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FR8212032 - Vallée de l'Arve

Site de la directive "Oiseaux"

Base de référence : septembre 2017.

Identification du site

Type : A (ZPS)

Code du site : FR8212032

Compilation : 25/04/2014

Mise à jour : 29/03/2016

Appelation du site : Vallée de l'Arve

Dates de désignation / classement :

  • ZPS : Premier arrêté : 17/05/2016
  • ZPS : Dernier arrêté : 17/05/2016
Localisation du site
Coordonnées du centre (WGS 84) :
  • Longitude : 6,34825 (E 6°20'53'')
  • Latitude : 46,11120 (N 46°06'40'')
Superficie : 757 ha.
Pourcentage de superficie marine : 0 %
Altitude :
  • Min : 393 m.
  • Max : 473 m.
  • Moyenne : 433 m.
Régions biogéographiques :
Alpine : 100%

REGION : RHÔNE-ALPES
DEPARTEMENT : Haute-Savoie (100%)
COMMUNES : Arenthon, Arthaz-Pont-Notre-Dame, Bonneville, Contamine-sur-Arve, Étrembières, Gaillard, Marignier, Marnaz, Monnetier-Mornex, Nangy, Reignier-Ésery, Saint-Pierre-en-Faucigny, Scientrier, Thyez, Vougy.

Carte de localisation

Description du site

Caractère général du site

Classes d'habitats Couverture
Forêts caducifoliées 55%
Eaux douces intérieures (Eaux stagnantes, Eaux courantes) 30%
Autres terres (incluant les Zones urbanisées et industrielles, Routes, Décharges, Mines) 3%
Galets, Falaises maritimes, Ilots 2%
Cultures céréalières extensives (incluant les cultures en rotation avec une jachère régulière) 2%
Marais (vegetation de ceinture), Bas-marais, Tourbières, 2%
Zones de plantations d'arbres (incluant les Vergers, Vignes, Dehesas) 1%
Forêt artificielle en monoculture (ex: Plantations de peupliers ou d'Arbres exotiques) 1%
Prairies semi-naturelles humides, Prairies mésophiles améliorées 1%
Pelouses sèches, Steppes 1%
Landes, Broussailles, Recrus, Maquis et Garrigues, Phrygana 1%
Prairies ameliorées 1%

Autres caractéristiques du site

La vallée de l’Arve, marquée par l’histoire glaciaire, présente un profil en auge dans la partie médiane de son cours, des verrous et des champs d’inondation avec de nombreux bras se recoupant (zones d’expansion résiduelles). La zone actuellement proposée inclut les arrêtés préfectoraux de protection de biotope (APPB) de "la moyenne vallée de l'Arve" et du "bois de la Vernaz et des îles d'Arve", et une partie de l'APPB du marais du Pont Neuf.

Qualité et importance

La richesse écologique du site Natura 2000 est à mettre en lien avec la rivière et son caractère torrentiel. Cette dynamique façonne des peuplements pionniers spécifiques aux cours d’eau alpins comme les bancs à petite massette autant que des forêts alluviales à bois tendre ou à bois durs. Or depuis plusieurs décennies, voire plusieurs siècles, l’Arve et ses berges ont été remodelés dans le but de répondre aux enjeux du moment (endiguement pour protéger les biens et les personnes, exploitation des granulats...). La dynamique alluviale a ainsi régressé sur la vallée de l’Arve et, avec elle, les cortèges d’habitats et d’espèces associées. Néanmoins, si le site a parfois été malmené par le passé, via les extractions de matériaux ou le dépôt de décharge, la nature a, dans bien des zones, repris ses droits et abrite désormais une biodiversité importante. Les étangs issus des anciennes ballastières attirent notamment des espèces rares comme le Blongios nain. Si ces milieux ne sont, initialement, pas spécifiques à la vallée, ils jouent désormais un rôle important dans la conservation de ces espèces de plans d’eau dont les habitats tendent à disparaître avec l’artificialisation des sols, la disparition des zones humides… 

On retrouve quatre grands types d’habitats sur ce site :
- les forêts alluviales : elles sont directement dépendantes des inondations temporaires ou permanentes du site. Source de biodiversité, elles jouent également un rôle « tampon », constituant par exemple des écrans entre les activités humaines et les sites remarquables, créant ainsi les zones de quiétude nécessaires à la reproduction. Ces forêts abritent également des espèces d’intérêt communautaire comme le Milan noir qui y niche ou encore certaines espèces de chauves-souris. C’est également l’habitat du Castor qui a réussi sa recolonisation des bords d’Arve après avoir totalement disparu.
- les habitats dits « pionniers » : premiers à recoloniser les bancs de la rivière et ses berges après les crues, ces habitats sont constitués d’une flore particulière comme la petite Massette, la Myricaire ou encore certains saules arbustifs.
- les milieux « ouverts » qui présentent des caractéristiques très hétérogènes. Le site étant situé entre 390 et 480m d’altitude, les milieux ouverts ne sont pas apparus « naturellement »,  mais sont liés à l’activité humaine (en particulier l’agriculture). Certains sont particulièrement remarquables comme les coteaux secs d’Arthaz.
- les « ballastières » : ces étangs sont issus des activités d’extraction de matériaux, destinés en particulier au ballast des routes et autoroutes. Le site en abrite encore 35 qui se sont aujourd’hui « renaturées » toutes seules. D’autres ont été comblées par des décharges avec lesquelles il faut aujourd’hui composer, en particulier en vue de leur réhabilitation. Sur les ballastières encore en eau, le développement de la végétation, et en particulier des roselières, a permis l’arrivée d’oiseaux nicheurs typiques des étangs qui trouvent, dans ces nouveaux milieux, des zones de remplacement aux zones humides disparues. L’espèce la plus emblématique de ces milieux est le Blongios nain. Seule une quinzaine de couple de ce petit héron migrateur nichent sur l’ensemble du département. La vallée de l’Arve abrite, selon les années, 50 à 80% de ces oiseaux nicheurs. 

Le site possède donc deux intérêts écologiques différents, l’un historique, l’autre consécutif à l’activité anthropique avec laquelle il faut composer. 

Il est devenu "propice" à plusieurs espèces d'Ardéidés, outre le Bongios nain.
L’Arve constitue, à ce jour, un des seuls sites d’hivernage réguliers du Butor étoilé en Haute-Savoie.
La Grande Aigrette est essentiellement notée en halte migratoire au printemps ou à l’automne. Il s’agit également d’un hivernant assez régulier notamment sur l’espace Bornes-Pont de Bellecombe où jusque 4 individus ont été observé en hivernage. Ces oiseaux se nourrissent principalement dans les parcelles agricoles alentours.
Le Héron pourpré utilise la vallée de l’Arve comme site de halte migratoire au printemps ou à l’automne. Noté chaque année sur l’espace Borne-Pont de Bellecombe, il s’agit d’un estivant régulier. 1 à 3 individus, souvent immatures, sont observés entre mai et juillet.
L’Aigrette garzette est notée au printemps avec 1 à 5 individus entre les mois d’avril et de juin ; elle est observé chaque année depuis 2007. On la retrouve à proximité de nombreux étangs lors de ses haltes migratoires.

En terme de rapaces de l'annexe 1 de la directive Oiseaux, seul le Milan noir niche sur le site. 
Le Milan royal est régulièrement observé entre mars et mai. L’espèce est en cours de colonisation sur le département de la Haute-Savoie, et des observations peuvent laisser présager un estivage voire une reproduction à proximité du site.
Le Busard des roseaux n'est observé qu'en halte migratoire principalement au printemps, entre mars et mai, et occasionnellement en automne. Les stationnements sont de courte durée.
Le Balbuzard pêcheur est observé chaque année depuis 2007 et utilise le site en stationnement lors des migrations pré et postnuptiales. Chaque année entre 1 et 5 individus sont contactés, mais le stationnement est toujours de courte durée.
Le Faucon pèlerin est un "visiteur" qui utilise parfois le site comme terrain de chasse.

Vulnérabilité

Vulnérabilité :

Le régime de l’Arve est faiblement domestiqué et garantit le maintien de la plupart des formations visées par la directive "Habitats-Faune-Flore".

Ce site est majoritairement sous maîtrise foncière publique : SM3A (Syndicat mixte d'aménagement de l'Arve et ses abords) et DPF (domaine public fluvial), et dans une moindre mesure, les communes.
Les secteurs privés peuvent néanmoins être soumis à un fort morcellement, en particulier sur les communes d'Arthaz et Reignier-Esery.