8330-1 - Grottes en mer à marées (façade atlantique)

Liste hiérarchisée et descriptifs des habitats des Cahiers d'habitats

Caractéristiques stationnelles

Les grottes de l'étage médiolittoral sont creusées dans des falaises rocheuses de nature variée. Leur entrée émerge à basse mer, tandis que leur fond peut rester immergé grâce à la présence de grandes vasques ou de petites cuvettes. Dans ces micromilieux, la lumière restreinte et l'atténuation des conditions hydrodynamiques permettent la venue et la survie d'espèces sciaphiles (= ombrophiles) des étages inférieurs.
Les surplombs rocheux à l'abri de la lumière et de la dessiccation font également partie de cet habitat.

Variabilité

Elle est liée à la taille de l'anfractuosité et à son orientation par rapport à l'hydrodynamisme dominant. Il existe un gradient d'atténuation de la variabilité des facteurs écologiques de l'entrée de la grotte vers les zones les plus profondes, mais la zonation caractéristique des milieux rocheux est ici peu perceptible. Le fond de la grotte peut être occupé par un amas de blocs. L'écoulement d'eau douce, tout en maintenant l'humidité, peut perturber la présence d'animaux marins.

Espèces "indicatrices"

Au plafond et à l'entrée des grottes (porches), le couvert végétal est composé du lichen noir Verrucaria mucosa, des algues rouges Catenella caespitosa muscinante et Hildenbrandia rubra encroûtante. Le pulmoné Oncidiella celtica, l'actinie Actinia equina et le Pouce-pied (Pollicipes cornucopiae) habitent les parties toujours émergées de l'habitat.
Les surplombs et les parties inférieures des grottes sont richement colonisés par :
- des gazons de bryozoaires (Scrupocellaria spp.) et d'hydraires (Eudendrium spp., Sertularella spp.) ;
- des tapis d'éponges (Scypha raphanus, Grantia compressa, Halichondria panicea, Hymeniacidon sanguinea, Leucosolenia variabilis, Pachymatisma johnstonia) ;
- des polychètes Serpulidés (Pomatoceros triqueter, Spirorbis spp.) ;
- des ascidies coloniales ou solitaires (Dendrodoa grossularia, Botryllus schlosseri, Bothrylloides leachi, Morchellium argus) ;
- les Balanes Balanus crenatus et B. perforatus ;
- les mollusques Trivia arctica et T. monacha et l'étoile Asterina gibbosa.
La présence d'espèces des niveaux inférieurs (infralittoral et circalittoral) témoigne des conditions d'atténuation de la lumière. Parmi celles-ci figurent les algues rouges sciaphiles : Lomentaria articulata, Plumaria plumosa, Membranoptera alata..., ainsi que les cnidaires Actinothoe sphyrodeta, Balanophyllia regia, Caryophyllia smithii, Corynactis viridis, Sagartia troglodytes.

Confusions possibles

Aucune confusion possible.

Correspondances

Typologie ZNIEFF-Mer (1994) : II.5.4.1, enclave infralittorale.
Typologie Marine Biotopes (1996) : LR Ov (overhangs = surplombs and caves)

Habitats associés ou en contact

Contacts avec les falaises atlantiques (UE : 1230), la roche médiolittorale (fiches : 1170-2 et 1170-3) et la roche infralittorale (fiches : 1170-5 et 1170-6), cf. figure 6, page 119.

Répartition géographique

L'habitat est présent tout au long des côtes rocheuses fracturées. Certains sites sont prestigieux teles les telles les grottes de la presqu'île de Crozon.

Valeur écologique et biologique

Ces grottes constituent un milieu exceptionnel sur le plan patrimonial. Elles peuvent par exemple héberger des espèces comme :
- le Crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax) ;
- le Grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum, UE : 1304), chauve-souris dont les effectifs dans les grottes représente un pourcentage non négligeable de l'ensemble de la population française ;
- le Trichomanès remarquable (Trichomanes speciosum, UE : 1421), fougère que l'on ne rencontre dans ce type de milieu que sous la forme de gamétophyte ;
- la Capillaire de Montpellier (Adiantum capillus-veneris), dans les grottes de Morgat et de Belle-Île.
L'atténuation de la lumière permet de mieux identifier le rôle de ce facteur. Ces milieux ont donc une valeur pédagogique, mais aussi esthétique. Beaucoup d'entre eux témoignent de l'occupation humaine par les nombreux vestiges archéologiques retrouvés.

Tendances et menaces

Ces profondes anfractuosités du littoral peuvent recevoir et voir s'accumuler des déchets de toutes sortes.
Si la fréquentation par les barques n'est pas menaçante en elle-même, la visite de ces sites à des fins pédagogiques doit par contre être limitée, afin d'éviter un piétinement  et un prélèvement  trop intensif des espèces.

Modes de gestion recommandés

L'accès à ces grottes doit être limité.

Axes de recherche

Ces sites devraient être mieux inventoriés, mais avec la plus extrême prudence au niveau des conditions d'accès.

Fiche du cahier d'habitats (format pdf)
Bibliographie

 Bensettiti F., Bioret F., Roland J. & Lacoste J.-P. (coord.), 2004. « Cahiers d’habitats » Natura 2000. Connaissance et gestion des habitats et des espèces d’intérêt communautaire. Tome 2 - Habitats côtiers. MEDD/MAAPAR/MNHN. Éd. La Documentation française, Paris, 399 p. + cédérom. (Source)

Bensettiti F., Herard-Logereau K., Van Es J. & Balmain C. (coord.), 2004. « Cahiers d’habitats » Natura 2000. Connaissance et gestion des habitats et des espèces d’intérêt communautaire. Tome 5 - Habitats rocheux. MEDD/MAAPAR/MNHN. Éd. La Documentation française, Paris, 381 p. + cédérom. (Source)

CONNOR D.W., BRAZIER D.P., HILL T .O., HOLT R.H.F., NORTHEN K.O. et SANDERSON W.G., 1996 - Marine Nature Conservation Review : marine biotopes. A working classification for the British Isles. Version 96.7., Peterborough, Joint Nature Conservation Commitee. 340 p.

DAUVIN J.C., BELLAN G., BELLAN-SANTINI D., CASTRIC A., COMOLET-TIRMAN J., FRANCOUR P., GENTIL F., GIRARD A., COFAS S., MAHÉ C., NOËL P. et DE REVIERS B., (edit.), 1994 - Typologie des ZNIEFF-Mer, liste des paramètres et des biocénoses des côtes françaises métropolitaines. 2ème Edition. Collection Patrimoines Naturels. Secrétariat de la Faune et la Flore/M.N.H.N., 12 : 1-64.

DE BEAUCHAMP P., 1914 - Les grèves de Roscoff. Lhomme ed., Paris, 270 p.