9320-3 - Peuplements à Lentisque, Oléastre et Clématite à toupet du littoral corse

Liste hiérarchisée et descriptifs des habitats des Cahiers d'habitats

Caractéristiques stationnelles

Type d’habitat climacique de l’étage thermoméditerrnéen littoral (climat très doux, température annuelle supérieure à 15°).
Conditions thermophiles à xérophiles.
Étage occupant une surface réduite, pouvant atteindre 100 m à 180 m sur versants d’adrets.
Végétation ponctuelle ; rareté des groupements climaciques du fait de la dégradation anthropique.
Occupe différentes situations : sur dunes évoluées (rare) au contact des chênaies vertes ; sur pentes plus ou moins fortes, plus ou moins rocailleuses, fonds de vallons, près du littoral, dans les zones les plus chaudes.
Installé sur substrat siliceux, plus rarement calcaire ou schisteux. Sols peu à moyennement profonds, peu évolués.

Variabilité

Variations selon la position topographique :
- variante de fond de vallon littoral avec les formations les plus denses, à physionomie sylvatique (pouvant atteindre 6 m-8 m) dominée par le Filaria à feuilles larges (Phillyrea latifolia) et le Lentisque (Pistacia lentiscus) ; présence du Frêne à fleurs (Fraxinus ornus) ;
- variante des pentes bien exposées, installée entre les groupements littoraux et les maquis ou yeuseraies plus internes ; fruticées assez basses (la taille étant due à l’action des vents violents) ;
- maquis littoraux de vallons internes très chaud, avec Arbousier et Bruyère arborescente en plus des espèces du groupement.

Physionomie, structure

Formations très denses de taille variée selon les conditions topographiques (6-8 m ou 2 m). Le Lentisque est bien souvent dominant au niveau recouvrement, les espèces les plus élevées étant le Filaria à feuilles larges, l’Oléastre (assez rare en général).
La strate arbustive plus basse se compose de l’Arbousier, de la Bruyère arborescente, de l’Alaterne, du Bois garou, du Chèvrefeuille des Baléares…
La strate herbacée est discontinue et souvent peu recouvrante ; on y observe la Garance voyageuse, l’Arisarum commun, le Cyclamen étalé…

Confusions possibles

Aucune confusion possible.

Dynamique

Spontanée :
- Pelouses à Isoetes histrix et Radiola linoides de fond de vallon --> Maquis bas à Lentisque --> Groupement élevé à Lentisque, Clématite et Tamier.
- Pelouses à Tuberaria guttata et Plantago bellardii --> Maquis bas à Lentisque --> Groupement à Lentisque et Clématite, et Salsepareille ou Arbousier.
- Végétation à Thymelaea hirsuta et Helichrysum italicum de la zone aérohaline --> Fourrés à Myrte et Lentisque --> Groupement à Lentisque et Clématite et Salsepareille.
- Dégradation sur sols peu profonds --> Pelouses --> Groupement à Euphorbia dendroides.

Habitats associés ou en contact

Végétation à Euphorbe en arbre (UE : 5330).
Yeuseraie intérieure (UE : 9340).
Végétation des oueds (UE : 92D0).
Pelouses siliceuses sèches à Tuberaria guttata.
Pelouses de fonds de vallons sur sols inondés l’hiver à Isoetes histrix.
Maquis à Arbutus unedo et Erica arborea.
Fruticées naines sur silice avec Asparagus albus, Arum pictum, Genista corsica, Teucrium marum ...
Groupement de fentes de rochers siliceux à Cosentinia vellea, Cheilanthes guanchica, Ch. maderensis, Ch. tinaei ; groupements à Umbiculus rupestris et Asplenium obovatum(UE : 8220).
Végétation à Thymelaea hirsuta et Helichrysum italicum de la zone aérohaline (UE : 1240).

Répartition géographique

Le long de toute la côte occidentale jusqu’au cap Corse.
Plus discret sur la côte orientale : n’apparaît nettement qu’au sud de Solenzara.

Valeur écologique et biologique

Type d’habitat occupant une aire réduite avec des habitats de faible étendue.
Type d’habitat de grand intérêt patrimonial.
Participe à des mosaïques d’habitats du plus grand intérêt par la diversité des niches écologiques offertes aux espèces végétales et animales.

États de conservation

États à privilégier :
Fruticées denses à Lentisque, Clématite et Oléastre.

Tendances et menaces

État à peu près stable actuellement.
Forte régression du fait des actions anthropiques :
- urbanisation ;
- incendies.

Potentialités intrinsèques de production

Aucune valorisation économique directe.
Cet habitat participe aux paysages naturels très prisés par le public —› valorisation touristique indirecte.

Axes de recherche

Préciser les conditions écologiques par des relevés phytoécologiques.
Étude fine des phénomènes dynamiques dans les stations ainsi définies.

Bibliographie

 Bensettiti F., Rameau J.-C. & Chevallier H. (coord.), 2001. « Cahiers d’habitats » Natura 2000. Connaissance et gestion des habitats et des espèces d’intérêt communautaire. Tome 1 - Habitats forestiers. Volume 2. MATE/MAP/MNHN. Éd. La Documentation française, Paris, 423 p. + cédérom. (Source)