Logos SINP

FR8201732 - Tourbières du Luitel et leur bassin versant

Site de la directive "Habitats, faune, flore"

Base de référence : juin 2018.

Mise à jour annuelle de la liste SIC - publication au JO UE : 12/12/17 (à partir de la base : septembre 2016)

Identification du site

Type : B (pSIC/SIC/ZSC)

Code du site : FR8201732

Compilation : 31/12/1995

Mise à jour : 01/07/2017

Appelation du site : Tourbières du Luitel et leur bassin versant

Dates de désignation / classement :

  • pSIC : première proposition : 31/12/1998
  • pSIC : dernière évolution : 30/06/2007
  • SIC : Première publication au JO UE : 22/12/2003
  • SIC : Dernière publication au JO UE : 12/12/2008
  • ZSC : premier arrêté : 31/05/2010
  • ZSC : Dernier arrêté : 31/05/2010
Texte de référence
Arrêté de création du 31 mai 2010 portant décision du site Natura 2000 Tourbières du Luitel et leur bassin versant (zone spéciale de conservation)

Localisation du site
Coordonnées du centre (WGS 84) :
  • Longitude : 5,85694 (E 5°51'24'')
  • Latitude : 45,08944 (N 45°05'21'')
Superficie : 309 ha.
Pourcentage de superficie marine : 0 %
Altitude :
  • Min : 1 262 m.
  • Max : 1 646 m.
  • Moyenne : 1 457 m.
Régions biogéographiques :
Alpine : 100%

REGION : RHÔNE-ALPES
DEPARTEMENT : Isère (100%)
COMMUNES : Séchilienne, Vaulnaveys-le-Haut.

Carte de localisation

Description du site

Caractère général du site

Classes d'habitats Couverture
Forêts de résineux 94%
Marais (vegetation de ceinture), Bas-marais, Tourbières, 6%
Eaux douces intérieures (Eaux stagnantes, Eaux courantes) 0%

Autres caractéristiques du site

Il y a 50 000 ans, l'ensemble de la région était occupé par des glaciers würmiens qui rabotaient les massifs, creusaient les vallées, alternant des périodes d'avancée et de recul.
Dans le secteur du Luitel, le glacier de la Romanche présentait une diffluence (" bras ") qui passait par le col Luitel. Il a creusé dans la roche plusieurs dépressions, de profondeur variée (de 16 mètres environ pour le lac à 11 mètres max pour la tourbière du col,qui ont été envahies par les eaux lors de la fonte du glacier (moins 20 000 ans), formant alors des lacs comme le Luitel. L'ensemble a été ensuite lentement colonisé par la végétation.

La dépression du Col Luitel est issue du surcreusement d'une langue glaciaire bloquée par un verrou de roche dure. Cette dépression remplie d'eau et le microclimat très dur qui règne alors au Col ont entraîné l'établissement d'un paysage arctique aboutissant à la juxtaposition de nombreux stades d'évolution de groupements de tourbières parsemées de pins à crochet rabougris rarissimes à cette altitude. Des tourbières intra-forestières très réduites se sont formées dans les dépressions au même moment. 
Le choix du bassin versant comme enveloppe du site est lié à la préservation des apports en eau par ruissellement et au maintien du bon fonctionnement du réseau hydrologique (ruisseaux et petites tourbières en amont du Luitel), de la quantité et de la de la qualité de l'eau circulant à l’amont et venant alimenter les tourbières de la réserve naturelle.

Qualité et importance

Sur ce site peu étendu, est présent un spécimen appartenant aux rares tourbières à sphaigne typiques des Alpes françaises en situation aussi méridionale.

Les groupements tourbeux, les plantes rares et protégées, la richesse en mousse, en algues et en champignons, la diversité des libellules confèrent à ce site un intérêt écologique exceptionnel.

Situé à une altitude moyenne de 1 265 mètres, le site comprend deux écocomplexes tourbeux principaux : le lac Luitel, lac tourbière limnogène minérotrophe, et la tourbière du col, tourbière limnogène ombrotrophe bombée. Ces deux tourbières ont la même origine et le même âge, mais l'une d'entre elles, la tourbière du col, de moindre profondeur, a "vieilli" beaucoup plus rapidement. Ceci permet d'observer au même endroit de nombreux stades dynamiques différents.

Par ailleurs, de petites tourbières intra-forestières sont présentes sur les versants boisés qui dominent le lac Luitel.

Au niveau de la faune et de la flore, les tourbières du Luitel et des versants présentent un certain nombre d'espèces typiques que l'on rencontre exclusivement dans les tourbières. 

Sur ce site ont été inventoriés : 

-- du point de vue de la flore : 
- 320 espèces végétales, dont 4 espèces protégées au niveau national et 4 protégées au niveau régional.
- 329 espèces du phytoplancton
- 86 espèces de bryophytes, dont 17 espèces de sphaignes.
- 68 espèces de lichens.
- 534 espèces de champignons.

-- du point de vue de la faune : 
- 69 espèces de vertébrés (oiseaux compris), dont le Lézard vivipare et le Triton alpestre.
- 115 espèces d’araignées, 8 d’opilions, 52 d’Éphéméroptères, Plécoptères, Trichoptères, 26 espèces d’Orthoptères, 17 espèces de libellules.

Ainsi, la tourbière du Luitel est un site remarquable pour sa richesse en Hétérocères, très comparable à certains biotopes montagnards et froids du Doubs, du Jura ou de Haute-Savoie.

A l'intérieur du site, le lac Luitel a été classé réserve naturelle dès 1961 pour 6 ha : c'est la première réserve naturelle créée en France. Il a ensuite fait l'objet d'une requalification au titre de la loi du 10 juillet 1976 (décret du 3 avril 1991) et sa surface a été portée à 17 ha incluant en particulier la tourbière bombée du col Luitel.

Vulnérabilité

1. Régime hydrique
- du point de vue qualitatif, l'état de conservation de ces tourbières nécessite des apports d'eaux non polluées. Cet aspect a été en majeure partie résolu par une doble opération (2012-2013) qui a consisté d’une part, à collecter les eaux de ruissellement de la route pour empêcher leur entrée dans le lac et d’autre part, à restaurer le ruisseau alimentant le lac Luitel (son détournement avait pu être mis en évidence par la comparaison de cartes anciennes et récentes).
- du point de vue quantitatif, il est essentiel de maintenir un bilan hydrique favorable (les pertes en eau doivent être inférieures ou égales aux apports).

2. Éviter un piétinement important.

3. La colonisation de certains secteurs, notamment les tourbières bombées, par des végétaux non typiques des tourbières comme l'épicéa nécessite la mise en place d'actions de gestion adaptées en vue de la conservation de ces milieux.

4. La présence de drains conséquents dans la tourbière du col nécessite d’envisager des travaux de comblement de ces drains.