FR8201744 - Hauts plateaux et contreforts du Vercors oriental

Site de la directive "Habitats, faune, flore"

Base de référence : décembre 2020.

Mise à jour annuelle de la liste SIC - publication au JO UE : 21/01/2021 (à partir de la base : octobre 2019)

Identification du site

Type : B (pSIC/SIC/ZSC)

Code du site : FR8201744

Compilation : 31/12/1995

Mise à jour : 04/05/2020

Appelation du site : Hauts plateaux et contreforts du Vercors oriental

Dates de désignation / classement :

  • pSIC : première proposition : 30/04/2002
  • pSIC : dernière évolution : 11/12/2020
  • SIC : Première publication au JO UE : 22/12/2003
  • SIC : Dernière publication au JO UE : 16/11/12
  • ZSC : premier arrêté : 23/12/2016
  • ZSC : Dernier arrêté : 23/12/2016
Localisation du site
Coordonnées du centre (WGS 84) :
  • Longitude : 5,50992 (E 5�30'35'')
  • Latitude : 44,84845 (N 44�50'54'')
Superficie : 20 953,4 ha.
Pourcentage de superficie marine : 0 %
Altitude :
  • Min : 795 m.
  • Max : 2 316 m.
  • Moyenne : 1 587 m.
Régions biogéographiques :
Alpine : 100%

REGION : RHÔNE-ALPES
DEPARTEMENT : Drôme (39%)
COMMUNES : Chapelle-en-Vercors, Châtillon-en-Diois, Glandage, Laval-d'Aix, Romeyer, Saint-Agnan-en-Vercors.

DEPARTEMENT : Isère (60%)
COMMUNES : Chichilianne, Corrençon-en-Vercors, Gresse-en-Vercors, Saint-Andéol, Saint-Martin-de-Clelles, Saint-Michel-les-Portes.

Carte de localisation

Description du site

Caractère général du site

Classes d'habitats Couverture
Forêts de résineux 30%
Forêts caducifoliées 20%
Rochers intérieurs, Eboulis rocheux, Dunes intérieures, Neige ou glace permanente 20%
Pelouses sèches, Steppes 10%
Landes, Broussailles, Recrus, Maquis et Garrigues, Phrygana 10%
Pelouses alpine et sub-alpine 10%

Autres caractéristiques du site

Le Vercors est le plus grand massif des Préalpes calcaires. Un cinquième de sa surface est occupé par la plaque urgonienne calcaire des hauts plateaux. Cette plaque de trois kilomètres de large s'étend du Glandasse jusqu'au sud de Villard de Lans avec un prolongement nord incluant les arêtes du Gerbier, du Cornafion et du Moucherotte et un appendice sud avec la montagne du Jocou, Serre les Têtes et la Toussière.

Le site Natura 2000, à cheval sur les départements de l'Isère et la Drôme, englobe notamment la réserve naturelle nationale des hauts plateaux du Vercors, ainsi que les forêts domaniales (pour parties) du Gerbier, du Grand Veymont, du Petit Veymont, de Chichiliane et du Trièves occidental, et une portion de la crête Mont Barral - Montagne du Jocou.

L'intérêt de ce plateau karstique du Vercors, étudié par les spécialistes du monde entier, réside dans sa qualité de zone de référence d'étude du karst.

Qualité et importance

Le site est recouvert par trois grands types de milieux : les forêts, les milieux herbacés et les milieux rocheux.

Ces grands milieux se déclinent en divers types d’habitats principaux, qui eux-mêmes regroupent chacun de nombreux habitats élémentaires. La répartition de la végétation est très complexe du fait de facteurs multiples, notamment de l’étagement bioclimatique et de la microtopographie très variée. Cette combinaison traduit l’importance des mosaïques d’habitats observées et la complexité de la végétation dans son détail.

Le site abrite donc un grand nombre d'habitats d'intérêt communautaire (>25 types) allant des éboulis calcaires aux érablaies de ravin, des pelouses sèches à orchidées et formations à nard jusqu'aux forêts montagnardes d'épicéas, des pavements calcaires, zones d'affleurement des lapiaz, jusqu'aux forêts de pins à crochet et aux hêtraies calcicoles...
La végétation y est remarquable avec la présence de l'une des plus belles pinèdes de Pins à crochets des Alpes du Nord, de nombreux habitats de pelouses, de falaises calcaires, de groupements forestiers et d'éboulis secs méridionaux abritant des espèces végétales protégées au niveau national ou figurant sur la liste rouge française (et souvent sur la liste rouge régionale) : Androsace helvetica, Galium saxosum, Heracleum pumilum (ou minimum), Berardia subacaulis …
La Saxifrage sillonnée du Dauphiné (Saxifraga exarata subsp delphinensis), qui figure sur les listes rouges nationale et régionale, est une plante endémique delphino-provençale. Le Vercors compte également la seule station des Alpes d'Arenaria purpurascens (Sabline pourprée), plante endémique pyrénéo-cantabrique. Plus généralement, le massif du Vercors, et en particulier le site Natura 2000 ici décrit, fait partie des sites les plus riches de l’arc Alpin. Il est très important pour la conservation du Sabot de Vénus (Cypripedium calceolus), la régression de l'espèce y est moins notable qu’ailleurs.

Cette diversité d’habitats et de flore s'accompagne également d'une faune riche et variée.
Ainsi, le nombre d’espèces de chiroptères observés sur ce territoire est remarquable (au moins 27 espèces sur les 30 recensées en ex-région Rhône-Alpes). Cette grande diversité s’explique notamment par le gradient altitudinal du secteur et la position de carrefour du massif du Vercors, à la limite Alpes du nord et du sud. Au sein de ce cortège on distinguera la présence d’espèces aux exigences écologiques différentes : généralistes (pipistrelle commune, pipistrelle de Kuhl, sérotine commune), chasseuses en plein ciel (molosse de Cestoni, noctule commune, noctule de Leisler), inféodées aux milieux montagnards (oreillard montagnard, sérotine de nilsson, sérotine bicolore), forestières (murins de Bechstein, à oreilles échancrées, à moustaches, grand murin, grand et petit rhinolophe, oreillard roux), inféodées aux milieux ouverts telles les prairies de fauches et les pelouses sub-alpines (petit murin), ou encore inféodées aux paysages agro-sylvo-pastoraux et milieux d’interfaces (barbastelle, oreillard gris). Cette diversité témoigne d’une qualité des milieux encore bonne et d’écosystèmes accueillants pour les Chiroptères.
La population de Bouquetins sur le site n’a, a priori, pas cessé d’augmenter depuis sa ré-introductoin en 1995, avec une tendance d’évolution à la hausse.
La faune entomologique est également très riche. Elle présente de nombreuses espèces relictes glaciaires signalées par la Société entomologique Rosalia. En 2014, le bureau d’étude entomologique INSECTA a montré que sur les 257 Rhopalocères connus en France et les 245 espèces en ex-région Rhône-Alpes, 110 espèces de rhopalocères ont été recensées sur le site et représentent ainsi 43% de la faune française et 45% de la faune rhône-alpine.
Ainsi, 6 espèces de Lepidoptères réglementées sont présentes sur le site dont 5 sont protégées sur le territoire national :
→ le Damier de la Succise (Euphydryas aurinia) ;
→ l’Azuré du serpolet (Maculinea arion) ;
→ le Semi-apollon (Parnassius mnemosyne) : il s’agit d’une espèce localisée en France, en populations souvent isolées / l’espèce demeure très localisée sur le site. Les effectifs sont généralement faibles (3 stations supplémentaires en 2014) ;
→ l’Azuré de la croisette (Maculinea alcon écotype rebeli) ;
→ l’Apollon (Parnassius apollo) : il s’agit d’une espèce montagnarde liée aux milieux rocheux et rocailleux, menacées localement par le réchauffement climatique (très régulière sur le site d’étude) ;
→ l’Écaille chinée (Euplagia quadripunctaria).

Selon un inventaire de 2012 réalisé dans la RBI, 137 espèces de coléoptères saproxyliques ont été identifiées dont 29 espèces appartenant à la liste des coléoptères indicateurs de la valeur biologique des forêts françaises (aucune espèce inscrite en annexe II de la Directive Habitats, Faune, Flore). Le caractère à la fois septentrional et méridional  du site permet la présence d'espèces végétales pyrénéennes et insectes relictes boréo-arctiques au nord et d'espèces endémiques steppiques au sud conférant à ce site un grand intérêt scientifique et pédagogique.

En 2019-2020, la Tufière de Darne, zone humide particulière considérée comme habitat prioritaire au titre de la directive habitats faune flore, a été intégrée au site.
Les abords plus ou moins forestiers et thermophiles de la tufière accueillent l’Inule de Suisse (Inula helvetica) et la Pyrole intermédiaire (Pyrola media), deux plantes protégées dans la région. Au sein même de la tufière, une autre espèce végétale protégée et très représentative du territoire du Trièves est présente : le Cirse de Montpellier (Cirsium monspessulanum). Il est accompagné d’une grande plante hygrophile peu répandue, le Séneçon Doria (Senecon doria). Ces deux plantes nectarifères attirent de nombreux insectes parmi lesquels on peut citer deux papillons : l’Apollon (Parnassus apollon) et la Bacchante (Lopinga achine), tous deux protégés sur le territoire français. La Bacchante se reproduit dans les boisements clairs alentours.
La tufière et ses multiples vasques sont aussi le site de reproduction d’au moins 4 espèces d’amphibiens : Triton palmé (Lissotriton helveticus), Salamandre tachetée (Salamandra salamandra), Crapaud commun (Bufo bufo) et enfin Grenouille rousse (Rana temporaria). Enfin, quelques espèces de libellules typiques de ces milieux fontinaux ont été observées comme par exemple le Cordulégastre bidenté (Cordulegaster bidentata).
Actuellement le site n’est pas très fréquenté par les promeneurs, puisqu’aucun chemin n’y mène, si ce n’est une sente discrète, dissimulée par la végétation. Ce type de site est très fragile et sensible au piétinement et aux éventuelles modifications des eaux de ruissellement. un Espace naturel sensible local est en cours de réflexion, porté directement par la commune, notamment pour faire connaître les milieux humides comme les tufières, en permettant une découverte à distance, et conserver ainsi les richesses écologiques présentes.

Vulnérabilité

Vulnérabilité:
 
- localement récession pastorale ou intensification sur d'autres zones ;
- fragilité de certains secteurs liée à la déprise agricole (notamment sur la commune de Saint-Andéol);
- accroissement de la fréquentation touristique ;
- développement des stations de sport d'hiver à la périphérie.
- localement (tufière de Darne), piétinement et éventuelles modifications des eaux de ruissellement (phénomènes non constatés pour le moment).