espèces plus recouvrantes telles que l’Agrostide capillaire (Agrostis capillaris), le Pâturin des bois, peuvent parfois s’infiltrer, suivies de ligneux qui s’installent en peuplements dispersés [Genêt à balais (Cytisus scoparius) ou Genêt purgatif (Cytisus oromediterraneus)]. On note également souvent en altitude la fréquence élevée du Sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia).

Habitats associés ou en contact

Habitats de fentes de rochers siliceux [Code UE : 8220].
Pelouses acidiphiles [Code UE : 6230*].
Landes diverses, à Callune [Code UE : 4030], à Genêt à balais [Code Corine : 31.84], à Genêt purgatif [Code UE : 5120].
Divers types forestiers :
- hêtraies-chênaies, hêtraies (sapinières-hêtraies) acidiphiles : à Luzule blanchâtre (Luzula luzuloides) [Code UE : 9110], à Houx (Ilex aquifolium), Luzule blanc de neige (Luzula nivea) [Code UE : 9120] ;
- tillaies acidiphiles [Code UE : 9180*].

Répartition géographique

Ces communautés ont encore été très peu étudiées en France. Il semble que l’on puisse les rencontrer sur les montagnes siliceuses atlantiques (Ardenne, Massif central, Pyrénées) et continentales sous influences océaniques [Vosges, Jura (montagne de la Serre), Alpes du Nord …].
Des observations nombreuses restent à entreprendre pour préciser ces aires de répartition.

Valeur écologique et biologique

Ce type d’habitat couvre toujours de très faibles étendues aux étages collinéen et montagnard.
Les cortèges floristiques rassemblent quelques espèces intéressantes (inféodées à ces milieux et donc peu répandues : Anarrhinum bellidifolim, Sedum rupestre…).

États de conservation

États à privilégier :
Tous les stades dynamiques des éboulis « naturels » où se maintiennent les espèces caractéristiques des éboulis.

Tendances et menaces

Ce type d’habitat est généralement peu menacé par des actions extérieures. Toutefois, le fonctionnement de l’éboulis naturel peut être remis en question dans certains cas :
- le passage d’une piste, d’un sentier… ;
- l’ouverture de carrières sur les sites colonisés par cet habitat.

Axes de recherche

Nous ne disposons que de peu d’informations sur ces végétations. Il est donc nécessaire de recueillir le maximum de données qui permettront de confirmer l’aire de répartition de l’habitat élémentaire cité et de ses variables écologiques et dynamiques.
Mettre en place des dispositifs de suivi afin d’étudier les modalités et les vitesses d’évolution de ces habitats.

Fiche du cahier d'habitats (format pdf)
Bibliographie

Bensettiti F., Herard-Logereau K., Van Es J. & Balmain C. (coord.), 2004. « Cahiers d’habitats » Natura 2000. Connaissance et gestion des habitats et des espèces d’intérêt communautaire. Tome 5 - Habitats rocheux. MEDD/MAAPAR/MNHN. Éd. La Documentation française, Paris, 381 p. + cédérom. (Source)