4040-1 - Landes littorales thermophiles et atlantiques à Erica vagans

Liste hiérarchisée et descriptifs des habitats des Cahiers d'habitats

Caractéristiques stationnelles

Étage bioclimatique thermo-atlantique, de 20 à 100 m d’altitude.
Exposition forte aux embruns, parfois aux paquets de mer par tempête. Fort déficit hydrique estival possible.
Position générale sur les hauts de falaise et sur les bordures les plus exposées des plateaux.
Substrat en général argilo-schisteux, acido-neutrocline non podzolisé, riche en cations, notamment en magnésium.

Variabilité

Diversité typologique en rapport avec la distribution géographique et la localisation topographique zonale.

Dans le Sud-Ouest (Pays basque), lande littorale à Leucanthème à feuilles charnues et Bruyère vagabonde [Leucanthemo crassifolii-Ericetum vagantis], avec présence d’espèces thermophiles (ou endémiques) comme le Smilax rude (Smilax aspera), le Lithodore couché (Lithodora prostrata), le Leucanthème à feuilles charnues (Leucanthemum ircutianum subsp. crassifolium). Suivant le gradient bionomique zonal, du haut de falaise aux plates-formes plus internes, le rôle des halophytes aérohalins va décroissant et on peut distinguer les variations suivantes :
- sous-association à Fétuque pruineuse [subass. festucetosum pruinosae], plus halophile avec : Fétuque pruineuse (Festuca rubra subsp. pruinosa), Dactyle océanique (Dactylis glomerata subsp. oceanica);
- sous-association à Primevère sans tige [subass. primuletosum vulgaris], plus fraîche avec : Anthyllide vulnéraire maritime (Anthyllis vulneraria subsp. vulneraria var. sericea), Primevère sans tige (Primula vulgaris), Samole de Valerand (Samolus valerandi), Osmonde royale (Osmunda regalis)… ;
- sous-association à Smilax rude [subass. smilacetosum asperae], plus protégée avec : Smilax rude, Tamier commun (Tamus communis), Cirse filipendule (Cirsium filipendulum), Lithodore couché…

Dans les îles sud-armoricaines, lande littorale à Ajonc d’Europe maritime et Bruyère vagabonde [Ulici maritimi-Ericetum vagantis], où manquent les espèces thermophiles précédentes. De même que précédemment, suivant le gradient bionomique zonal on peut distinguer les variations suivantes :
- sous-association à Carotte de Gadeceau [subass. daucetosum gadeceaui], plus halophile avec : Carotte de Gadeceau (Daucus carota subsp. gadeceaui), Obione faux pourpier (Halimione portulacoides), Plantain holosté littoral (Plantago holosteum var. littoralis), Fétuque pruineuse ;
- sous-association à Cuscute du thym [subass. cuscutetosum epithymi], optimale avec la Cuscute du thym (Cuscuta epithymum); -sous-association à Bruyère ciliée [subass. ericetosum ciliaris], plus interne et plus fraîche avec : Bruyère ciliée (Erica ciliaris), Siméthis à feuilles planes (Simethis mattiazzii), Scorzonère humble (Scorzonera humilis), Jonc maritime (Juncus maritimus)…

Physionomie, structure

Il s’agit typiquement de landes rases à semi-rases modelées par le vent et les embruns.
Très rases, voire ouvertes et riches en espèces aérohalines [Fétuque pruineuse, Dactyle océanique, Obione faux pourpier, Carotte porte-gomme (Daucus carotta subsp. gummifer)…] sur le haut des falaises et les rebords de plateaux, ces landes se ferment, deviennent plus denses et un peu plus élevées en retrait.
La physionomie est codominée par la Bruyère vagabonde (Erica vagans) [représentée ici par un écotype littoral] et la forme maritime prostrée de l’Ajonc d’Europe (Ulex europaeus f. maritimus).

Confusions possibles

Aucune.

Dynamique

Quasiment nulle. Végétation primaire spécialisée, permanente, soumise à une extrême contrainte de milieu. Cependant, possible évolution vers les fourrés littoraux en situation plus protégée.

Habitats associés ou en contact

Au Pays basque :
- en contact inférieur halophile : pelouses aérohalines du Crithmo maritimi-Plantaginetum maritimae [Crithmo maritimi-Armerion maritimae, code UE : 1230] et du Leucanthemo crassifolii-Festucetum rubrae [Sileno maritimae-Festucion pruinosae, code UE : 1230] ; -en contact supérieur : fourrés littoraux du Rubo ulmifolii-Tametum communis [Ulici europaei-Rubion ulmifolii, code Corine : 31.83] dans une forme thermophile à Smilax rude.
En secteur sud-armoricain (îles morbihannaises) : -en contact inférieur halophile : végétation chasmophytique du Crithmo-Spergularietum rupicolae [Crithmo maritimi-Armerion maritimae, code UE : 1230], pelouses aérohalines du Dauco gummiferi-Armerietum maritimae et du Festuco huonii-Plantaginetum holostei [Sileno maritimae-Festucion pruinosae, code UE : 1230], pelouses thérophytiques du Bromo ferronii-Anthoxanthetum aristati [Saginion maritimae, code Corine : 15.13] ; -en contact latéral et supérieur : dalles du Sedion anglici, fourrés de l’Ulici maritimi-Prunetum spinosae [Ulici europaei-Rubion ulmifolii, code Corine : 31.83], vasques plates amphibies de l’Ophioglosso lusitanici-Isoetetum histricis [Cicendion filiformis, code UE : 1230].

Répartition géographique

Habitat de répartition endémique.
Au Pays basque : falaises entre Biarritz et Hendaye, à l’état relictuel.
En secteur sud-armoricain : côtes occidentales de Belle-Île et Groix, rarissime à l’Île-d’Yeu.

Valeur écologique et biologique

Principalement liée à l’originalité de l’habitat et à son extrême rareté.
Présence de nombreux écotypes littoraux, décrits ou non : Plantain holosté, Jasione des montagnes (Jasione montana), Bruyère vagabonde.
Taxons remarquables : Leucanthème à feuilles charnues, Lithodore couché, Carotte de Gadeceau, Plantain holosté littoral, Fétuque de Huon (Festuca huonii), Romulée de Columna (Romulea columnae).

États de conservation

Préserver les formes optimales de bonne densité, mais aussi l’ensemble du gradient structuralo-floristique.

Tendances et menaces

Évolution spontanée quasiment nulle, sauf en situation protégée.
Habitat n’occupant plus que des surfaces minimes, extrêmement menacé, à protéger des défrichements, de l’urbanisation, du piétinement touristique et des incendies.

Potentialités intrinsèques de production

La lande à Ajonc d’Europe maritime et Bruyère vagabonde a une très faible valeur fourragère. Elle était autrefois exploitée pour sa terre de bruyère, ou comme source de litière et de fourrage pour les animaux (bovins, équins).

Axes de recherche

Les phénomènes d’extension et de développement de cette lande sont encore mal connus, de même que les raisons de sa grande extension ancienne en Bretagne : il convient donc de mieux les étudier.
Expérimenter les effets de l’étrépage et du compactage sur la Bruyère vagabonde.
Étude de l’impact de la fauche sur les hauteurs des landes à Erica vagans et Erica cinerea.

Fiche du cahier d'habitats (format pdf)
Bibliographie

 Bensettiti F., Boullet V., Chavaudret-Laborie C. & Deniaud J. (coord.), 2005. « Cahiers d’habitats » Natura 2000. Connaissance et gestion des habitats et des espèces d’intérêt communautaire. Tome 4 - Habitats agropastoraux. Volume 1. MEDD/MAAPAR/MNHN. Éd. La Documentation française, Paris, 445 p. + cédérom. (Source)