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FR4301321 - Reculée des Planches près Arbois

Site de la directive "Habitats, faune, flore"

Base de référence : octobre 2018.

Mise à jour annuelle de la liste SIC - publication au JO UE : 12/12/17 (à partir de la base : septembre 2016)

Identification du site

Type : B (pSIC/SIC/ZSC)

Code du site : FR4301321

Compilation : 30/11/1995

Mise à jour : 21/05/2014

Appelation du site : Reculée des Planches près Arbois

Dates de désignation / classement :

  • pSIC : première proposition : 30/04/2002
  • pSIC : dernière évolution : 30/04/2013
  • SIC : Première publication au JO UE : 07/12/2004
  • SIC : Dernière publication au JO UE : 03/12/2014
  • ZSC : premier arrêté : 30/07/2015
  • ZSC : Dernier arrêté : 30/07/2015
Texte de référence
Arrêté de création du 30 juillet 2015 portant décision du site Natura 2000 Reculée des Planches près Arbois (zone spéciale de conservation)

Localisation du site
Coordonnées du centre (WGS 84) :
  • Longitude : 5,80306 (E 5°48'11'')
  • Latitude : 46,88722 (N 46°53'13'')
Superficie : 1 343 ha.
Pourcentage de superficie marine : 0 %
Altitude :
  • Min : 295 m.
  • Max : 606 m.
  • Moyenne : 478 m.
Régions biogéographiques :
Continentale : 100%

REGION : FRANCHE-COMTÉ
DEPARTEMENT : Jura (100%)
COMMUNES : Arbois, Châtelaine, Mesnay, Planches-près-Arbois.

Carte de localisation

Description du site

Caractère général du site

Classes d'habitats Couverture
Forêts caducifoliées 57%
Prairies semi-naturelles humides, Prairies mésophiles améliorées 16%
Pelouses sèches, Steppes 12%
Forêts de résineux 5%
Autres terres arables 4%
Zones de plantations d'arbres (incluant les Vergers, Vignes, Dehesas) 3%
Landes, Broussailles, Recrus, Maquis et Garrigues, Phrygana 2%
Autres terres (incluant les Zones urbanisées et industrielles, Routes, Décharges, Mines) 1%
Rochers intérieurs, Eboulis rocheux, Dunes intérieures, Neige ou glace permanente 0%

Autres caractéristiques du site

Aucune information disponible

Qualité et importance

Le premier plateau jurassien se présente sous forme d'une surface tabulaire légèrement inclinée. Les principales formations géologiques qui le composent sont des calcaires, avec ou sans faciès marneux, correspondant aux niveaux géologiques du Jurassique moyen et du Lias. Quelques affleurements du Jurassique supérieur sont également visibles sur la bordure orientale du plateau (côte de l'Heute). En de nombreux endroits, le 1er plateau est recouvert de formations superficielles d'origine diverse, notamment glaciaire.

Ce plateau est marqué par de nombreuses formes caractéristiques (dolines, grottes, galeries souterraines, gouffres,...) témoignant d'une érosion karstique intense. Le phénomène le plus spectaculaire porte sur la présence de " reculées " (" bouts du monde ") qui entaillent la bordure occidentale et donnent naissance à des vallées profondes et étroites. Elles se terminent en cul-de-sac et sont bordées par des parois très abruptes et des falaises. Ces reculées ont été façonnées par un recul progressif de la tête de vallée à l'intérieur du plateau, amplifié par l'alternance gel-dégel et par l'éboulement des conduits karstiques sous climat périglaciaire. A la base de chaque reculée se trouve toujours une grotte ou un réseau souterrain d'où sort une exsurgence, donnant naissance à un cours d'eau qui occupe ensuite le fond de la vallée. Les dépôts glaciaires sont, par endroit, importants et façonnent le paysage et la végétation (Bief de Corne).

La reculée est triplement digitée avec, au sud la reculée du Cul des Forges dominée par le belvédère du Fer à Cheval, à l'est la reculée du Cul du Bray et celle de la grotte des Planches. De ces deux "sources", naît la Cuisance. Sur un espace restreint, se trouvent réunis des conditions topographiques, climatiques et pédologiques particulièrement bien différenciées et favorables à l'expression de différents groupements végétaux dont l'agencement spatial et la richesse biologique sont exceptionnels. Les diverticules de cet ensemble montrent des caractéristiques analogues.

La forêt alluviale (frênaie-érablaie) occupe, de façon plus ou moins linéaire, le fond de vallée où coulent une rivière et plusieurs ruisseaux torrentueux. Ce groupement présente une évidente originalité. La strate arborée est dominée par le frêne commun et l'érable sycomore avec, en complément, l'érable plane, l'orme des montagnes, le cerisier à grappes,... Plusieurs espèces complètent le cortège de la strate arbustive. Le tapis herbacé, tout à fait luxuriant, montre une grande diversité d'espèces. Cette forêt alluviale prospère sur des sols alluviaux sableux et calcaires. Dès que la pente s'atténue, la prairies occupe le fond de vallée.

La chênaie-charmaie-hêtraie calcicole occupe les pieds de versant. Elle est peu répandue dans la reculée proprement dite mais colonise en abondance le plateau sus-jacent. Généralement traitée en taillis sous futaie, la strate arborée est dominée par le chêne sessile, le charme, le hêtre et le frêne. La strate arbustive est très développée et diversifiée et le tapis herbacé, riche en espèces, est très recouvrant. Ces formations abritent la laîche poilue, espèce peu commune en France. La variété floristique de ce groupement est un de ses principaux caractères. Il colonise les sols superficiels à moyens, bruns calciques, riches en argiles et en cailloux calcaires.

La hêtraie à dentaire colonise les versants de l'ubac (versant à l'ombre), sur pente moyenne à forte. Cette formation qui colonise des sols très caillouteux développés sur éboulis fins, est peu représentée. Elle se présente sous forme d'une futaie dominée par le hêtre. Le cortège arbustif est clairsemé de même que la strate herbacée où dominent la dentaire pennée, la mercuriale pérenne et le lierre.

Bien représentée dans les deux reculées, l'érablaie à scolopendre colonise les éboulis très grossiers, souvent mal stabilisés et renouvelés constamment par les falaises sus-jacentes sur versant d'ubac et pente forte. Il s'agit d'une futaie de belle venue dominée par le tilleul à grandes feuilles et l'érable sycomore. La strate herbacée est marquée par l'abondance de nombreuses fougères dont la scolopendre et par une plante remarquable, la lunaire vivace. D'autres espèces attestent d'un microclimat montagnard et des conditions confinées de ce milieu.

La hêtraie chaude à laîche blanche prospère sur les versants en exposition chaude (adret) moyennement à fortement pentus (20 à 40°). Comme son opposée, la hêtraie à dentaire, elle se développe sur des éboulis fins bien drainés. La strate arborée est dominée par le hêtre, fréquemment accompagné du tilleul à grandes feuilles, du chêne sessile, de l'érable à feuilles d'obier,... La strate arbustive est bien développée et diversifiée et le tapis herbacé est fortement recouvrant. Il présente la particularité d'être composé d'un grand nombre de laîches et de plusieurs orchidées, dont la céphalanthère de Damas.

La tiliaie-érablaie occupe les pentes bien exposées en vis à vis des érablaies froides. Elle colonise les éboulis grossiers dont les éléments sont sans cesse remaniés par les falaises qui surplombent les pentes. La strate arborée, bien fournie et de bel aspect, est dominée par le tilleul à grandes feuilles, l'érable à feuilles d'obier, le frêne commun et le chêne sessile. La strate arbustive est assez développée et parmi les différentes espèces, il convient de noter la présence du fragon petit houx. Ici, le tapis herbacé est également très développé.

Bénéficiant d'une exposition parfaitement ensoleillée, la chênaie pubescente occupe, sous forme d'un liseré fin, le rebord des falaises surplombantes et certains lapiaz du plateau. Elle correspond davantage à un pré-bois qu'à une véritable forêt et montre, dans sa composition floristique, un ensemble de plantes thermo- ou xéro-calcicoles. Le substrat est constitué de dalles calcaires sur lesquelles se sont développés des sols superficiels et parfaitement drainés. Dans ces conditions, les arbres (chênes pubescent et sessile, érable à feuilles d'obier, alisier blanc,...) prennent des formes tortueuses. Les espèces thermophiles et calcicoles forment la strate arbustive. La strate herbacée, très recouvrante, est dominée par des espèces appartenant aux pelouses dont la seslérie blanchâtre qui impose sa physionomie au groupement.

Sur les corniches et les escarpements rocheux qui avancent à l'intérieur des reculées (la Roche du Feu, le Cul des Forges, la Roche des Planches, la Roche au Croc, la Roche Maldru) et sur les secteurs à morphologie karstique du plateau (Bief de Corne, Côte de Ranières, Pré des Moyers, Fin des Gueux) apparaissent des pelouses, formations ouvertes parfois étendues, à végétation rase exigeant des sols superficiels bien drainés et non fertilisés. La nature des sols, la proximité de la roche et l'exposition conditionnent une certaine variation dans la nature et la composition floristique des groupements. Ainsi, sur les sols superficiels des bordures de falaise, les vires et pentes rocheuses on rencontre des pelouses xérophiles collinéo-montagnardes. Elles hébergent des espèces protégées et remarquables telles que l'anthyllide des montagnes, l'oeillet bleuâtre, le sisymbre d'Autriche, l'hornungie des pierres (toutes protégées), l'oeillet sylvestre, la phalangère à fleurs de lis, l'amélanchier, l'athamanthe de Crête,... Toujours en bordure de falaise, sur sols superficiels décarbonatés, se développe localement une pelouse xérophile mésotherme. La région d'Arbois représente le bastion méridional de l'association des pelouses xérophiles où figure également la drave faux aïzoon. Ces pelouses ne couvrent que de très faibles surfaces en Franche-Comté et les plantes qui les caractérisent sont très rares En arrière des corniches et sur les pentes aux sols plus profonds et sèchards, se développent des pelouses mésophiles. Le cortège floristique est plus important et diversifié et on note le développement de plantes à bulbe comme les orchidées. A la différence des pelouses xérophiles, le maintien des pelouses mésophiles est dépendant d'un entretien extensif.
La pie-grièche écorcheur, prédatrice d'insectes et de micromammifères (notamment les rongeurs), est l'oiseau emblématique de ces formations avec une densité importante, en particulier sur le secteur de la Roche Maldru.

Les groupements saxicoles sont une autre caractéristique de la reculée. Ainsi sur les barres rocheuses croissent quelques espèces végétales qui profitent des moindres aspérités pour s'implanter. Leur nature diffère en fonction de leur exposition : les fougères dominent sur les rochers ombragés alors que la seslérie blanchâtre constitue l'espèce la plus abondante sur l'adret. De grands pierriers couvrent également une partie des versants (adret ou ubac). Ces milieux présentent des conditions extrêmes et leur colonisation est marquée, à ce stade, par des espèces très spécialisées et peu communes.

Enfin, les différentes sources qui alimentent la Cuisance sont à l'origine de formations tufeuses qui permettent le développement de communautés de mousses dont la répartition est restreinte en France.

Situé sur le premier plateau, le Bief de Corne est une vaste gouttière du plateau en partie comblée de formations, glaciaires, fluvioglaciaires et glacio-lacustres appartenant au front des moraines externes. Le site est presque exclusivement occupé par des prairies et des pelouses, pâturées ou fauchées. La grande diversité des substrats et leur imbrication en mosaïque complexe est à l'origine de formations végétales elles aussi d'une grande diversité. On rencontre sur des surfaces réduites des plantes caractéristiques de sols calcaires, de sols acides, de sols secs et de sols humides. L'ensemble héberge une flore et une faune elle aussi très diversifiée, en particulier pour la faune (lépidoptères avec le damier de la succise, oiseaux avec l'alouette lulu, orthoptères,...). Pour les plantes, les espèces remarquables sont l'oeillet superbe, le millepertuis de Richer et la gentiane croisette
Des espèces typiquement montagnardes sont présentes sur le plateau et dans la reculée comme la gentiane jaune, le crocus, le sceau-de-Salomon verticillé, l'orchis globuleux.

En plus de son intérêt floristique, les milieux rocheux de cette reculée présentent un haut intérêt faunique. Plusieurs falaises constituent des sites de reproduction du faucon pèlerin, du hibou grand-duc, espèces qui ont failli disparaître de la faune française. On y rencontre d'autres espèces rares pour le Jura comme le martinet alpin, l'hirondelle des rochers, le pouillot de Bonelli, le grand corbeau, le faucon crécerelle,...

La grotte des Planches, irrégulièrement visitée, a fait l'objet d'un important aménagement touristique qui interfère avec l'intérêt pour la faune, les chauves-souris en particulier. Les autres cavités du site demandent encore des efforts de prospections pour mieux les connaître. La Grotte du Tunnel héberge huit espèces de chauves-souris en hiver, dont le petit rhinolophe, qui se reproduit sur le site dans les combles de l'église des Planches-près-Arbois.

La Cuisance prend sa "source" (à partir de deux résurgences, petite et grande source) dans le fond de la reculée. Globalement, la qualité biologique du cours d'eau est contrastée, encore bonne en tête de bassin (c'est-à-dire dans le périmètre du site), elle est parfois très dégradée en aval d'Arbois et sur certains affluents. La rivière est caractérisée par d'importants dépôts de tuf dans la cascade éponyme et dans le fond du chenal formé de pierres cimentées dans une gangue tufeuse. Sa faune et sa flore sont caractéristiques des eaux vives, fraîches et oxygénées (chabot et cincle plongeur par exemple).
Bien que ne comptant que deux mares situées sur le plateau (côte des Ranières et Bief de Corne), celles-ci occupent une place importante en ce qui concerne la richesse et la diversité du site. Elles hébergent notamment le triton crêté et l'alyte ainsi qu'une végétation en partie formée de characées. Elles constituent également l'un des rares points d'abreuvement pour la faune du plateau.
Le site bénéficie de politiques de préservation par des règlements ayant trait à l'urbanisme, la nature ou les paysages.
Ainsi une des falaises de la reculée fait l'objet d'un arrêté préfectoral de protection de biotope relatif à la restriction de certaines activités sur certains sites de falaises pour la protection du faucon pèlerin (falaises dominant le ruisseau du Vernois entre Mesnay et les Planches et falaises entre les Planches et la Châtelaine)(en cours d'évolution).
Les forêts du Cul des forges sont préservées par une réserve biologique forestière dirigée.
Enfin, le site bénéficie d'une protection au titre des sites classés. Une petite partie du site Natura 2000 est également concernée par une zone de protection du patrimoine architectural et urbain.

Vulnérabilité

Les caractéristiques hydroclimatiques de la Cuisance forment des milieux particuliers abritant une faune et une flore caractéristiques des eaux vives, fraîches et oxygénées (chabot et cincle plongeur par exemple). La faiblesse des débits d'étiage et les à-coups hydrauliques constituent un ensemble de conditions difficiles pour le développement de la petite faune de fond.
Globalement, la qualité biologique ce cours d'eau est contrastée : encore bonne en tête de bassin (c'est-à-dire dans le périmètre du site), elle est parfois très dégradée en aval d'Arbois et sur certains affluents. La rivière est caractérisée par d'importants dépôts de tuf dans la cascade éponyme et dans le fond du chenal formé de pierres cimentées dans une gangue tufeuse. Elle souligne la sensibilité de la biocénose aux apports polluants en provenance des plateaux, induisant aussi d'importantes proliférations algales. 

Bien que ne comptant que deux mares situées sur le plateau (côte des Ranières et Bief de Corne), celles-ci occupent une place importante en ce qui concerne la richesse et la diversité du site. Elles hébergent notamment le triton crêté et l'alyte ainsi qu'une végétation en partie formée de characées. Elles constituent également l'un des rares points d'abreuvement pour la faune du plateau.

Sur les corniches et les escarpements rocheux qui avancent à l'intérieur des reculées (la Roche du Feu, le Cul des Forges, la Roche des Planches, la Roche au Croc, la Roche Maldru) et sur les secteurs à morphologie karstique du plateau (Bief de Corne, Côte de Ranières, Pré des Moyers, Fin des Gueux) apparaissent des pelouses, formations ouvertes parfois étendues, à végétation rase exigeant des sols superficiels bien drainés et non fertilisés. La nature des sols, la proximité de la roche et l'exposition conditionnent une certaine variation dans la nature et la composition floristique des groupements. 

Situé sur le premier plateau, le Bief de Corne est une vaste gouttière presque exclusivement occupée par des prairies et des pelouses, pâturées ou fauchées. La grande diversité des substrats et leur imbrication en mosaïque complexe est à l'origine de formations végétales hébergeant une flore et une faune elles aussi très diversifiées, en particulier pour la faune (lépidoptères avec le damier de la succise, oiseaux avec l'alouette lulu, orthoptères,...). Pour les plantes, les espèces remarquables sont l'œillet superbe, le millepertuis de Richer et la gentiane croisette. Des espèces typiquement montagnardes sont présentes sur ce plateau et dans la reculée comme la gentiane jaune, le crocus, le sceau-de-Salomon verticillé, l'orchis globuleux.

Ainsi une des falaises de la reculée fait l'objet d'un arrêté préfectoral de protection de biotope relatif à la restriction de certaines activités sur certains sites de falaises pour la protection du faucon pèlerin : falaises dominant le ruisseau du Vernois entre Mesnay et les Planches et falaises entre les Planches et la Châtelaine) (en cours d'évolution).

Les forêts du Cul des forges sont préservées par une réserve biologique forestière dirigée.