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5110-1 - Buxaies des plaines atlantiques et subatlantiques

Liste hiérarchisée et descriptifs des habitats des Cahiers d'habitats

Caractéristiques stationnelles

Étage planitiaire.
Situations topographiques : corniches et vires rocheuses en situation primaire ou subprimaire, pentes fortes (30-45°) et éperons calcaires associés aux systèmes agropastoraux oligotrophes.
Sols pionniers (lithosols, rendzines…) à plus évolués (sols bruns calcaires ou calciques), ayant en commun un caractère oligotrophe à oligo-mésotrophe.
Habitats inscrits dans des processus dynamiques extrêmement lents, voire nuls, jadis associés à des systèmes pastoraux extensifs hérités des traditions de parcours.

Variabilité

Trois types principaux de peuplements peuvent être distingués.

Fourrés à caractère primaire à subprimaire largement dominés par le Buis avec deux ensembles connus :
- en climat à tonalité atlantique sur corniches et vires rocheuses des calcaires primaires est-armoricains, ensemble de buxaies calcicoles denses, souvent pures ou accompagnées du Genévrier commun (Juniperus communis subsp. communis), à Fragon piquant (Ruscus aculeatus), Viorne lantane (Viburnum lantana), divers Rosiers (Rosa pl. sp.), Prunellier (Prunus spinosa), Garance voyageuse (Rubia peregrina);
- en climat subatlantique de la vallée de l’Yonne, buxaies thermophiles sur calcaires jurassiques qui constituent un avant-poste des fourrés calcicoles thermophiles bourguignons à Cotonéaster à feuilles entières (Cotoneaster integerrimus) et Amélanchier ovale (Amelanchier ovalis) [Cotoneastro integerrimae-Amelanchierietum ovalis].

Fourrés à caractère primaire à subprimaire où le Buis ne participe qu’exceptionnellement et de manière modeste ; c’est le cas des rares populations héliophiles de Buis présentes dans le fourré à If commun (Taxus baccata) et Amélanchier ovale (Amelanchier ovalis) de la vallée de la Seine en amont de Rouen [Taxo baccatae-Amelanchieretum ovalis]. Ces fourrés s’inscrivent dans le contexte thermophile et submontagnard de la basse Seine, en liaison notamment avec les pelouses calcicoles du Seslerio caeruleae-Xerobromenion erecti, du Seslerio caeruleae-Mesobromenion erecti et les éboulis du Leontodontion hyoseroidis.

Fourrés pionniers de recolonisation riches en Buis sur pelouses calcicoles arides où le Buis montre une vigueur et un dynamisme forts ; on en connaît plusieurs exemples :
- en climat subatlantique sur vires et pentes fortes des calcaires lutétiens de la vallée de l’Oise, fourrés pionniers à Buis et Prunier mahaleb (Prunus mahaleb) sur pelouses calcicoles submontagnardes du Seslerio caeruleae-Mesobromenion erecti ;
- en climat ligérien, en recolonisation de pelouses calcicoles sur calcaire de Beauce : fourrés pionniers à Buis et Genévrier commun.

D’autres fourrés thermophiles pionniers à Buis ont été signalés ailleurs, mais les informations manquent pour les classer dans l’une ou l’autre des situations précédentes. Il s’agit principalement :
- de frutiçaies à Buis et Prunellier des coteaux pentus sur schistes et grès carbonifères de la basse Loire armoricaine aux environs de Nantes ;
- de fourrés thermophiles denses à Buis et Chêne pubescent (Quercus humilis) sur calcaires jurassiques dans l’Indre ;
- de fourrés calcicoles sur sols squelettiques rendziniformes de la vallée du Loing.

Physionomie, structure

Fourrés de Buis de densité et de diversité très variables : buxaies denses et pures, peuplements mêlés de Buis et de Genévrier commun, fourrés épars riches en essences calcicoles.
Polymorphisme important du Buis, présentant parfois des extrêmes morphologiques bien caractérisés ; c’est le cas des buis de la vallée de l’Erve (53) avec deux morphologies bien distinctes selon les conditions du milieu : -« à grandes feuilles vertes persistantes », individus atteignant une grande taille (4-5 m) et installés en contrebas des escarpements rocheux ou sous ombrage ; -« à petites feuilles rouges caduques », individus rabougris (0,30,5 m) installés au sommet des escarpements dans les fissures du calcaire.
Sous le couvert dense des buis, la végétation est extrêmement réduite ; en peuplements plus ouverts, les fourrés participent à une mosaïque dynamique complexe associant pelouses et ourlets calcicoles ainsi que diverses communautés pionnières des substrats calcaires rocheux.
Dans les situations plus dynamiques (bas de pentes, processus avancés de recolonisation préforestière), les buxaies sont accompagnées d’une strate arborée éparse d’essences calcicoles : If commun, Chêne pédonculé (Quercus robur), Chêne pubescent, Hêtre (Fagus sylvatica), Érable plane (Acer platanoides)…

Confusions possibles

Avec des populations de buis naturalisées et développées à découvert (fourrés, haies) dans des situations écologiques diverses, souvent hors contexte stationnel et végétal thermophile à affinités méditerranéo-montagnardes.
Avec des fourrés et taillis riches en buis des stades arbustifs de forêts hébergeant des populations de buis.

Dynamique

Spontanée :
En situation primaire sur corniches et vires rocheuses, la dynamique est normalement bloquée et les fourrés xériques à Buis participent à des paysages rupicoles complexes associant des végétations de rochers (Asplenietea trichomanis), de dalles (Sedo albi-Scleranthetea perennis), de pelouses calcicoles à caractère primaire (notamment du Seslerio-Xerobromenion erecti ou du Seslerio-Mesobromenion erecti) et d’ourlets calcicoles (Trifolio medii-Geranietea sanguinei). Des conditions subprimaires permettent une évolution extrêmement lente vers des forêts calcicoles potentielles, soit des forêts thermophiles à caractère supraméditerranéen du Quercion pubescentisessiliflorae [code Corine : 41.711], soit des hêtraies calcicoles thermophiles enrichies en éléments des chênaies pubescentes et relevant du Cephalanthero rubrae-Fagion sylvaticae [code UE : 9150].
Les buxaies secondaires de recolonisation associées aux systèmes agropastoraux s’inscrivent également dans ces différentes potentialités forestières.

Liée à la gestion :
Le maintien de voiles arbustifs pionniers à Buis passe par un équilibre délicat entre modalités pastorales et dynamique des populations de Buis ; une déprise trop forte accélère les processus de colonisation arbustive préforestière.

Habitats associés ou en contact

Communautés vivaces des parois rocheuses [Asplenietea trichomanis, codes UE : 8210 et 8220].
Communautés pionnières de dalles rocheuses calcicoles [Alysso alyssoidis-Sedetalia albi, codes UE : 6110, 8230, 8240].
Pelouses calcicoles xérophiles à méso-xérophiles européennes et ouest-sibériennes [classe des Festuco valesiacae-Brometea erecti, codes UE : 6210 et 6270].
Pelouses-ourlets et ourlets calcicoles [Trifolio medii-Geranietea sanguinei, code UE : 6210].
Forêts tempérées caducifoliées calcicoles, soit des forêts thermophiles à caractère supraméditerranéen du Quercion pubescenti-sessiliflorae [code Corine : 41.711], soit des hêtraies calcicoles thermophiles enrichies en éléments des chênaies pubescentes et relevant du Cephalanthero rubrae-Fagion sylvaticae [code UE : 9150]

Répartition géographique

Fourrés xériques calcicoles primaires à subprimaires : vallée de l’Erve, butte de Folton à Assé-le-Boisne, basse vallée de la Seine.
Fourrés calcicoles xérophiles à méso-xérophiles secondaires de recolonisation : vallée de l’Oise aux environs de Creil, Beauce (Grand-Pierre et Vitain).
Autres localités de fourrés à buis : Mauves, Varades, Fontgombault, environs de Nemours.

Valeur écologique et biologique

Buxaies primaires à subprimaires pouvant représenter un pool génétique originel ancien du Buis.
Fourrés très localisés, occupant des surfaces restreintes, à caractère relictuel, mais pouvant démontrer dans ses sites un dynamisme important.
À la valeur intrinsèque des fourrés à Buis, s’ajoutent dans les situations de corniches et de vires rocheuses, ainsi que dans les systèmes agropastoraux, les intérêts cumulatifs apportés par les habitats associés.
Paysages rupicoles très originaux de buxaies ou de buxaies-junipéraies en dehors des régions supraméditerranéennes.
Présence de deux espèces de serpents : la Vipère aspic (Vipera aspis) et la Couleuvre d’Esculape (Elaphe longissima).

États de conservation

États à privilégier :
En situation primaire et subprimaire, habitat relativement stable et auto-équilibré, ou en tout cas ne nécessitant qu’une intervention très légère (enlèvement d’arbres pionniers).
En situation secondaire, buxaies (pures ou associées à des arbustes de même signification dynamique et structurale) en voile éclaté maintenu par une gestion pastorale adéquate.
Autres états observables :
Buxaies denses et vieillies en peuplement quasi pur de Buis. Buxaies envahies par des essences arbustives préforestières.

Tendances et menaces

Maintien global des sites sauf en contexte périurbain (vallée de l’Oise aux environs de Creil, vallée de la Seine) ; localement, le développement important des populations de Buis fait suite à l’abandon de pratiques pastorales suffisamment intensives pour maintenir jusque-là une présence éparse de fourrés pionniers à Buis. Il convient cependant de souligner le caractère éphémère sur le long terme de cette extension de l’habitat et l’évolution future vers des boisements arborés.
Menaces fortes d’extinction pour les types de buxaies secondaires en voile sur pelouses calcicoles.
Habitats primaires ou subprimaires peu menacés, sauf localement par des pratiques d’escalade.

Potentialités intrinsèques de production

Traditionnellement, les buis étaient coupés pour la litière des animaux et pour les pratiques religieuses à la période des Rameaux.
Aujourd’hui, on en abandonne la valorisation pastorale.
Cet habitat participe également à un paysage très apprécié du public, d’où une valorisation économique indirecte.

Axes de recherche

Absence de données.

Fiche du cahier d'habitats (format pdf)
Bibliographie

Bensettiti F., Boullet V., Chavaudret-Laborie C. & Deniaud J. (coord.), 2005. « Cahiers d’habitats » Natura 2000. Connaissance et gestion des habitats et des espèces d’intérêt communautaire. Tome 4 - Habitats agropastoraux. Volume 1. MEDD/MAAPAR/MNHN. Éd. La Documentation française, Paris, 445 p. + cédérom. (Source)