FR8201640 - Revermont et gorges de l'Ain

Site de la directive "Habitats, faune, flore"

Base de référence : décembre 2021.

Mise à jour annuelle de la liste SIC - publication au JO UE : 16/02/22 (à partir de la base : décembre 2020)

Identification du site

Type : B (pSIC/SIC/ZSC)

Code du site : FR8201640

Compilation : 31/12/1995

Mise à jour : 18/08/2021

Appelation du site : Revermont et gorges de l'Ain

Dates de désignation / classement :

  • pSIC : première proposition : 30/04/2002
  • pSIC : dernière évolution : 30/03/2007
  • SIC : Première publication au JO UE : 07/12/2004
  • SIC : Dernière publication au JO UE : 12/12/08
  • ZSC : premier arrêté : 14/06/2010
  • ZSC : Dernier arrêté : 14/06/2010
Texte de référence
Arrêté de création du 14 juin 2010 portant décision du site Natura 2000 Revermont et gorges de l'Ain (zone spéciale de conservation)

Localisation du site
Coordonnées du centre (WGS 84) :
  • Longitude : 5,39639 (E 5�23'47'')
  • Latitude : 46,33111 (N 46�19'51'')
Superficie : 1 730,3 ha.
Pourcentage de superficie marine : 0 %
Altitude :
  • Min : 259 m.
  • Max : 718 m.
  • Moyenne : 444 m.
Régions biogéographiques :
Continentale : 100%

REGION : RHÔNE-ALPES
DEPARTEMENT : Ain (100%)
COMMUNES : Bohas-Meyriat-Rignat, Ceyzériat, Cize, Corveissiat, Courmangoux, Drom, Grand-Corent, Hautecourt-Romanèche, Jasseron, Journans, Matafelon-Granges, Meillonnas, Neuville-sur-Ain, Nivigne et Suran, Poncin, Pouillat, Ramasse, Revonnas, Saint-Martin-du-Mont, Salavre, Simandre-sur-Suran, Val-Revermont, Verjon, Villereversure.

Carte de localisation

Description du site

Caractère général du site

Classes d'habitats Couverture
Forêts caducifoliées 32%
Landes, Broussailles, Recrus, Maquis et Garrigues, Phrygana 32%
Pelouses sèches, Steppes 28%
Rochers intérieurs, Eboulis rocheux, Dunes intérieures, Neige ou glace permanente 8%

Autres caractéristiques du site

Le Revermont appartient à la région la plus méridionale du Jura français et domine la plaine de la Bresse de 150 à 300 mètres. Il offre d'ouest en est plusieurs structures anticlinales et synclinales d'axe à peu près nord-sud et montre à l'affleurement une succession de terrains datant du Secondaire.

L'Ain coule dans des gorges profondes limitées par des corniches calcaires imposantes.
Un certain nombre de grottes et de résurgences témoignent d'une circulation complexe des eaux dans le massif karstique.

Les pelouses sèches représentent l’essentiel des milieux remarquables présents sur le site. Ces habitats ont été façonnés par les activités humaines depuis plusieurs siècles et leur conservation nécessite donc une gestion anthropique. L’équilibre nécessaire à la conservation en bonne état de ces pelouses n’est pas facile à trouver mais la priorité sera dans un premier temps de maintenir les milieux ouverts. On constate en effet que la dynamique d’embroussaillement est très forte et difficile à maitriser une fois installée. La gestion pastorale est donc intimement liée à la conservation des pelouses sèches du Revermont et est à pérenniser sous peine de disparition de ces habitats.

La fréquentation de certaines grottes et falaises est actuellement encadrée, et un effort de suivi doit être réalisé sur les autres grottes et milieux karstiques intéressants. 
Une bonne qualité de l'eau est nécessaire au développement de la faune cavernicole aquatique.

Qualité et importance

Le Revermont se caractérise par de petites sous-unités d'axe nord-sud qui ont chacune leur originalité : la plaine du pied du Revermont avec son aspect bocager, la côtière ouest avec ses villages en balcon, la vallée du Suran très agricole, les monts des bords de l'Ain surplombant la rivière, quelques bassins agricoles au cœur du Revermont comme le synclinal de Drom Ramasse à l'Ouest et le synclinal de Hautecourt Romanèche à l'Est.

La végétation sur les versants et les reliefs du Revermont est celle de l'étage collinéen. Elle appartient à la série septentrionale du Chêne pubescent et de la chênaie-charmaie thermophile car les coteaux sont très chauds et secs. Les stations botaniques sont particulièrement intéressantes sur les versants exposés au sud. Contrastant avec cette végétation, certains sommets présentent une flore de montagne. Le site présente de plus un intérêt paysager certain.

L'intérêt paysager des gorges de l'Ain est très fort (cheminées de fées, méandres, falaises...).
Le milieu végétal y est principalement constitué d'une forêt à Chêne pubescent et à Buis.
On retrouve un certain nombre d'espèces subméditerranéennes ou des milieux secs. Dans la vallée, une chênaie-charmaie occupe les sols plus profonds.

L’habitat " dominant " (en terme de surface) est les pelouses sèches à orchidées (6210). Ce sont des milieux d'intérêt écologique majeur, avec une flore et un peuplement d'insectes diversifiés. Les pelouses ont tendance à s'embuissonner naturellement, et évoluent vers un stade forestier si aucune gestion pastorale adaptée ne permet de stopper cette dynamique. Certaines pelouses abritent une dizaine d’espèces d’orchidées et peuvent être identifiées comme des habitats d’intérêt communautaire prioritaire (6210*), c’est principalement de la cas de la pelouse calcicole collinéenne des pentes et replats marneux à hydromorphie temporaire à Blackstonie perfoliée (Blackstonia perfoliata) et Brome érigé (Bromus erectus) 6210-21, les autres types de pelouses n’étant pas ou peu favorable aux orchidées-. 
L'habitat 9180* Forêts de pentes, éboulis ou ravins du Tilio-Acerion , d'intérêt prioritaire, est représenté sur les grands versants au bord de la vallée de l'Ain.

Les éboulis calcaires et les falaises rocheuses abritent une flore et une faune originales.
Certains secteurs, et notamment la reculée de Corveissiat, sont favorables à la formation de tuf, roche poreuse légère, formée de concrétions calcaires déposées autour des sources (habitat 7220).

Enfin ce site est d'un très fort intérêt relativement à l'habitat cavernicole. Le système karstique du Revermont, identifié à partir de ces éléments les plus remarquables (gouffres, résurgences, grottes), abrite une riche faune cavernicole.
La grotte de Courtouphle et dans une moindre mesure la grotte de Corveissiat sont importantes pour la conservation des chauves-souris dans le massif jurassien. Les effectifs en hivernage sont remarquables pour le Minioptère de Schreibers et le Grand Rhinolophe (respectivement 7000 et 305 individus présents dans la grotte de Courtouphle en janvier 2019). 
Les effectifs de Minioptère de Schreibers sont globalement à la hausse depuis 2006 (2630 individus) et la cavité est même maintenant fréquentée en été (1500 individus durant l’été 2021). Cette cavité revet donc une importance internationale pour le Minioptère de Schreibers.

La grotte de Corveissiat a abrité jusqu'à 40 Minioptères de Schreibers (comptage du 11 janvier 2001), mais depuis cette date les effectifs sont inférieurs à 4 individus. Elle abrite de plus une colonie de parturition d’une centaine de Murin de Daubenton et les batiments annexes de la reculée sont propices aux petits rhinolophes. Un lien entre les populations de Minioptères de la grotte de Corveissiat et de la Balme d’Epy (Jura) a été avéré en 2016.
Il existe de nombreux site de parturition dans le Revermont mais en dehors du périmètre Natura 2000 (bien souvent gites batis notamment églises, Chartreuse de Sélignac…)

D'autre part, la Reserve Naturelle Nationale de la grotte de Hautecourt abrite outre les chauves-souris (en hivernage et en faibles effectifs) de nombreuses espèces animales cavernicoles, très dépendantes de la qualité de l'eau circulant dans la grotte. Parmi celles-ci, on trouve des arthropodes particuliers, présents uniquement dans le Jura (espèces endémiques).
Plusieurs autres sites karstiques sont identifiés dans ce site.

Vulnérabilité

Les pelouses sèches sont principalement confrontées au phénomène de déprise agricole qui touche ces espaces pentus, peu productifs et souvent assez éloignés des sièges d'exploitation et dont l’alimentation en eau n’est pas toujours facile. Les zones encore agricoles sont pour l'essentiel gérées par des structures collectives pastorales. Pour certaines autres, le relais est pris par des associations de chasse ou des collectivités qui entretiennent ces espaces à des fins cynégétiques ou paysagères.
La fréquentation de certaines grottes et falaises est actuellement encadrée, et un effort de suivi doit être réalisé sur les autres grottes et milieux karstiques intéressants. 
Une bonne qualité de l'eau est nécessaire au développement de la faune cavernicole aquatique.