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FR8202009 - Lac Léman

Site de la directive "Habitats, faune, flore"

Base de référence : juin 2018.

Mise à jour annuelle de la liste SIC - publication au JO UE : 12/12/17 (à partir de la base : septembre 2016)

Identification du site

Type : B (pSIC/SIC/ZSC)

Code du site : FR8202009

Compilation : 09/08/2013

Mise à jour :

Appelation du site : Lac Léman

Dates de désignation / classement :

  • pSIC : première proposition : 30/09/2017
  • pSIC : dernière évolution : 30/09/2017
  • SIC : Première publication au JO UE :
  • SIC : Dernière publication au JO UE :
  • ZSC : premier arrêté :
  • ZSC : Dernier arrêté :
Localisation du site
Coordonnées du centre (WGS 84) :
  • Longitude : 6,37563 (E 6°22'32'')
  • Latitude : 46,35610 (N 46°21'21'')
Superficie : 1 376 ha.
Pourcentage de superficie marine : 0 %
Altitude :
  • Min : 372 m.
  • Max : 416 m.
  • Moyenne : 378 m.
Régions biogéographiques :
Alpine : 100%

REGION : RHÔNE-ALPES
DEPARTEMENT : Haute-Savoie (100%)
COMMUNES : Anthy-sur-Léman, Chens-sur-Léman, Excenevex, Margencel, Messery, Sciez, Thonon-les-Bains, Yvoire.

Carte de localisation

Description du site

Caractère général du site

Classes d'habitats Couverture
Eaux douces intérieures (Eaux stagnantes, Eaux courantes) 76%
Forêts (en général) 10%
Prairies semi-naturelles humides, Prairies mésophiles améliorées 6%
Cultures céréalières extensives (incluant les cultures en rotation avec une jachère régulière) 4%
Zones de plantations d'arbres (incluant les Vergers, Vignes, Dehesas) 2%
Marais (vegetation de ceinture), Bas-marais, Tourbières, 1%
Dunes, Plages de sables, Machair 1%
Prairies et broussailles (en général) 0%
Pelouses sèches, Steppes 0%

Autres caractéristiques du site

Le site Natura 2000 « Lac Léman » compte quatre secteurs distincts, eux-mêmes composés de plusieurs entités.

A. Secteur de Chens-sur-Léman
Situé sur la commune de Chens-sur-Léman, il s’agit d’un secteur à la fois lacustre et terrestre. 

A.1. Roselières et zone lacustre

Entre l’embouchure de l’Hermance et le débarcadère de Tougues, la rive forme une courbe où les roselières lacustres ont longtemps prospéré, un état qui s’est dégradé jusque dans les années 80, au pire moment de l’eutrophisation des eaux du Léman, envahies d’algues enrichies par les phosphates. Elles ont depuis repris modestement leur croissance et on en compte dix, plus ou moins denses le long de cette rive.
Les roselières constituent un milieu naturel de transition entre la rive et le lac. C'est un habitat particulièrement riche, apprécié par des nombreuses espèces animales et végétales. Elle est formée d'étendues de phragmites - les roseaux - qui requièrent la présence de rivages peu profonds, à l'abri du vent et des courants trop violents. Les sites favorables à la présence d'une roselière sont peu nombreux et beaucoup ont disparu avec l'urbanisation des rives du Léman.
Les roselières situées dans le fond de la baie constituent une zone refuge pour plusieurs milliers d’oiseaux d’eau durant les mois d’hiver et les hauts fonds sont des zones de nourrissage. Les zones peu profondes dépourvues de roseaux présentent des fonds de cailloutis et galets que fréquentent les poissons.


A.2. Sablonnière 

La valeur et la richesse de la Sablonnière et des fragments de pelouses du vallon ont pour origine commune les dépôts localisés de sédiments morainiques glaciaires grossiers dont la perméabilité et le faible pouvoir de rétention de l'eau constituent un facteur d'assèchement du sol. Le décapage ancien des argiles de surface pour l'exploitation de matériaux a créé des zones favorables à une végétation pionnière. La flore qui s'y établit est originale et peu commune, car adaptée à ces conditions extrêmes ; elle contraste avec la flore plus répandue et plus banale sur les terres argileuses environnantes.

A.3. Vallon des Léchères

Ce vallon, encaissé et frais, présente une naturalité intéressante et originale. Laissé à une évolution naturelle avec quasi-absence d'intervention humaine, le ruisseau présente encore un caractère méandreux alors que beaucoup de cours d'eau ont été recalibrés pour optimiser leur débit. La présence de nombreux arbres morts et la disparité des classes d'âges et de strates arborées qui en résulte offrent un potentiel pour de nombreuses espèces d'oiseaux, de chiroptères et d'insectes. La quiétude du vallon est favorable à l'accueil d'une faune diversifiée. La flore, bien que commune, est typique des sous-bois frais et présente un cortège peu répandu ailleurs sur le site. 

A.4. Espace agricole

Le reste de la partie terrestre de ce secteur correspond à un espace agricole allant jusqu'au bord du lac. Cet espace est constitué d'une nature dite « ordinaire » où l’on trouve des prairies permanentes, artificielles et cultures de céréales ainsi que quelques haies bocagères et boisements. La végétation présente à la fois des éléments prairiaux, de friche aux abords des cultures et de boisement de type feuillus. La mosaïque de milieux qui compose cet espace est recherchée par certaines espèces de chauves-souris, d’oiseaux insectivores ou de rapaces se nourrissant de rongeurs, ainsi que d’amphibiens recherchant les trous d’eau associés aux haies de bocage.

B. Secteur de Messery 
Ce secteur, long de 1,5km, ne concerne que la partie lacustre, le fond de baie entre le lieu-dit « Sous Chens » et « La Pointe ».

B.1. Roselières et zone lacustre 

Le fond de baie et les roselières constituent une zone refuge pour l’hivernage de milliers d’oiseaux d’eau. Les zones peu profondes dépourvues de roseaux présentent des fonds de cailloutis et galets que fréquentent les poissons.

B.2. Zone à Littorelle

Il s’agit de la seule station connue pour tout le bassin lémanique, la Litorelle ayant disparu dans toutes ses anciennes localités suisses ou françaises.
La Littorelle, plante qui s'installe sur les grèves du bord des lacs et étangs, est une espèce protégée en France qui figure sur la liste rouge des plantes menacées. En Suisse, elle figure sur la liste des 132 espèces considérées comme les plus menacées de la flore. Comme plusieurs espèces des rivages lacustres, elle est actuellement fortement menacée de disparition sur le territoire helvétique et dans le sud de l'Europe. Elle a totalement disparu des rives suisses du lac Léman. La seule station connue pour tout le bassin lémanique se trouve sur la rive française, sur la commune de Messery (Haute-Savoie), où l’espèce a été découverte en 1992 par un botaniste français, alors qu’elle a disparu dans toutes ses anciennes localités.
Les observateurs du site de Messery ont décrit la population de 1992 comme un vaste tapis constitué de milliers d'individus. En 2002, il n'y avait plus que 709 pieds et en mars 2004 que 37 plants. Les travaux d'entretien et de renforcement de cette dernière station du bassin lémanique, par l’implantation de pieds prélevés sur le site et multipliés ex situ par le Conservatoire et Jardin Botanique de la Ville de Genève, le tout dans le cadre d’un programme INTERREG transfrontalier, ont permis de remonter à 630 individus en 2005, 972 en 2006, puis 2 542 en 2007 et plus de 20 000 en 2010.



C. Baie de Coudrée
Ce secteur comprend une importante zone lacustre correspondant à l’ensemble de la baie et diverses entités terrestres.

C.1. Baie – zone lacustre
Largement ouverte sur le Grand Lac, cette zone s’étend sur environ 9 km de rivages de types différents. De la pointe de Rovorée et jusqu’au village d’Excenevex, des berges assez élevées et escarpées dominent des eaux parsemées de nombreux gros blocs erratiques. En contraste, les plages d’Excenevex et de Coudrée s’étalent sur 2 km, précédées de faibles profondeurs sablonneuses. Entre le port de Sciez et Séchex reparaissent les grèves caillouteuses. Trois petites rivières, le Vion, le Foron et le Redon, débouchent dans la baie de la « Grande Conche ». En période hivernale, la baie accueille plusieurs milliers d’oiseaux pour l’hivernage et le nourrissage. Les sables exondés constituent une zone de halte migratoire et de repos particulièrement précieuse puisque ce milieu est unique sur le littoral.

C.2. Domaine de Guidou
Ce site est compris entre une zone de lotissement au nord (domaine de Coudrée) et des parcelles agricoles au sud. Deux rivières traversent le domaine : le Foron à l’est et le Vion à l’Ouest. La richesse de ce site est liée à la pluralité des milieux que l’on y rencontre : pelouses sèches, buxaie, pinède, rivières, milieux humides, pâturages et zone agricole.
Il y a une connexion très forte entre la baie de Coudrée et le domaine de Guidou tout proche. Ainsi les prairies humides de ce secteur servent de zone de gagnage pour les anatidés et les limicoles, ainsi que de zone de quiétude pour ces espèces en cas de dérangement sur la plage.


D. Secteur de Thonon - Domaine de Ripaille
Ancienne résidence des ducs de Savoie, ancienne chartreuse, le site est aujourd’hui largement ouvert au public pour des visites de ses bâtiments historiques, pour des promenades dans les bois et la visite du Mémorial des Justes. Le domaine de Ripaille comprend une forêt séculaire de chênes et de charmes (50 ha), un arboretum (20 ha), des prairies naturelles et des cultures, dont 22 ha de vignes. 


Le site est en majorité inclus dans des réserves de chasse et de faune sauvage (ACCA) et de chasse domaniale (AICA), hormis le vallon des Léchères dans le secteur de Chens-sur-Léman, l’ensemble du secteur de Messery et le secteur de Thonon.

Qualité et importance

Le site abrite 8 habitats d'intérêt communautaire dont 2 prioritaires (9180* et 91E0*) et un partiellement prioritaire (6210).

Outre leur intérêt intrinsèque, ces habitats peuvent constituer des zones de refuge non seulement pour les espèces de l'annexe 2 présentes sur le site, mais aussi pour certains oiseaux d'intérêt communautaire, qui ont été relevés dans la ZPS FR8212020 « Lac Léman ». 

L'urbanisation globale ou certains usages/activités de cette rive du lac Léman ont réduit les surfaces de zones naturelles et donc celles des habitats d'intérêt communautaire. L'habitat 3130 « Eaux stagnantes, oligotrophes à mésotrophes avec végétation des Littorelletea uniflorae et/ou des Isoeto-Nanojuncetea » en est un exemple : en une vingtaine d'années, la Littorelle, espèce rare et emblématique des pourtours du lac Léman, a vu sa population presque disparaître en 2004 avant de faire l'objet d'un programme de réintroduction (voir paragraphe 4.1). Les 8 habitats d'intérêt communautaire présents constituent donc une richesse et une variété particulières pour ce site.

8 espèces d'intérêt communautaires ont été relevées sur le site. Mais il est très probable que des prospections complémentaires ciblées sur des groupes d'espèces démontreront l'existence d'autres espèces.

Le site a une superficie de 1376 ha, dont 1046 ha en zone strictement lacustre. Les 330 ha "terrestres", avec 8 habitats et 8 espèces actuellement connues, peuvent être considérés comme importants au titre de la directive habitats.

Mais l'intérêt du site se manifeste aussi par la présence d'autres espèces patrimoniales.

Si l'on considère les zones présentant une grande diversité sur le site, deux entités clefs ressortent en terme de connaissances : la Sablonnière (Chens-sur-Léman) et le domaine de Guidou (Sciez).

La Sablonnière 

Cette entité héberge 196 espèces de plantes supérieures, dont certaines d'affinité méridionale et steppique. On compte 13 espèces d'orchidées (ensemble emblématique des pelouses sèches). 2 espèces sont protégées : l'Aster amelle (Aster amellus) protégée à l'échelle nationale et le Thésium à feuilles de lin (Thesium linophyllon) protégé à l'échelle régionale. 14 espèces sont inscrites en liste rouge régionale, 3 en liste rouge départementale. 

Le site de la Sablonnière a fait l'objet d'inventaires répétés qui ont permis de recenser 36 espèces animales parmi lesquelles 24 espèces d'invertébrés, dont 15 espèces de Rhopalocères (papillons de jours) et 7 espèces d'Orthoptères (criquets et sauterelles). La Piéride du Réséda (Pontia daplidice) est inscrite comme vulnérable sur la liste rouge régionale. 
Parmi les vertébrés, on compte 2 reptiles protégés à l'échelle nationale, le Lézard vert (Lacerta bilineata) et le Lézard des murailles (Podarcis muralis), ainsi que 8 oiseaux, tous protégés à l'échelle nationale et 2 mammifères également protégés dont le Hérisson (Erinaceus europeus).

Domaine de Guidou

Le site de Guidou, connu de longue date et fortement prospecté, a notamment bénéficié d’inventaires dans le cadre du plan de gestion, ce qui a permis d'acquérir une bonne connaissance du site sur de nombreux groupes d’espèces : flore, chiroptères, herpétofaune, odonates…

Le site de Guidou présente un concentré d'espèces végétales réparties dans une grande diversité de milieux. Au total ce sont 528 espèces végétales qui ont été inventoriées sur le site, parmi lesquelles 39 espèces présentent un intérêt patrimonial particulier, soit du fait de leur statut de protection nationale ou régionale, soit parce qu’elles figurent sur les listes rouges d'espèces menacées aux échelles régionale et départementale. 

Cinq nuits d’inventaire par écoute ultrasonore et capture (J.C. Louis, ONF), dans le cadre du plan de gestion du domaine de Guidou, ont permis de recenser 14 espèces de chauves-souris, ce qui est assez rare pour un aussi petit territoire. La présence de 4 espèces d’intérêt communautaire [la Barbastelle (Barbastella barbastellus), le Murin à oreilles échancrées (Myotis emarginatus), le Grand Murin (Myotis myotis) et le Minioptère de Schreibers (Miniopterus schreibersii)] sur une telle surface est exceptionnelle pour le département de la Haute-Savoie, même s’il faut rester prudent sur le Minioptère de Schreibers (J.C. Louis).

La mosaïque d’habitats présente sur le domaine de Guidou est très favorable aux amphibiens. En effet, la prairie de la Grande Corne, les fossés humides et les mares en sous-bois offrent des sites de ponte variés, alors que les bois en périphérie permettent l’hivernage. Les deux principaux enjeux du site sont :  
- la présence du Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata) (LPO 74, 2007), cette espèce étant classée en annexe 2 de la Directive Habitats et classée « En Danger » sur la liste rouge Rhône-Alpes. La faiblesse des effectifs ainsi que le manque de prospection impliquent la nécessité de préciser l’état des populations de cette espèce sur le domaine. 
- la population de Crapaud calamite (Bufo calamita) qui constitue la plus importante du département avec un minimum de 30 chanteurs (LPO 74, 2010) (seulement 3 populations en Haute-Savoie). L’espèce est classée « Vulnérable » sur la liste rouge Rhône-Alpes.

Quatre espèces de reptiles ont été notées sur le domaine : la Couleuvre à collier (Natrix natrix), le Lézard des murailles (Lacerta ou Podarcis muralis), l’Orvet fragile (Anguis fragilis) et le Lézard des souches (Lacerta agilis) (LPO 74, 2009). Ces 4 espèces sont protégées au niveau national et le Lézard des souches est classé « Vulnérable » sur les listes rouges Rhône-Alpes et Suisse, cette dernière étant applicable au département de la Haute-Savoie. 

Un seul inventaire odonates (BAL, 2001) a été réalisé pour ce groupe sur le domaine de Guidou. L’agrandissement de la surface en eau de la prairie humide de la Grande Corne et son interdépendance vis-à-vis de la pluviométrie permettent aujourd’hui la présence d’une zone d’eau permanente avec une mosaïque de mares temporaires en périphérie. Cette prairie humide présente un enjeu majeur pour ce taxon puisqu'elle abrite 17 espèces d’odonates dont la seule population de Leste sauvage (Leste barbarus) du département et la présence de l’Orthétrum à stylets blancs (Orthetrum albistylum), espèce rare sur le département a également été notée récemment (LPO 74, 2008). Les cours d’eau du Foron et du Vion, du fait de leurs eaux de type lotique permettent la présence du Caloptérix vierge (Calopterix virgo). Au total, sur les 17 espèces recensées, 1 est mentionnée sur la liste rouge nationale, 3 sont sur la liste rouge régionale et 5 sur la liste rouge départementale.

Pour les Orthoptères : 3 espèces sont intégrées à liste rouge régionale et y sont classées comme vulnérables : le Conocéphale bigarré (Conocephalus fuscus), le Conocéphale gracieux (Ruspolia nitidula), le Grillon des marais (Pteronemobius heydenii).

Parmi les 3 espèces patrimoniales de Lépidoptères, citons le Grand Nègre des bois (Minois dryas) inscrit comme vulnérable sur la liste rouge nationale.

Plusieurs espèces de poissons ont été recensées sur les cours d’eau du Foron et du Vion de manière permanente mais aussi lors de la remontée vers les sites de reproduction. Citons que les deux cours d’eau sont utilisés par la Truite lacustre (Salmo trutta lacustris) pour la remontée et le fraie ainsi que le Chevaine. La Lotte de rivière (Lota lota) a aussi été notée durant les pêches électriques pour les travaux d’aménagement des berges du Foron.

Vulnérabilité

Aucune information disponible