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FR4100154 - Pelouses, forêt et fort de Pagny-la-Blanche-Côte

Site de la directive "Habitats, faune, flore"

Base de référence : octobre 2018.

Mise à jour annuelle de la liste SIC - publication au JO UE : 12/12/17 (à partir de la base : septembre 2016)

Identification du site

Type : B (pSIC/SIC/ZSC)

Code du site : FR4100154

Compilation : 30/11/1995

Mise à jour : 31/08/2008

Appelation du site : Pelouses, forêt et fort de Pagny-la-Blanche-Côte

Dates de désignation / classement :

  • pSIC : première proposition : 31/07/2003
  • pSIC : dernière évolution : 30/12/2006
  • SIC : Première publication au JO UE : 07/12/2004
  • SIC : Dernière publication au JO UE : 12/12/2008
  • ZSC : premier arrêté : 14/09/2016
  • ZSC : Dernier arrêté : 14/09/2016
Localisation du site
Coordonnées du centre (WGS 84) :
  • Longitude : 5,74250 (E 5°44'32'')
  • Latitude : 48,53444 (N 48°32'03'')
Superficie : 141 ha.
Pourcentage de superficie marine : 0 %
Altitude :
  • Min : 250 m.
  • Max : 396 m.
  • Moyenne : 0 m.
Régions biogéographiques :
Continentale : 100%

REGION : LORRAINE
DEPARTEMENT : Meurthe-et-Moselle
COMMUNES : Uruffe.

DEPARTEMENT : Meuse (99%)
COMMUNES : Champougny, Maxey-sur-Vaise, Montbras, Pagny-la-Blanche-Côte.

Carte de localisation

Description du site

Caractère général du site

Classes d'habitats Couverture
Forêts caducifoliées 50%
Pelouses sèches, Steppes 17%
Forêt artificielle en monoculture (ex: Plantations de peupliers ou d'Arbres exotiques) 13%
Autres terres arables 8%
Rochers intérieurs, Eboulis rocheux, Dunes intérieures, Neige ou glace permanente 6%
Landes, Broussailles, Recrus, Maquis et Garrigues, Phrygana 5%
Autres terres (incluant les Zones urbanisées et industrielles, Routes, Décharges, Mines) 1%

Autres caractéristiques du site

Le site est constitué de deux côtes calcaires - la "Côte sur le Preye" et la "Blanche Côte" - d’une vingtaine d’hectares chacune, exposées plein sud et, séparées par le village de Pagny-la-Blanche-Côte en rive droite de la Meuse. 

L’ensemble se situe en domaine collinéen continental, à une altitude comprise entre ; 256 m (Meuse) et 396 m (point culminant à la Tête des Rousseaux sur la Côte sur le Preye). L’intérêt paysager est exceptionnel dans le contexte de la plaine lorraine.

Les deux côtes ont une origine commune (calcaire récifaux de l’Oxfordien) mais ont connu une évolution différente à l’échelle géologique. L’intérêt écologique, exceptionnel, connu depuis le siècle précédent, réside dans la présence originale d’éboulis mobiles, relictuels des glaciations. Ces formations sont extrêmement rares dans le quart nord-est de la France. Les autres habitats sont des pelouses calcaires à Seslérie et Genêt poilu, moins rares sur les côtes de Meuse. Il existe toutefois des variantes étendues de ce groupement, beaucoup plus rares (à Coronille naine, à Laîche de Haller), et qui participent à la diversité des habitats. 

Il s’agit sans aucun doute du site le plus thermophile de Lorraine, réputé pour son grand intérêt entomologique, et notamment pour le caractère méridional très marqué des cortèges. Les fourrés xérophiles contribuent à la diversité des niches écologiques en faveur des entomocénoses.
Issue des périodes postglaciaires, la flore et la végétation des éboulis n'a vraisemblablement jamais connu de phase arbustive ou arborescente. En effet, il est admis que la mobilité des éboulis des deux sites a perduré depuis la fin de la dernière période glaciaire et qu'en conséquence ces côtes n'ont pas connu le développement des stades forestiers des époques boréales et atlantiques. Ainsi, cinq taxons hautement spécialisés caractérisent les éboulis mobiles ; Galium fleurotii, Silene vulgaris subsp.glaerosa, Leontodon hyoseroides et Iberis linifolia subsp. violletii. 

Le site comprend également des gîtes à chiroptères situés dans les combles d'une église, un pont sur la Meuse, un tunnel ferroviaire désaffecté et plusieurs anciens ouvrages militaires.

Qualité et importance

Les combles de l'église de Maxey-sur-Vaise hébergent une importante colonie de mise bas de Grand murin tandis que les anciens ouvrages militaires et le tunnel désaffecté sont utilisés par plusieurs espèces de chiroptères, principalement en hiver.

L’évolution générale du site n’est finalement soumise à aucun facteur anthropique (en dehors de la gestion conservatoire), seule la dynamique naturelle influence la qualité globale des milieux et leur répartition - et particulièrement la colonisation des ligneux une fois les pentes stabilisées. 

Si l’on se réfère au taux d’embroussaillement par les fourrés xéro-thermophiles en tant qu’indicateur de la qualité des pelouses et des éboulis, l’état de conservation global est très bon. 

Les fourrés arbustifs xéro-thermophiles représentent en effet, sous la forme de faciès d’embuissonnement des milieux ouverts, des taux moyens de l’ordre de 15 % sur la côte de Preye et de moins de 10 % sur la Blanche Côte. Dans les secteurs d’éboulis mobiles de la Blanche Côte, ce taux ne dépasse jamais 5 % suite aux différents travaux de restauration menés par le gestionnaire. L’état actuel semble ainsi optimal dans la mesure où la colonisation ligneuse au sein des éboulis plus ou moins mal fixés est le seul facteur naturel qui puisse modifier la répartition des végétations en stabilisant la pente et limitant ainsi la dynamique érosive. En l’absence de toute intervention de gestion, il se pourrait alors que la pente subisse un envahissement arbustif lent et épars favorable à l’installation de groupements de pelouses plus fermées. Les superficies d’éboulis plus ou moins mobiles constatées et comparées à la situation antérieure à l’année 2000 montrent que cette dynamique n’a pas été enclenchée. L’écart entre les surfaces entre ces deux périodes provient d’un diagnostic plus précis à la fois dans la justesse cartographique et dans le fait de discriminer les junipéraies des habitats pelousaires.

Par ailleurs, l’abattage des anciennes pinèdes, des pins isolés et des semis a permis de retrouver des cortèges pelousaires à la typicité intéressante. En lien avec des conditions stationnelles extrêmes de sécheresse, de pente et d’exposition, il a été permis de retrouver en maints endroits des pelouses en gradins à Seslérie avec des intrications avec les groupements d’éboulis. 

Dans des conditions moins favorables, le retour à une pelouse typique à Genêt poilu et Seslérie a également été possible notamment sur la côte de Preye. Plus localement, sur la partie haute de la côte de Preye en situation plane, les pinèdes ont été remplacées par des pelouses ourléifiées à Seslérie et Genêt poilu qui contribuent finalement à la diversité des groupements de pelouses rencontrées.

Il reste néanmoins quelques bosquets de semenciers âgés de pins européens qui n’ont pas été abattus et, de manière sporadique, des taches de jeunes semis de pins à contrôler régulièrement. 

Vulnérabilité

Envahissement des pelouses et des éboulis par les ligneux suite à l'abandon de l'élevage.
Rénovation des bâtiments et des ouvrages militaires occupés par les chiroptères.